Guinee

Affaires ‘’poulets pourris’’ : Le ministre du Commerce exclut toute responsabilité de son département

La saisie d’une vingtaine de conteneurs de « poulets pourris » qui étaient destinés à la consommation par les hommes de Tiégro il y a quelques jours au marché d’Antag fait couler beaucoup d’encre et de salives surtout, il était prévu de l’incinérer mais sauf qu’à la surprise générale, ces poulets se retrouvent à la plus grande décharge de Conakry, à Dar-Es-Salam (Combos). Depuis le déversement de ces produits périmés de ce côté, les populations font la queue pour s’approvisionner de cette denrée au risque de leur santé. Interpellé sur cette situation par nos confrères d’espace FM le vendredi 22 mai 2020 dans l’émission ‘’Les GG’’, le ministre du Commerce Boubacar Barry tente de blanchir son département qu’il a en charge devant cet acte d’incivisme.

Dites-nous qui n’a pas fait son travail pour que ces poulets se retrouvent dans la poubelle de Combos alors qu’ils devraient être incinérés?

Je suis autant surpris que vous de savoir que ces poulets se sont retrouvés sur la décharge publique. Comme vous le savez il est de coutume il y a des dispositifs réglementaires qui sont mis en place pour la destruction de tous les produits impropres à la consommation. Quand un produit est servi, il y a toute une procédure qui implique les services déconcentrés, les ministères concernés, les services de sécurité à travers la gendarmerie pour l’incinération des produits. Donc je suis autant surpris que vous de retrouver ces poulets sur le dépotoir de la minière alors que logiquement ce poulet impropre à la consommation devrait être incinéré.

Qu’est-ce qui a été fait par votre département en amont lorsque les poulets ont été déclarés impropres à la consommation ?

Vous savez que le système de contrôle de qualité est fait de manière à ce que chaque département ministériel spécifique dispose d’un laboratoire de qualité bien entendu la fonction de contrôle et de supervision sur le terrain.

Le ministère du commerce est assujetti par rapport à la loi 094 de 1994 qui fixe un peu les conditions de suivi et de contrôle des denrées sur le marché. Le ministère de la pêche a son laboratoire et contrôle tous les produits halieutiques issus de leur activité, pareil pour le ministère de l’élevage.

Lorsqu’un conteneur à la base de produit destiné à la commercialisation va être vendu sur le marché guinéen et lorsque c’est importé, êtes-vous mis au courant ?

Nous disposons au niveau du ministère du commerce, de structures déconcentrées au port, à l’aéroport de Conakry, dans les frontières et dans un certain nombre de point stratégique à travers le pays.

Lorsque vous avez des conteneurs de viandes, de poulets qui arrivent au niveau du port de Conakry, les services du contrôle de qualité de l’office nationale de contrôle de qualité n’ont pas accès à ces conteneurs. Ces conteneurs sont contrôlés par les services du ministère de l’élevage quand il s’agit de la viande ou de poulet ou du ministère de la pêche quand il s’agit des produits halieutiques. Parce que ces ministères-là disposent des laboratoires d’analyse, disposent des structures au niveau de ces différents points et également disposent d’une réglementation qui est codifiée par une loi qui les permet de ce travail.

Donc la loi n’autorise pas les services de contrôle de votre département à faire ce travail ?

Les fonctions et les attributions de l’Office nationale de contrôle de qualité sont très bien limitées. Mais il reste bien entendu que lorsque maintenant ces produits sont mis sur le marché local, il est important de savoir que l’Office nationale de contrôle de qualité qui est chargée de veiller à ce que les produits qui sont sur les marchés soient conformes et consommables.

Qu’est-ce que votre ministère entend faire pour retirer ces produits déjà sur le marché ?

Nous avons déjà saisie le ministère de l’élevage pour que nous mutualisions nos efforts pour assainir le marché. Les services de contrôle de qualité sont déconcentrés dans toutes les communes. Donc nous allons continuer avec l’appui des administrateurs des marchés à regarder ce qu’il y a comme il est de coutume sur le marché et saisir tous les produits qui ne sont pas propre à la consommation. Pour ce qui concerne la décharge, nous, nous ne gérons pas la décharge mais nous allons saisir le gouvernorat de Conakry pour prendre des dispositions qu’il faut pour interdire l’accès à la décharge et aux populations d’aller s’approvisionner là-bas.

En claire la responsabilité de votre département n’est nullement pas engagée dans cette affaire ?

La responsabilité de mon département n’est nullement engagée dans cette affaire même si nos activités de contrôle sont complémentaires. Justement, c’est le fait que nous ayons constaté cette dissension au niveau du fonctionnement des différentes structures nous a amené à faire une proposition de loi pour pouvoir rendre plus cohérent l’intervention des différents départements dans le contrôle de qualité sur le terrain. Cette loi est en cours d’examen au ministère de la justice pour s’assurer de sa conformité avec la constitution et les lois en vigueur et nous la soumettre à l’Assemblée nationale pour qu’elle puisse être votée en remplacement des différentes lois qui sont en cours et qui va permettre d’avoir une meilleure cohérence dans l’approche de contrôle de qualité au niveau du marché guinéen.

 Moussa Thiam

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