Guinee

Crises politiques, grève des enseignants : Des citoyens s’expriment

Les crises politiques et sociales qui défraient la chronique dans la Cité, préoccupent les citoyens. Du projet de la nouvelle constitution à la grève des enseignants, en passant par les élections législatives, des habitants de Conakry, se confiant au micro de notre reporter, appellent à la paix…

Pour Kaba Doumbouya vendeur de pièces détachées au marché d’Antag, les manifestations n’arrangent personnes et par conséquent elles doivent être arrêtées pour le bénéfice de tous.

« Je demande aux leaders du FNDC d’arrêter les manifestations car cela ne nous arrange pas nous les commerçants. Suites aux grèves, nos activités ne tournent pas, alors que c’est ici que nous trouvons la dépense. Elles ne font que souffrir les populations guinéennes et elles empêchent les autorités à travailler. Pourtant, nous ressentons toutes ces conséquences dans le panier de la ménagère ».

De son côté, Siaka Camara habitant à Kouria dans la commune urbaine de Coyah, lui, trouve nécessaire le projet de changement constitutionnel.

« Je quitte Kouria pour venir travailler à Antag. Qu’il soit FNDC ou autre, chacun d’eux défend son intérêt. Ce que moi j’ai compris, qu’ils acceptent qu’on aille aux élections, car c’est ce qui est bon pour le pays. Au temps de Lansana Conté, il y a eu de nouvelle constitution, idem pendant la transition militaire. Alors c’est normal qu’on ait une nouvelle constitution».

Cependant, Maître Sy, mécanicien à Cosa, défend la position du FNDC.

« Les grèves nous font souffrir mais c’est dans l’intérêt de tout le monde. Chez nous ici, s’il y a grève, on ne travaille pas parce que s’il y a manifestation, les policiers pourchassent les manifestants et si par hasard quelqu’un rentre ici, les policiers vont rentrer et caillasser les véhicules qui sont là. Normalement si le FNDC appelle à manifester, cela n’y ait pas dans l’intérêt d’un seul individu, donc je ne trouve pas d’obstacle à y adhérer ».

Adama kaba, vendeuse d’habits, elle, pense que : « la population doit faire attention et s’intéresser sur des choses qui mènent au développement national et tout ce qui peut mettre le pays en retard doit être mis de côté », dit-elle.

Parlant des grèves dans le système éducatif guinéen, Kaba Doumbouya voit une perte financière à l’endroit des parents d’élèves. « J’ai au moins treize enfants à l’école mais il se trouve que si je paie leur scolarité, ils n’étudient pas convenablement suite à ces grèves dans le système éducatif. Donc je perds mon argent, mes enfants n’étudient pas ».

Sur la même lancée, Siaka Camara, lui, appelle au dialogue. « Il faut qu’ils acceptent de négocier et se faire comprendre car l’année dernière nous avons passé trois mois sans étudier et la même chose a recommencé. Pire, nous n’avons jamais vu la suite de la grève de l’année dernière sinon que de faire souffrir les élèves. Pourtant ils ne sont pas satisfaits dans leur demande et nous autres parents d’élèves ne sommes pas satisfaits. Il y a peu d’écoles publiques et si tu ne mets pas tes enfants à l’école privée, ils seront des vagabonds. Donc on n’a ni l’éducation de nos enfants, ni notre argent en poche. C’est une perte grave » renchérit t-il.

Pour sa part, Maître Sy fustige le comportement de l’État dans la gestion de cette crise. Selon lui, c’est l’avenir des enfants qui est hypothéqué.

« Si un enfant n’étudie pas, cela, est une perte pour un pays. Parler d’abord de l’héritage familial, c’est lorsque tes enfants étudient et cela n’est pas forcément avoir des véhicules, des maisons ou l’argent. Il y a presque quatre ans ça n’étudie pas. Par exemple moi j’ai presque fini de payer la scolarité de mes enfants mais ils n’étudient pas, ils sont à la maison et cela n’arrange personne. Bref, parler de développement, c’est parler du niveau de l’éducation. Le problème de l’éducation n’est nullement pas lié à celui du SLECG ».

Des élections législatives

Les élections législatives aussi focalisent le débat politique dans le pays.

Pour Kaba Doumbouya, il est important que l’on fasse les élections pour pouvoir départager les protagonistes.

« Je pense qu’il est nécessaire de faire les élections car chaque État à son système de gouvernance. Alors le nôtre, c’est de faire les élections pour départager les protagonistes. Sans les élections, ceux qui ont le pouvoir seront taxés toujours par les faibles de l’usage de la force. Ainsi seule les élections pourront les départager ».

« Le président doit tout faire pour se comprendre avec ses opposants. Dans l’entente, qu’il soit pauvre ou riche, tout le monde aura la paix du cœur. Mais il y a des gens qui ne veulent pas de ça car pour eux dans l’entente ils ne gagnent rien », souligne Siaka, là où, maître Sy dénonce l’enrôlement des électeurs.

« Parler des élections c’est le recensement d’abord mais il se trouve qu’ici les gens ne sont pas recenser car à chaque fois les agents évoquent des problèmes de récépissé, la machine est en panne ou déchargée. Sinon dans mon garage, il y a plus de cinquante personnes qui ont l’âge de se recenser mais pas plus que dix qui ont pu se recenser ».

Propos recueillis par

Moussa Thiam

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