Entretien Guinee

Aboubacar Soumah, président du GDE : « Le RPG et l’UFDG ne constituent pas la moitié du peuple de Guinée »

Le député uninominal de Dixinn, candidat pour les élections législatives du 16 février a dans un entretien qu’il nous accordé ce samedi 04 janvier dernier, revenu sur le bilan de la huitième législature. Selon Aboubacar Soumah, l’actuelle Assemblée nationale présente un résultat mitigé. Le président de Guinée pour la Démocratie et l’Equilibre (G.D.E) parle également de l’absence de certains partis politiques dont l’UFDG, l’UFR… aux prochaines élections législatives. Lisez !

L’Indépendant : Bonsoir Honorable, vous êtes député à l’Assemblée nationale,  alors quel bilan pouvons-nous tirer de l’actuelle législature ?

Aboubacar Soumah : J’avoue que c’est un bilan mitigé qu’on pourrait tirer de cette huitième législature en tout état de cause. Ça été une législature plus ou moins controversée. Comme vous l’avez constaté moi qui vous parle aujourd’hui, il y a des textes des lois contre lesquels j’ai voté ‘’contre’’. Parce que ça m’a paru inutile de voter ce texte de loi qui divise la Guinée et les Guinéens, notamment le code électoral. Et aujourd’hui Dieu fait que j’ai raison. Si vous prenez la loi sur la CENI, c’est une loi de discrimination. Si vous prenez le Code civil dans son article qui parle de la famille qui interdit aux musulmans Guinéens d’épouser une seconde femme si la première n’a pas donné son accord, c’est une loi qui ne le colle pas à nos réalités quotidiennes, à nos coutumes, mœurs à notre religion même. Donc il y a plein des textes comme ça contre lesquels moi personnellement je me suis opposé parce que, je ne souhaite pas faire des textes contextuels. Nous aimerions faire désormais des textes qui pourront résister dans le temps et dans l’espace.  Quelle que soit la génération qui vienne qu’elle dise que, les gens qui ont travaillés ce texte-là, ont travaillé pour le peuple de Guinée.

Il y a aussi des travaux qui ont satisfait ma curiosité  politique et humaine. Plein de convention ont été étudiées, qui répondent aux aspirations du peuple de Guinée, à part quelques-unes, notamment celles liées au douzième annexe qui consacre ou qui a sacrifié la construction de l’usine de Sangaredi à la place de la rénovation de l’ancienne usine de Fria. Ça j’étais contre également. Et j’avais prédit si jamais vous reprenez cette usine, elle fera des catastrophes qui pourront impacter négativement la vie de la flore et de la faune sur l’étendue du périmètre que cela pourrait être, personne ne peut donner la dimension. Et aujourd’hui si vous allez a Fria plein de gens ont des maux de cœur, des maux d’yeux parce que la poussière que donne l’usine n’est pas bonne. En tant que spécialiste en la matière, j’avais prévenu les gens.

Donc si je dis que c’est un bilan mitigé c’est parce qu’il y a plein de choses qui ont été faites très bien et plein de choses ont été des ratées. Mais toute activité humaine, personne ne peut dire qu’une action humaine est parfaite à 100 %. C’est en cela l’existence de cette assemblée a été une bonne chose. Parce que nous avons réussi à décrocher le débat d’orientation budgétaire qui n’existait pas. Désormais l’Etat ou le gouvernement ne peut pas écrire les textes de loi, les finances initiales ou la rectification sans que le débat d’orientation financière ne soit discuté au niveau du Parlement.  C’est une avancée positive.  Donc de façon globale, c’une bonne chose pour la Guinée.

Vous êtes candidats aux élections législatives  du 16 février. Alors qu’est-ce qui a motivé honorable Aboubacar Soumah de se représenter encore ?

Je voudrais vous dire que Dieu a voulu que je sois député uninominal de Dixinn en 2013 avec l’appui et le soutien du parti politique l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG).  En fin 2017 début 2018, j’ai démissionné de ce parti pour des raisons qui me sont personnelles. Je me suis dit que je n’allais plus jamais être dans une formation politique maintenant, si celle-ci n’est pas dirigée par moi et par mes amis avec lesquels je partage les mêmes points de vue par rapport à la Guinée. C’est ce qui fit fait. Nous avons mis en place une formation politique qui s’appelle Guinée pour la Démocratie et l’équilibre (G.D.E) en fin 2017 début 2018. En 2018, nous avons eu notre agrément numéro 5303 au mois de mai 2018.

A ce titre, un parti politique se créé, pour conquérir le pouvoir. C’est l’objectif fondamental. Pour conquérir le pouvoir, il n’est pas dit qu’il faut participer aux élections et dès que tu participes aux élections, il faut gagner, si tu ne gagnes pas tu deviens zéro, non.  Le premier objectif, c’est de se faire connaitre, de s’implanter. Lorsque nous participons aux premières élections communales tout de suite là où on a pris un peu de candidats, les gens là nous ont connus. Cette fois-ci, c’est une élection nationale. Il faut qu’on participe, qu’on présente une liste nationale, qu’on présente selon nos moyens quelques candidats en uninominal dans certaines circonscriptions électorales, chose que nous avons faite. Et nous pensons que la vision que nous partageons, les objectifs politiques que nous avons, le programme politique que nous avons, que nous voulons vendre aux Guinéens, nous ne pouvons le vendre qu’à travers les débats politiques, la concertation, d’échanges. Et ses changes dans les moments les plus opportuns, je pense que c’est pendant les campagnes politiques. C’est pourquoi je continue d’abord à nous présenter.

La deuxième raison fondamentale, cette loi d’exclusion créée par le RPG et l’UFDG concernant la CENI, si tu n’as pas un ou deux députés, tu ne prends part au débat, ni dans le comité de suivi. Donc le comité de dialogue entre guinéens, ni dans la CENI. Donc il faut se battre pour que nous ayons quelques députés pour que nous soyons effectivement représentatifs au niveau de la nation.

Et la troisième raison, lorsque nous aurions atteints les deux premiers, nous serons apte quand même en mesure prochainement de présenter un candidat aux élections présidentielles, contrairement à ce que les gens pensent, nous n’avons pas créé le parti pour accompagner quelqu’un. Nous l’avons créé, pour conquérir le pouvoir suprême de ce pays. Et les gens seront surpris et étonnés.

Notre objectif par exemple cette fois ci, nous allons tout seul. Nous avons présenté 82 candidats. Dans six circonscriptions nous avons présenté des uninominaux. Nous avons présenté des uninominaux à Kaloum, Dixinn, Ratoma, Dubreka, Kindia et à Boké. Nous avons présenté une liste nationale de 76 personnes de Yomou à Boké. Tout le monde est dedans. Donc prochainement si nous avons les moins, les 38 circonscriptions électorales de la Guinée auront nos candidats en uninominal. C’est évident, nous n’avons pas créé le parti pour la basse Guinée ou pour la haute Guinée, comme les formations politiques dites puissantes qui existent aujourd’hui ou pour la forêt. Nous l’avons créé pour la Guinée et pour les Guinéens. Nous voulons que la justice soit équitable entre les Guinéens. Nous voulons que les  richesses du pays soient partagées équitablement, pas de façon ethnique ou régionaliste. Nous ne voulons plus que le critère de l’appartenance politique ou régionaliste soit le seul critère pour le choix des cadres. Nous voulons que le mérite et l’excellence soit les seuls critères pour le choix des Guinéens pour occuper un poste. Ayant ces visions pour la Guinée et pour les Guinéens, nous pensons que nous ne pouvons développer notre vision-là qu’au sein d’une formation politique avec les personnes qui partagent les mêmes points de vue politique que nous.  C’est pourquoi, nous allons aux élections.

Certains leaders politiques vont aller sur la liste du RPG. Pourquoi vous n’avez pas créé cette alliance…

Je crois vous avoir donné mes raisons. Il y a de ces élections où nous n’accepterons pas d’aller en alliance. Nous venons de mettre notre formation politique en place. Je le répète encore notre premier objectif, c’est de faire connaître cette formation politique et son programme. Nous pouvons être en alliance avec un parti politique sans partager les mêmes programmes politiques. Nous voulons développer, informer le peuple de Guinée de notre programme politique. Et pour cela si nous allons en alliance on est obligé de tenir compte du programme de l’autre aussi. Donc on ne pourra pas développer  notre propre programme politique. C’est pourquoi nous voulons vendre notre programme politique. Je suis dans un système qu’on appelle ‘’Aïda’’, il faut approcher l’objet aux clients,  il faut leur expliquer qu’est-ce que c’est, pour qu’ils s’intéressent afin qu’il puisse prendre la décision d’acheter. Alors c’est ça que nous voulons faire. Nous préférons nous battre nous-mêmes avec nos propres efforts que d’aller s’accommoder où se faire remorquer par qui que ce soit.

L’UFDG et l’UFR et d’autres formations politiques n’iront pas à ces élections et décident d’empêcher les législatives. Quelle lecture faites-vous de cette décision ?

Ma réaction d’abord c’est un droit pour eux. Tout Guinéen ou toute formation politique qui ne souhaite pas participer à une élection, c’est son droit. Mais s’ils décident d’empêcher, ah là, c’est un autre problème. Tu peux t’en vouloir à quelque chose en Guinée sans l’avoir. Il y a près de 200 partis politiques aujourd’hui en Guinée. Si quelques partis disent qu’ils ne vont pas aux élections, c’est leur droit le plus absolu. Si d’autres disent qu’ils vont aux élections, c’est leur droit également.  Là où se limite ta liberté, c’est là où commence celle de l’autre. Tu ne peux pas vouloir dire ‘‘moi je ne vais pas’’ et tu imposes à l’autre aussi de dire qu’il ne va pas. Ça, tu n’as pas raison. En ce temps si l’État est absent d’accord. Mais si l’Eta existe, il doit pouvoir prouver à qui que ce soit que l’État est là et la justice est là. Il faut qu’on arrête ça. C’est-a-dire un parti quelle que soit sa puissance s’il a le droit d’aller à une élection pourquoi pas allé. En 2013 ce n’est pas tous les partis politiques qui ont été aux élections. En 2003, les partis politiques au temps du Général Lansana Conté plein d’entre eux qui sont dans l’opposition aujourd’hui, les principaux partis de l’opposition notamment le RPG et autres partis politiques ont dit qu’ils ne vont pas aux élections. Monsieur Bhoye Bah est parti aux élections avec Lansana Conté. Il faut qu’on arrête. S’ils ne vont pas je suis d’accord. Mais empêcher ceux qu veulent aller, ça outre passe leur droit. Moi, je pense que nous devons tous œuvré  le bien commun qu’on a ensemble en Guinée, c’est la paix.

Nous devons la conservée à tout prix. Même à tort on doit préserver la paix, la stabilité de notre pays. Parce que quel que soit ce qu’Alpha Condé fera au pouvoir, un jour il sera appelé ancien président.  Mais ce qui reste dans le pays, c’est la Guinée et les Guinéens. Donc quel que soit la raison, il ne faut pas créer des problèmes, parce que tout ce que tu fais, bon ou mauvais ça te suivra pour le reste de ta vie et à l’au-delà.

Est-ce que vous y croyez à une élection transparente et respectée par tous le 16 février prochain?

Il faut dire l’UFDG a dénoncé l’enrôlement des mineurs, et le RPG aussi a dénoncé l’enrôlement des mineurs. Le RPG et l’UFDG ne constituent mêmes pas la moitié du peuple de Guinée. Il ne faut pas résumer la Guinée à ces deux formations.  Jusqu’en 1998 le RPG et l’UFDG ne représentaient rien en Guinée. C’est à partir de 2010 qu’ils sont devenus quelque chose. Ils ne pouvaient mêmes pas s’exprimer devant le PUP qui étais là. Avant ça, le PUP ne s’exprimait pas dans les années 1980 devant le PDG-RDA. Si le RDA est éteint le PUP est éteint  aujourd’hui, c’est le RPG et l’UFDG qui  se croient des grands partis en  Guinée, demain matin considérez que ces deux partis aussi seront éteint d’une manière ou d’une autre. Ce n’est pas du fait que l’UFDG ou le RPG dise qu’il y a eu le recrutement ou l’enrôlement des mineurs qu’on peut mettre à l’actif de l’ensemble des Guinéens, ce n’est pas évident. Nous nous croyons à notre victoire. Nous croyons à ce que nous sommes en train de faire. Par exemple je suis rentré à Conakry hier à 01 h du matin. J’ai commencé de Boffa jusqu’à Dubréka. J’étais dans les coins et recoins. Je suis en train de faire les préliminaires pour la campagne. Alors je crois à ça. Et je ferai en sorte que tous les bureaux de vote que je sois représenté, et que les résultats des bureaux de vote comme la loi l’indique que nous ayons les PV de ces bureaux de vote afin de faire notre centralisation à notre niveau.

 S’il y a une différence nous essayerons d’utiliser les voix les plus légales possibles pour mettre dans notre droit.  Donc j’y crois. Sinon, nous n’allions pas payer une caution de 500 millions GNF. Si on n’y croyait pas, on allait payer ce montant. C’est parce qu’on croit à la sincérité, à la transparence.

Si le contraire se produit, les voix sont ouvertes aussi pour ça. Nous allons essayer d’user de ces voix là pour que nous soyons mis dans notre droit.

Dr Deen Touré et un autre candidat cadre de l’UFR seraient sur votre liste. Est-ce qu’on peut dire qu’ils sont désormais membres de votre parti ?

Naturellement. On est peut pas être présenté par un parti politique sans être membre ou sympathisant ou militant. S’ils sont là aujourd’hui c’est parce qu’ils partagent les mêmes points de vue politique que nous. Ils partagent notre vision politique.

Donc la vois suivi, la stratégie élaborée est la meilleure pour la Guinée. C’est pourquoi, ils ont accepté d’être avec nous. J’avoue que l’honorable Deen Touré est la deuxième personnalité sur ma liste et l’honorable Aly Doumbouya est la troisième personnalité sur ma liste. C’est parce qu’ils partagent les mêmes points de vue que nous. Nous nous sommes connus. On a partagé beaucoup de points de vue durant les 6 ans.  On sait ce qu’on veut. Donc parce que notre volonté, notre objectif est le même.

Alors ils sont obligés d’aller avec nous. On va dans un parti politique pas pour ramasser les tee-shirts ou les pagnes ou pour avoir des postes non, c’est pour partager le même point de vue politique, les mêmes objectifs que le parti politique. Si cela n’est pas le cas la conviction n’existe pas. C’est pourquoi j’avoue que Dr Deen, Aly Doumbouya, sont mes amis. Ils sont avec nous et demeureront avec nous.  Parce que nous partageons les mêmes ponts de vue.

Votre mot de la fin

C’est d’appeler les Guinéens à la paix, qui est la chose la plus chère quel que soit l’injustice que tu peux subir.  Quel que soit, ce que tu peux ressentir comme frustration, je pense que c’est la volonté divine d’abord qu’il faut prévaloir en tant que musulman. Qu’on conserve notre pays, qu’on conserve la paix. Qu’on essaye d’œuvrer pour la paix.  Si aujourd’hui d’autres sont là à diriger, demain matin d’autres seront là aussi.  Mais si on détruit notre pays cet espoir sera déçu  et ne sera pas réalisé.

Le parti que nous avons créé voudrait regrouper, rassembler les Guinéens, voudrait faire en sorte qu’il y ait une fraternité vraie entre les guinéens, qu’il y ait une justice équitable pour les guinéens, qu’il ait la répartition équitable des ressources entre les tous Guinéens sans considération ethnique ou régionaliste.  Qu’on lutte ensemble contre notre ennemi commun qui n’est autre que la pauvreté. Voilà ce que nous voulons pour la Guinée. Que le mérite et l’excellence soient les seuls critères de choix pour les cadres guinéens. Nous appelons surtout aux intellectuels, à l’élite guinéenne de se joindre à nous pour développer la Guinée. Créer un parti, oui, c’est d’être à Sekhoutoureya, c’est une bonne chose. Mais la volonté absolue n’est pas là.  Il s’agit de vendre son idée, il s’agit de vendre sa vision.  Bâ Mamadou, Siradjo Diallo et autres ont créé des partis politiques, ils ont vendu des visions. Ils ont vendu leurs images, ils ont vendu leurs idées. Est-ce qu’ils ont été à Sékhoutoureya ? Non. Mais aujourd’hui ceux qui ont capitalisé ses idées, ses visions là continuent à développer ses idées sur le terrain. C’est ça le bon Guinéen. Il n’est pas dit qu’il faut que moi absolument je sois à Sekhoutoureya. Si Dieu ne veut pas que je sois là-bas, je n’y serais jamais. Mais ce que tu as fait pour ton pays, il faut  le vendre surtout en essayant de faire que les Guinéens se mettent ensemble.

Lansana Conté nommait des gens qui étaient du RPG, de l’UFDG, de l’UNR, du PRP. Il savait d’avance qu’il n’était pas du PUP. L’essentiel c’était qu’il pouvait apporter au pays. Je prie Dieu que la Guinée soit dans la main d’une telle personne qui pourrait juger le guinéen en tant que guinéen tout court, en fonction de sa compétence et de ce qu’il va apporter.

 Entretien réalisé par

Amadou Tidiane  Diallo

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