Guinee

Dernier recensement des électeurs

Dernier recensement des électeurs  : Voici les statistiques finales de la CENI par pays et par Région

La première responsable du département fichier électoral de la CENI a présenté le jeudi 13 février 2020, en présence des partenaires techniques et financiers, les statistiques finales du corps électoral en prélude à l’organisation des élections législatives, du référendum constitutionnel, voire présidentielle prévues cette année. Par ailleurs, il faut noter qu’il y aura 19001 bureaux de vote pour les législatives et du referendum du 1er Mars. Ci-dessous, les statistiques finales par pays et par  Région.

Amérique: 6772 hommes et 4 472 femmes soit un total de 11 244.

Afrique : 131 227 hommes 42435 femmes total 173 662.

États-Unis : 6772 hommes 4472 femmes. Soit un total de 11 244.

Asie : 815 hommes 358 femmes soit 1 173

Europe : 17 185 hommes 8 119 femmes soit un total de 25 304 électeurs

Boké: 312 999 hommes 326 153 femmes soient un total de 638 853.

Conakry : 834 169 hommes et 715 825 femmes soit un total de 1, 550 014

Faranah: 288 227 hommes 349 494 femmes soit un total de 637 721

Kankan 760 581 hommes et 755 581 femmes soit un total 1516162.

Kindia 479 939 hommes 539 599 femmes soit un total de 1 019 553 él

Labé : 239 410 hommes et 369 831 femmes soient un total de 609 241.

Mamou: 178 904 hommes et 265  376 femmes. Total 444 280

N’Zérékoré : 527 038 hommes et 609 883 femmes soit un total 1 136 923.

Soit un nombre total de  7 764 130 électeurs.

Amadou Tidiane Diallo

Crise sociopolitique en Guinée : Dr Mamady Kaba propose une piste solution

L’ancien président de l’Institution nationale indépendante des droits de l’Homme (INIDH), Dr Mamady Kaba, était l’invité de la radio Espace Fm le jeudi, 13 février 2020 pour parler des soubresauts politiques qui traversent le pays afin de trouver une piste de solution aux crises.

Sur le plan social et politique ça ne va, on a comme l’impression qu’il n’y a plus d’issu, est-ce que c’est le même constat que vous faite ?

Je ne pense pas qu’on a atteint le point de non-retour, on n’est pas encore au mur, mais au carrefour. C’est à nous de choisir le chemin qu’il faut prendre. Je voulais rappeler un peu le contexte de notre pays, les crises que nous traversons. Nous avons déjà traversé des crises avec les mêmes revendications, avec les mêmes combats et ça se répète, c’est cyclique.

N’est-ce pas tous les présidents de la Guinée depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui, ont géré que de crises pratiquement. Je pense que les crises ont leur racine dans notre histoire. Il faut extirper les racines du mal.

Aujourd’hui on a une opportunité, une réelle opportunité parce que vu l’ampleur des dégâts déjà constatés et vu aussi que les dégâts passés n’ont pas été réparés : le 28 septembre, janvier-février 2007, pour remonter jusqu’aux temps anciens avec les Camp Boiro, avec les 05 juillet etc. Ce sont des bagages qui existent que les Guinéens n’ont pas encore réussi à gérer, donc nous sommes en train d’en rajouter. Je pense qu’on a une opportunité de briser la chaîne, on est dans un cercle vicieux.  L’opportunité ! C’est encore le dialogue. Parce que quand on parle de dialogue, c’est d’abord la forme

Comment y arriver, comment permettre que des acteurs de deux camps qui ont des positions qui semblent irrémédiable, irréconciliable, les faire rassoir. Les chefs religieux ont essayé, le FNDC a observé une trêve d’une semaine mais pendant ce temps le président a continué à poser les actes préparatoires référendum constitutionnel ? Comment ramener le président à la raison ?   

Je ne pense pas que les choses aient été posées dans les bonnes formes, depuis le début de cette crise, il y a un problème fondamental. Les personnes qui vont rapprocher les deux positions, organiser un dialogue, il y a eu une crise de conscience très profonde, et il n’y a pratiquement pas eu des sérieuses démarches pour rapprocher les deux positions.  Les autorités religieuses sont morales, quand elles viennent, elles demandent au FNDC de suspendre, c’est vraiment leur devoir. Le FNDC pour prouver sa bonne foi en vers la paix et le calme a observé la chose.

Maintenant, quand les religieux rencontre le président de la République, qu’est-ce qu’ils vont discuter finalement ?  Est-ce que c’est un dialogue ou bien les religieux sont des portes paroles, c’est-à-dire ils envoient chez le président la revendication du FNDC et le président doit répondre par oui ou par non ? Donc je ne pense pas que de cette manière, on peut régler. Je pense qu’il faut un véritable plan de sortie de crise, un véritable plan de dialogue. J’ai un plan de sortie de crise.

Quel est ce plan ?

Il y a déjà de bonnes initiatives, l’Union Européenne a affirmé sa volonté de faciliter. Les Etats Unis ont exprimé ce qu’il faudrait à leurs yeux pour que le calme revient, la sérénité revient, ça c’est déjà un pas très important. Maintenant, moi je pense qu’il appartient à M. le président de la République de désigner n’est-ce pas une personnalité ou une équipe de personnalité aujourd’hui qui va réfléchir et proposer un plan à chaque partie pour les amener au tour du dialogue.

Au sein du FNDC et de l’opposition, ce n’est pas de dialogue, qu’on demande. Ce qu’on demande au président de la République c’est de retirer, de renoncer tout simple de cette approche. Est-ce que votre approche c’est de dire, il faut d’abord convaincre cette autre partie de la nécessité d’un dialogue ? Deuxièmement : le président de la République ne veut pas recevoir les religieux, il ne veut pas recevoir les coordinations, il ne veut pas recevoir le groupe de contact, il dit que c’est des gens qui ont déjà pris parti, ils ont pris fait et cause pour le mouvement porté par le FNDC et que mêmes les conditions préalables de neutralité et d’impartialités sont déjà enterrées, c’est pour ça qu’il ne souhaite pas y aller. Comment réussira-t-on cet autre dialogue que vous proposez alors tous ceux qu’on a tenté par le passé ont échoué.  

Maintenant la forme va juger. Dans la forme il faut qu’il ait un dialogue sur la table, et une deuxième phase sur la table. Les vrais problèmes se sont les peurs, il y a des peurs qui existent, il faut qu’on sache qu’elles sont ces peurs qui existent au niveau du pouvoir ? Quelles sont les peurs qui existent au niveau du FNDC ? Et comment chaque partie parce que quand vous venez au dialogue dans un esprit constrictif, quand vous dite : je veux un micro probablement vous êtes disposé aussi à la table de dialogue de ne pas obtenir un micro mais d’obtenir quelque chose qui peut remplir une fonction semblable à celle du micro.

Détaillez-nous votre plan de sortie de crise…

Le plan, il porte sur la forme, je vous ai déjà expliqué la forme, la forme il y a sur la table ce qui peut être discuté et conclut avec le soutien de la communauté internationale etc. Et il y a aussi des accords qui peuvent ne pas être rendus publics mais qui peuvent être discuter sous la table à la satisfaction de toutes les parties parce qu’il y a un problème dans le dialogue : vous n’êtes pas seul, vous avez des gens qui sont derrières qui ont souvent des poignards, il y en a qui ont des pistolets qui sont prêts à vous abattre vous-mêmes si jamais vous tentez d’aller sur un chemin qui n’est pas celui de leurs intérêts.

Alors quand vous avez l’opportunité de pouvoir discuter en sous-main avec des acteurs sérieux, avec des conclusions qui sauvent toutes les faces, je pense que ça peut permettre de régler beaucoup de problèmes. Le vrai problème de cette crise ne pourra pas trouver son épilogue dans un dialogue ouvert. Il y a une phase de dialogue qui devra se faire à huit clos, avec des garanties très sûres, ça va permettre aux partis d’être rassurés, ne pas divulguer le contenu mais être rassuré par rapport à ses propres peurs. Moi je pense que dans la forme, il faut voir ces deux dimensions.

Maintenant dans le fond, il faut avoir des discussions sur l’ensemble des questions qui empêchent notre pays d’évoluer, ce n’est pas un pilotage à vue qu’il faut faire. Toutes les crises qui ont été réglées dans ce pays, ça été du pilotage à vue, c’est-à-dire qu’on a tenté de régler le problème qui est en face : X+Y = 0 et puis on cherche à résoudre à la surface, mais on n’est jamais descendu au fond, et c’est le problème de fond qui tient le pays, donc il faut aller en profondeur.

D’abord rechercher les causes pourquoi le président Sékou Touré a été obligé de s’accrocher au pouvoir jusqu’à sa mort ? Pourquoi le président Lansana Condé qui était venu juste pour une transition a été finalement obligé même en ne pouvant plus marcher de rester accrocher à son pouvoir jusqu’à sa mort ? Pourquoi le Capitaine Dadis qui est venu avec des très bonnes intentions à un moment donné a dévié pour s’accrocher à son fauteuil ? Maintenant ce sont ces causes là que nous devons rechercher, parce que ce sont les causes-là qui risque de pousser le président Alpha Condé s’ils ne sont pas résolus de s’accrocher aussi à son pouvoir. (…)

On a déjà un atout. L’atout le plus important qu’on a, c’est l’union européenne qui est disposé à faciliter, maintenant moi, je pense que le président de la République, en tant que père de la nation doit pouvoir désigner des Guinéens, des cadres guinéens pour se joindre à l’union Européenne et faciliter la réflexion.

Malheureusement il n’est dans cette optique               

Non il peut être dans cette optique, je ne pense même pas que le président a besoin d’être convaincu pour ça. Je pense qu’en tant que père de la nation, il veut quelque chose, ça c’est évident pour tous les présidents. Mais il comprend les enjeux, il comprend les risques que comportent une démarche solitaire dans le contexte actuel. Maintenant le président, s’il a une opportunité de parvenir à des objectifs dans le calme et dans la sérénité je pense qu’il le sera…

Mais qui pour mener cette démarche ?

Moi j’ai tenté, je suis en train de tenter, je suis à la manœuvre en sous-main avec les acteurs de bonnes volontés. Je suis sûre que si le président sait que vous vous ne venez pas en tant que porte-parole du FNDC seulement pour le dire M. le Président oui ou non vous acceptez ce que veut le FNDC, si le président sait que vous ne venez dans cette optique, que vous venez avec un plan dans la main, un plan qui est capable de sauver son pays d’une crise majeur, je ne vois pas pourquoi en tant que père de la nation, il rejetterai un tel plan.  Mais il faut que tous les acteurs soient dans cette dynamique. Je vais rappeler quelque chose, là où nous sommes, nous sommes à un carrefour où chaque acteur est en train de faire de pression, on n’est pas encore à l’objectif où les extrémistes sont aux commandes. Il y a encore de l’espoir, on peut sauver la situation.

Une synthèse

d’Alpha Amadou Diallo 

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