Guinee

Décharge de Dar-Es-Salam : Des riverains se plaignent…

Située en plein cœur de Conakry, la décharge de Dar-Es-Salam continue de faire parler d’elle chez les populations riveraines, malgré les voix qui se sont levées auparavant pour dénoncer son emplacement. Les citoyens se plaignent des fumées et odeurs que dégage ce dépotoir.

Mamadou Korka Bah est un habitant au quartier Concasseur. Il nous confie que la décharge dégage des fumées suffocantes et des poussières qui envahissent jusque dans les concessions.

« Je suis là, il y a cinq ans, depuis qu’ils ont commencé à jeter les ordures vers chez nous ici, nous souffrons de la fumée qui se dégage de cette montage d’ordure. Et suite à l’ouverture de cette route, la poussière nous fatigue énormément. Tous les véhicules poubelles passent par-là et la poussière rentrent jusque dans les chambres », souligne M. Bah.

« A part la fumée, les odeurs qui se dégagent pendant la saison des pluies et la poussière qui se dégagent autour de cette montagne d’ordure, rien ne nous empêche de bien vivre ici car même s’il y a grève, nous ne la sentons pas et il n’y a pas de pagaille par-là », a-t-il fait savoir.

Il y a deux ans, après la chute d’une montagne d’ordure sur des habitants aux alentours de la décharge, faisant une dizaine de mort, les autorités ont pris la décision de déguerpir les riverains de cette décharge pour des raisons de sécurité. Pour Korka, la zone de Concasseur n’a pas été la cible des autorités.

« Quand les ordures sont tombées sur les habitations du côté de Dar-Es-Salam, les autorités sont venues pour nous déguerpir mais après vérification, ils ont trouvé que cela ne concerne pas la zone de Concasseur qui se trouve à Hamdallaye. C’est à Dar-Es-Salam qu’ils ont procédé au déguerpissement. Nous demandons aux autorités d’enlever ces ordures dans la capitale car quoi qu’il arrive, c’est les ordures qui doivent quitter et non les personnes », martèle-t-il à l’endroit des autorités.

Kerfala Souaré a de son côté dressé un tableau sombre de cette montagne d’ordure.

« J’étais à Dixinn quand je gagnais ce domaine-là. C’est ainsi que ma famille et moi avons déménagé. Ces ordures nous fatiguent ici. A cause de la fumée qui se dégage là-bas, nous sommes obligé de nous enfermer dans nos maisons dès fois jusqu’à 10h du matin, le temps que le vent détourne sa position », a-t-il témoigné avant de souligner qu’à part cette difficulté, « pour le moment nous ne rencontrons aucune difficulté d’ordre sanitaire le fait de loger le long de cette décharge depuis notre arrivé ici il y a de cela 20 ans ».

Par ailleurs, Aissatou Bella Cama habitante à Dar-Es-Salam fait partie des déguerpis. Elle dénonce latitude du gouvernement. « Les autorités sont venues détruire nos maisons sans que nous ne sachions la raison et puis sans nous dédommager. Donc nous ne comptons que sur Dieu. Le plus mal dans ça, jusqu’à présent il y a des personnes parmi nous qui n’ont pas eu de logement encore ».

Cependant, confortablement installé auprès des objets de recyclage ramassés dans ladite décharge, Bella Camara souligne que c’est grâce à ces sachets plastiques, des barres de fer et aluminium ramassé qu’elle subsiste à ses besoins.

« C’est grâce au ramassage d’objets comme les barres de fer, les sachets plastiques et aluminium que nous gagnons notre quotidien avant qu’on ait un logement…Ce qu’Alpha Condé nous a fait ici, seul Dieu peut lui payer de son acte. Nous demandons qu’on nous restitue notre domaine car il est à nous », lance-t-elle.

Moussa Thiam

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