Guinee

Abdourahmane Sanoh à l’enterrement des martyrs : « Nous ne lâcherons jamais… »


C’est au total huit (8) jeunes guinéens, tués par balles il y a quelques mois dans des manifestations contre la nouvelle constitution, qui ont été enterrés ce vendredi, 3 juillet 2020, au cimetière de Bambéto, dans la commune de Ratoma. De nombreux citoyens, membres du FNDC, ont accompagné ces autres jeunes tués dans l’exercice d’un doit constitutionnel. L’émotion était vive de l’hôpital de l’amitié Sino-guinéenne de Kipé au cimetière de Bambéto. Des centaines d’habitants de Conakry ont assisté à cette cérémonie funèbre où l’émotion était très vive..Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG
« je suis triste pour mon pays, lorsqu’on sait que depuis que M. Alpha Condé est là, on a répété la même chose depuis 2011, on a enterré 194 personnes, des jeunes pour la plupart qui ont moins de 20 ans. Et lorsqu’on sait que cesa jeunes n’ont jamais eu la justice même pour la compassion de la part de l’Etat, c’est grave ! Il y a eu 157 morts en 2009 au stade. Aujourd’hui, nous sommes à près de 200 morts, des jeunes dont l’Etat devait assurer la sécurité. Ils ont été arrachés à l’affection de leurs familles dans des circonstances que vous connaissez tous. Alpha Condé qui est censé être le président de tous les Guinéens, qui devait apporter sa compassion, qui devait mettre en œuvre des instruments nécessaires pour l’identification des auteurs et les commanditaires de ces crimes afin qu’ils soient traduits devant les tribunaux, a préféré garantir l’impunité aux criminels, C’est vraiment triste ! Près de 200 jeunes. La Guinée a besoin d’une réconciliation, le pardon ; mais, il faut qu’il ait la vérité, il faut qu’on lise les pages sombres de notre histoire… il faut qu’il y ait la justice. La justice, c’est d’abord la reconnaissance qu’on a fait un mal…Nous nous battons aujourd’hui pour la protection des Droits de l’Homme, pour qu’il y ait la démocratie, pour qu’il y ait l’Etat de droit dans notre pays. Nous, nous voulons que notre pays soit régi par les règles et les principes de la démocratie et de l’Etat de droit et que l’Etat puisse assurer la protection de tous les citoyens ».
Abdourahmane Sanoh, coordinateur du FNDC
« voici les martyrs de la liberté, des jeunes arrachés à l’affection de leurs familles et de leurs proches parce que pour les uns, ils exprimaient leurs droits naturels à participer à la vie de la société et pour les autres, on dirait une mort purement gratuite. Lorsqu’on compte des martyrs de 12 ans, 15 ans, des adolescents qui sont souvent fauchés par des balles de la trahison pendant qu’ils sont à côté et sous les yeux de leurs parents, qui ne participaient à aucune manifestation, cela est révoltant et indigne de la part de nos pouvoirs. Ces jeunes qui sont arrachés à notre affection de notre peuple sont des martyrs. Leurs vies ont été sacrifiées pour que nous nous survivions dans la dignité, dans le respect de l’être humain, dans la légalité, dans la cohésion et dans la prospérité.
Nous voudrions leur rendre hommage et prier pour le repos de leurs âmes, ces jeunes sont notre motif de fierté. Ces adolescents doivent être des modèles mais surtout comprendre que ce que nous vivons aujourd’hui doit nous encourager davantage, de détermination pour que M. Alpha Condé comprenne que ce pays n’est pas une propriété privée… La responsabilité de remettre note pays au peuple est désormais le contrat qui nous lie à ces martyrs et nous devons tenir bon pour que leurs âmes reposent en paix, pour qu’ils ne soient pas morts pour rien, pour honorer et rendre justice. Demain, il faut que justice soit rendue à toutes ces familles et à tous ces martyrs. Encore une nos condoléances, que ces familles sachent que nous ne lâcherons jamais la raison pour laquelle ces enfants ont été lâchement abattus ».
Propos recueillis par
Alpha Amadou

One Reply to “Abdourahmane Sanoh à l’enterrement des martyrs : « Nous ne lâcherons jamais… »

  1. Ces discours politico-funèbres à répétition ont tous quelque chose d’aussi déprimant que les faits de ces tueries ciblées, dont on sait qu’elles n’ont pu être ordonnées que par un seul et même monstre en Guinée: celui qui sommeille dans l’âme du cynique et haineux mystificateur Alifa Koné (MAK)

    Les faiblesses de CELLOU et la vulnérabilité de la communauté peule, à laquelle appartenaient une écrasante majorité de ces 200 victimes, n’en sont ainsi qu’effoyablement mises en exergue.

    Sinon, au nom de quelle stratégie politique soi-disant unionniste, peut-on enterrer huit (8) jeunes victimes ciblées des forces de tueries de l’Etat-RPG/AEC, en taisant honteusement le fait de leur appartenance exclusive à la seule communauté peule ?

    C’est une utopie politique d’imaginer qu’une stratégie de poltronnerie collective sur fond de désunion culturelle, qui avait été initiée par nos illutres Almamys (du Foutah) face aux tueries de 1956, puisse impressionner le MAK et la bande de pilleurs ethno-régionalistes dont il s’est entouré.

    Quant à la communauté internationale, nul n’ignore à partir de quel seuil de tension ou de crise sociopolitique, elle intervient en général, pour sauvegarder des intérêts stratégiques dans certains pays du continent.

    Dans le cas spécifique de la Guinée, il n’y a que que nos élites notamment pour s’imaginer qu’elles peuvent se laisser écarter massivement des forces armées et autres corps habillés de l’Etat, de l’administration publique et des diverses autres institutions nationales dans un Etat de non-droit, foncièrement ethnicisé, tout en aspirant à jouir des mêmes droits et privilèges que leurs concitoyens malinkés, soussous ou autres.

    Le combat engagé dans le cadre de la dynamique unitaire du FNDC est certes noble et impérieux, mais ses seules chances de réussite tiendront aux capacités de ses divers responsables et animateurs à se fondre dans un même et seul objectif consistant à chasser le MAK du pouvoir à compter du 20 juillet 2020.

    Eh oui: « Parfois il faut devenir un monstre pour pouvoir en combattre un autre. » (Youssouf Le Leader)

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