Guinee

Bella Bah aux partis politiques membres du FNDC

Bella Bah aux partis politiques membres du FNDC : « C’est le lieu d’alerter les organisations politiques pour ne pas qu’elles pensent que nous sommes ensemble »

Bella Bah, perçu à l’interne comme étant l’une des figures de l’aile dure du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), a récemment fait la prison après son arrestation dans des conditions assez particulières. Les politiques qui sont au sein du FNDC et qui pensent avoir indéfiniment un soutien des acteurs de la société civile, se trompent lourdement selon Bella Bah qui évoque l’après Alpha Condé.

Vous avez été arrêté aussi dans des conditions un peu similaires à celles dans lesquelles Sékou Koundouno et Ibrahima Diallo ont été interpellés le week-end dernier. Que risquent-ils comme traitement au cours de cette détention?

Personnellement, je n’avais pas subi de traitements dégradants que ce soit au niveau de la DPJ où quand j’ai été transféré à la maison centrale. Donc c’est une évolution à saluer. Bien évidemment avec l’observation des organisations internationales aujourd’hui qui sont très regardantes par rapport aux conditions de détention. Sur ce point-là, je crois qu’il ne va pas y avoir de souci. Mais comme vous le savez, la liberté n’a pas de prix, quand on est dans un endroit entre les mûrs, tous les jours à voir les mêmes choses, les mêmes endroits, forcement cela a un impact psychologique très fort.

Vous déplorez l’arrestation de Sékou Koundouno et d’Ibrahima Diallo mais au-delà il y a beaucoup d’autres qui sont arrêtés, dont les familles n’ont parfois aucune nouvelle.

En fait c’est un kidnapping parce que comme vous le savez la procédure dans notre pays est très claire : quand un citoyen est en infraction on lui envoie une convocation pour une première, une deuxième et une troisième fois. C’est quand il y a refus qu’on peut contacter le procureur afin qu’il puisse délivrer un mandat d’arrêt. C’est ce que la procédure dit, mais que des agents se déplacent, viennent chez les citoyens, ils les arrêtent comme ça, des citoyens qui sont libres, qui n’ont pas fait des actions de façon flagrantes, ça, on ne peut le qualifier que de kidnapping.

Comme vous le savez, cette pratique est devenue récurrente et moi-même je l’ai subie. C’est une pratique qu’il faut condamner et il est temps que les organisations internationales interpellent l’Etat pour que ces pratiques-là puissent s’arrêter.

Le FNDC appelle à une nouvelle journée de résistance ce mardi, mais aussi à une marche le jeudi. Est-ce qu’il n’est pas nécessaire, comme certains le disent, de changer de stratégie ?

Il faut le dire, nous nous avons pensé qu’avec  l’implication de la communauté internationale, de la CEDEAO et de l’OIF, qui ont obligé le président Alpha Condé à renoncer à son projet, qu’il fallait prouver notre bonne foi. C’est dans ce sens-là qu’on avait la dernière fois demandé une marche pacifique à travers une demande d’autorisation. A notre grand étonnement, on nous a carrément refusé le droit de manifester. Ils auraient pu dire que l’itinéraire demandé est trop long ou bien qu’ils peuvent le circonscrire ou à défaut nous donner un lieu spécifique, par exemple le stade de Matoto ou Nongo. Mais à notre grand étonnement c’est un refus catégorique avec un déploiement de toutes les forces.

Donc aujourd’hui, tout ce qu’on peut demander, c’est que les citoyens restent chez eux pour marquer leurs indignations pour dire qu’ils ne sont pas d’accord. Des guinéens, de 1958 à nos jours, se sont battus pour la démocratie. Le président Alpha Condé lui-même s’est battu pour la démocratie, on ne peut pas accepter que ces mêmes pratiques puissent continuer. Donc c’est pour cela que nous appelons tous les guinéens à rester chez eux, à exprimer là où ils sont leur désarroi par rapport à ce qui est en train de se passer dans notre pays.

Vous êtes à la tête d’une organisation qui est membre du FNDC. A quelle proportion votre organisation participe à ce combat du FNDC ? 

C’est la Jeunesse citoyenne ! C’est une vision, c’est une idéologie, c’est un mouvement pour conscientiser la jeunesse. Si vous vous rappelez, depuis 2007, la jeunesse de ce pays est en train de se battre. Fort malheureusement, jusqu’à nos jours nos problèmes qui sont l’éducation, qui sont la santé, l’emploi sont mis de côté. Et on ne veut pas après Alpha, avoir un  Alpha Condé dans notre pays. On veut que les choses changent, on veut que la situation change. C’est dans cette dynamique-là que nous avons mis la Jeunesse citoyenne en place. On est présent dans le combat du FNDC, en termes de mobilisation, de ressources humaines ou financières. En tout cas nous faisons ce que nous pouvons pour apporter une contribution très forte.

Mais on ne s’arrête pas qu’au combat du FNDC, nous avons une vision. Il faut que désormais nos organisations politiques puissent proposer des projets de société, qu’elles nous disent comment elles vont changer l’éducation,  le système de santé, donné de l’emploi dans notre pays,

Donc c’est le lieu d’alerter les organisations politiques pour ne pas qu’elles pensent que nous sommes ensemble. On n’est pas ensemble, on est aujourd’hui lié par un combat. Ils vont avoir en face des jeunes responsables qui vont désormais leur mettre la pression pour que la Guinée puisse changer après le président Alpha Condé.

Vous avez un message particulier ?

Le message particulier que j’ai, c’est aujourd’hui par rapport au contexte sous-régional. Vous vous rappelez que la Côte d’Ivoire a connu une crise de dix ans. Aujourd’hui le président Alhassane Ouattara a honoré la Côte d’Ivoire. Donc il est temps que le président Alpha Condé puisse prendre ses responsabilités pour dire que ce projet n’a pas raison de voir le jour,  que le coup d’Etat constitutionnel n’est pas nécessaire. Ce n’est pas bien pour lui, ce n’est pas bien pour son image, ce n’est pas bien pour son combat.

Transcrit par

Alpha Amadou Diallo    

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