Guinee

Cellou Dalein à la CEDEAO : «S’il n’y a aucun moyen d’obtenir l’alternance par les urnes, le risque de passer par les armes existe»


Dans un entretien accordé à ITV Sénégal, une chaine de télévision sénégalaise, Cellou Dalein Diallo a réaffirmé son opposition à un troisième mandat pour le président guinéen Alpha Condé et interpelle la CEDEAO.
Le coup-d’Etat ayant conduit à la chute du président de la République du Mali Ibrahim Boubacar Keita ne laisse guère les dirigeants ouest-africains indifférents. C’est dans ce cadre la CEDEAO a tenu une visioconférence jeudi dernier. Lors des débats, le président Bissau-guinéen, Umaru Sissoko Embalo, a laissé entendre qu’il est nécessaire de condamner « tous les coups d’État » et que, selon lui, « les troisièmes mandats » étaient également des « coups d’État ». Cette sortie du président Bissau-guinéen a créé un malaise lors de cette visio-conférence, notamment chez les chefs d’Etat qui ont ouvertement déclaré leur volonté de briguer un mandat de plus.
Si l’un, Alassane Dramane Ouattara a été officiellement investi le 22 août dans un stade qui craque de monde ce, malgré les contestations dans son pays la Côte-d’Ivoire, l’autre, Alpha Condé continu encore d’entretenir le flou autour de sa position chose qui continue à tarauder les esprits du peuple guinéen.
Pour pallier à tous ces soubresauts, le leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) Mamadou Cellou Dalein Diallo demande à ce que le principe de respect de la limitation de mandat soit appliqué dans l’espace CEDEAO.
Selon lui, l’application de ce principe favoriserait l’alternance démocratique au détriment des coups-d’Etat qui sont les derniers moyens de recours pour faire partir un président qui s’accrocherait au trône.
« Le peuple doit continuer à lutter pour empêcher le 3e mandat. Nous souhaitons dans l’espace Cedeao que le principe de limitation de mandat soit respecté. C’est une manière de favoriser l’alternance démocratique et que l’alternance ne soit pas obtenue par les armes. S’il n’y a aucun moyen d’obtenir l’alternance par les urnes, le risque de passer par les armes existe. Ce que nous ne souhaitons pas pour notre sous-région », indique-t-il. A noter que le dernier coup-d’Etat en date en Afrique est celui, intervenu en République du Mali, le mardi 18 août 2020. Ce coup de force, orchestré par des putschistes regroupés au sein du conseil national pour le salut du peuple (CNSP), à leur tête le colonel Assimi Goita, fait suite à plusieurs contestations populaires réclamant la démission du président IBK.
Moussa Thiam

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