Guinee

Aliou Bah du parti Model : « Pour moi, il n’y a pas de constitution en Guinée en dehors de celle du 7 mai 2010 »


Le président de l’Organe provisoire Model Aliou Bah était l’invité de la radio lynx Fm, le vendredi, 29 mai 2020. Dans cet entretien il est revenu sur les sujets sociopolitiques qui défraient la chronique dans la Cité, notamment la falsification de la nouvelle constitution…
Bonjour M. Bah ! Pourquoi le FNDC peine à annoncer les dates des prochaines manifestations ?
Je pense qu’une communication a été faite pour expliquer les raisons parce que, malgré que nous avons lancé une trêve et le FNDC l’avait fait très tôt dès qu’il y a eu l’apparition de la maladie la covid-19. Le FNDC qui mène des activités de terrain qui est une plate-forme qui regroupe des Guinéens de tout bord a estimé qu’il fallait suspendre les activités des manifestations puisque la maladie est surtout en rapport avec le regroupement de besoin et d’autres paramètres qui pouvaient favoriser le facteur de risque.
Maintenant au regard de la situation, nous sommes au regret de constater que les autorités n’en font pas une priorité surtout profiter de cette maladie pour déployer son agenda cynique comme tout le monde le sait : continuer le Kidnapping, les opérations d’arrestations arbitraires, les emprisonnements de masse et les tueries. Le FNDC a décidé de reprendre les activités des manifestations de rues. Maintenant il y avait le ramadan qui était-là, nous avions dit que dès après le ramadan que nous allons nous retrouver pour planifier et lancer les dates et expliquer à nos compatriotes comment nous comptons le faire.
Ce qui est certain, c’est que le principe de la reprise des manifestations est déjà acquis, aujourd’hui la plateforme notamment le comité de pilotage est en train de travailler pour présenter à la plénière les premières propositions sur le calendrier requis. Je pense que ça ne saurait tarder. Et comme d’habitude nous allons communiquer, comment nous allons le faire le faire sur le terrain. Si vous vous souvenez, il y a quelques mois de cela, le gouvernement qui déjà utilise régulièrement des arguments farfelus quand ça l’arrange. Nous avons encore en archive toutes les déclarations irresponsables de ceux qui sont du côté du pouvoir.
La covid-19 ne les a jamais intéressé, ils n’ont jamais montré qu’ils sont préoccupés pour les populations, ils ont organisé ce qu’ils ont appelé referendum et élections législatives que le monde entier n’a pas reconnu, que les Guinéens n’ont pas reconnu pour installer une chambre d’enregistrement composée des plaisantins à la solde d’un homme, d’un octogénaire qu’ils veulent nous imposer pour un pouvoir à vie, une nouvelle dictature dans notre pays.
Ça dénote le manque d’ambition, leur manque du sérieux, aujourd’hui la Guinée est plus que jamais devenue un pays isolé, un pays banni, noirci, un pays qui est complètement black listé pour tous ce qui est sérieux dans ce monde et les responsabilités sont connues.
On a suivi le procureur de la République près du TPI de Kankan qui a, au cours d’une conférence de presse le 26 mai dernier, accusé le FNDC d’avoir planifié ces tueries survenues avant, pendant et après le scrutin du 22 mars dans la région de Nzérékoré, qu’est-ce que vous en dites ?
S’il y a un secteur dans lequel l’échec est plus palpable : c’est ce lui de la justice. Aujourd’hui nous avons en Guinée une justice politique qui ne fait pas honneur à la Guinée. Nous avons des magistrats gelés, opportunistes avec toutes ces tueries, tous les cas de violations de droit de l’homme, vous avez une justice sélective ; elle ne se réveille que quand elle est activée par l’exécutif pour les intérêts du petit clan au pouvoir.
Cette justice n’a pas plus de crédibilité, c’est pourquoi d’ailleurs nous avons engagé des démarches judiciaires à l’internationale ; heureusement qu’à travers leur malhonnêteté et leur amateurisme, ils nous ont suivi dans la démarche pour admettre avec nous qu’à l’interne nous ne pouvons pas faire des recours crédibles, je parle de ce que le FNDC a entamé au niveau de la CPI. Le gouvernement guinéen a fait de même. Donc Dieu Merci, qu’il y a des plaignants, ça veut dire que d’une façon ou d’une autre, ça met la cour pénale internationale dans une position très confortable pour ouvrir éventuellement des enquêtes et poursuivre des présumés coupables devant ces juridictions-là.
Maintenant quand j’ai écouté encore ce magistrat, ce procureur du côté de Kankan, j’ai noté d’abord deux choses : comment peut-on dire qu’en Guinée qu’il y a des groupes venants d’un autre pays voisin en l’occurrence le Libéria qui auraient semé des troubles en zone forestières, ça montre deux choses. La première : c’est que l’armée guinéenne ne fait son travail correctement, parce que quand on parle de la sécurité à la frontière, il est à la responsabilité de l’armée de veiller à la sécurité de nos frontières, ça, ça fait partie de ses prérogatives majors.
Deuxièmement : C’est quelque chose qui peut exposer à l’éventualité d’un incident diplomatique avec notre pays voisin parce que : ça voudrait dire que c’est à partir du Libéria qu’on est en train de déstabiliser la Guinée. Nous savons que de par le passé, il y a eu des problèmes énormes entre la Guinée et le Libéria parce que la guerre du Libéria encore n’a pas révélé tous ses secrets mais on considère que tout ça, est derrière nous.
Je pense que dans l’excès, dans les ailes, dans la malhonnêteté, dans l’amateurisme, c’est des personnes qui pensent nuire le FNDC, étant donné qu’ils sont en train de nuire à celui qu’ils pensent servir, celui qu’il considère aujourd’hui comme étant leur Dieu en l’occurrence Alpha Condé, celui pour qui, ils jurent parce que simplement il leur distribue des muettes, il leur garantit un avenir incertain à ceux-là qui sont des opportunistes ; malheureusement en Guinée ce sont des personnes comme ça, qui, sont beaucoup plus prospérés que des personnes honnêtes, il faudrait qu’on inverse cette façon de faire.
Alors quelle est votre analyse autour du débat actuel sur ce prétendu tripatouillage de cette constitution du 14 Avril 2020 ?
Moi, je suis quelqu’un de très clair et de radical même par ce que je fais par apport à certaines questions. A parti du moment où nous avons combattu le principe d’une nouvelle constitution, nous ne reconnaissons que la constitution légitime du peuple de Guinée du 7 mai 2010, quel que soit le détail qui sont en rapport avec ce qu’ils ont appelé constitution, je m’abstiens d’en faire un quelconque commentaire parce que ça ne vaut pas la peine.
Pour moi, il n’y a pas de constitution en Guinée en dehors de celle du 7 mai 2010 qui donne à Alpha Condé deux mandats et il est en train d’achever son deuxième et dernier mandat. Donc, à partir de ce moment, le combat que nous menons, le combat auquel je suis attaché pour lequel je suis convaincu, il doit fortement nous amenez à une alternance politique à l’issu de l’année 2020. A quel prix ça se fera, nous verrons bien à l’avenir mais ce qui est certain, pour moi il n’y a pas de constitution en Guinée en dehors de celle du 7 mai 2010 sur laquelle Alpha Condé a juré deux fois serments qui exige de lui qu’il parte du pouvoir en 2020.
Une élection est programmée pour 2020, elle pourrait se tenir au mois d’octobre. Est-ce que vous êtes prêt, vous l’opposition dans son ensemble à participer à cette présidentielle ou pas ?
Par principe c’est notre vocation mais il faut admettre que la réalité du terrain nous impose un certain réalisme avec lequel on va regarder tout ça. Une élection présidentielle 2020 doit se tenir mais il y a des préalables très important qu’il faut réunir, d’abord ce fichier ne peut pas nous conduire à une quelconque élection propre, transparente, ça c’est clair, il faudrait y travailler, il faut que ce fichier-là soit traité.
Encore, je le réitère en 2020, ça sera sans Alpha Condé, c’est indiscutable. La base l’égale à partir de laquelle il faut aller à cette élection-là, c’est la constitution de 2010. Pour moi, il n’y a pas d’ambiguïté à cela, maintenant tout ceci nécessite encore un travail très ardu qu’il faut mener. Nous sommes en train de le faire non seulement au sein du FNDC mais aussi au sein de l’opposition, le moment opportun des décisions seront prises.
Transcrit par
Alpha Amadou Diallo

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