Guinee

Dr Ousmane Kaba tacle ses détracteurs : « La politique de la chaise vide ça ne mène à rien et le PADES n’a pas à demander l’autorisation au FNDC »

Alors que le président du PADES fait l’objet de critique par ses paires du front national pour la défense de la constitution (FNDC) depuis son annonce de se porter candidat aux élections présidentielles à venir « avec ou sans le président Alpha Condé », Ousmane Kaba le principal concerné brise le silence et tape fort sur ses détracteurs. Il s’est fait entendre dans ‘’les GG’’ de la radio Espace FM, le 16 juin 2020.

Est-ce que la dernière sortie de Sékou Koundouno annonce la fin de règne, une ambiance de mauvaise famille au sein du FNDC ?

Pas du tout. Je crois qu’il faut laisser le jeune Koundouno qui est très jeune et bouillante. Il se trompe s’il a exprimé cela. Ce qui est sûre, aujourd’hui nous avons un problème comme tous les Guinéens. Tandisqu’au Mali on veut chasser un président qui a mal gouverné seulement et il n’a même pas atteint la fin de son mandat, en Guinée nous avons quelqu’un qui change la constitution, qui fait ce qu’il veut et il est en train d’assoir une présidence à vie. Devant cela, tout le monde est désemparé, c’est compréhensible. Alors, ce que moi je fais, est tout à fait cohérent.

Je m’explique : nous avons lutté contre le troisième mandat en luttant contre la nouvelle constitution et la nouvelle assemblée nationale. D’ailleurs je n’ai jamais dit qu’on a échoué, c’est une partie de la phrase.

J’ai dit : qu’on a échoué en n’empêchant pas la nouvelle constitution et le parlement mais nous avons réussi parce que nous avons décrédibilisé et le double scrutin et la nouvelle Assemblée nationale.

La cour constitutionnelle aurait invalidé la requête du groupe de députés afin qu’on les explique la constitution votée et celle validée et l’Assemblée s’est finalement installée. Est-ce que le FNDC aura réussi ce combat qu’il menait ?

Ce sont des choses qui existent de fait même si nous ne les reconnaissons pas, n’empêche que ça existe. Donc on ne peut pas dire qu’on a réussi à 100%, mais non plus on n’a pas échoué à 100% parce qu’on a décrédibilisé et la nouvelle constitution et le nouveau parlement.

D’ailleurs il n’y en a pas de constitution parce que la constitution qui a été votée n’est pas celle qui a été promulguée. La constitution promulguée n’a pas été votée parce qu’il y a eu falsification. Donc nous avons beaucoup d’autres problèmes ici mais ça n’empêche pas d’être cohérent.

Vous dites que vous allez partir aux élections présidentielles avec ou sans Alpha Condé. En même temps vous dites que le combat du FNDC n’a pas abouti. Est-ce un échec à la fin du compte et quand vous dites que le parlement n’est pas reconnu…

Il y a le réel et le discours. Le réel, le parlement existe ou pas. Moi je suis un parti politique qui est le PADES. Je ne reconnais pas ce parlement. Je suis candidat : premièrement je suis un parti politique. Un parti politique a pour vocation de conquérir le pouvoir par les urnes. C’est cela notre objet premier et j’ai des milliers de militants qui ont beaucoup souffert le faite qu’on ne soit pas parti aux législatives. On ne va pas continuer à faire la politique de la chaise vide. Maintenant cela ne signifie pas que l’on ne cautionne le pouvoir, que l’on n’est pas dans le FNDC. Ça n’a absolument rien à voir. Le FNDC a été créé pour quoi ? Le nom c’est le front national pour la défense de la constitution. Donc on s’est regroupé autour de cet objectif unique et nous sommes en train de continuer à le faire mais le FNDC n’a pas été créé pour choisir les candidats à la présidence.

Moi, je ne viens pas en politique pour être ministre, c’est pour être uniquement président de la République parce que c’est la seule façon de changer ce pays. J’ai déjà fait les autres je n’ai pas réussi.

Est-ce que ça vaut toujours la peine pour le PADES de demeurer dans le FNDC ?

Tout à fait, ça vaut la peine et nous continuons à nous battre sur ce point. Je suis candidat sur la base de la constitution de 2010.

Lorsque je dis que je serai candidat aux élections avec ou sans Alpha Condé, ça veut dire que nous allons continuer à nous battre pour lui disqualifier conformément au mandat du FNDC, à notre objectif. Mais au cas où nous n’arriverons pas à lui disqualifier,  et bien nous n’allons pas faire la politique de la chaise vide.

C’est ce que cela signifie. La politique de la chaise vide ça ne mène à rien et le PADES n’a pas à demander l’autorisation au FNDC.

Vous dites que le combat du FNDC continu, mais dans la pratique comment vous comptez le faire ?

Depuis deux ans nous nous battons pour sensibiliser et la Guinée et l’extérieur pour dire que ce n’est pas bon pour ce pays d’avoir des présidences à vie et que nous avons tiré les leçons de l’époque du Général Lansana conté qui était malade et complètement incapable de diriger et les prédateurs en ont profité pour faire de la Guinée ce qu’ils veulent. Donc nous sommes dans ce combat là aujourd’hui. Ce n’est pas parce que le combat est difficile que nous devons perdre l’orientation de notre combat. Notre combat reste d’éviter à la Guinée une expérience douloureuse d’avoir un président physiquement incapable. Il y a la pandémie c’est ce qui rend le combat un peu difficile aujourd’hui parce que si vous faites sortir trop de monde pendant que coronavirus est là, vous êtes irresponsable. Le FNDC dit le 8 juillet nous allons essayer de sortir pour manifester notre opposition à la présidence à vie. C’est un combat dans lequel je me reconnais. Mais le faite de dire je suis candidat avec ou sans lui ne remet pas en cause ce combat. Je suis un homme cohérent et surtout les hommes politiques qui sont parmi nous ne peuvent pas parler parce que moi je suis cohérent, je ne suis pas en train de prendre l’argent à l’Assemblée nationale, je n’ai pas siégé quand il fallait arrêter de siéger. Donc je serai candidat, ce qui est logique. Nous allons nous battre pour empêcher le président de la République d’être candidat mais au cas où nous n’arriverons pas, est-ce que on va lui laisser la chaise libre, le champ libre. Non, j’irai.

Sur l’indemnité des députés de l’ancienne législature, les députés de l’opposition disent que ce n’est pas un avantage de la nouvelle Assemblée nationale, il s’agit plutôt d’une loi qui le permet. Quel est votre avis là-dessus ?

Moi, je n’ai jamais vu une loi qui permet cela, deuxièmement on est toujours payé contre un travail.

Synthèse de

Moussa Thiam

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