Guinee

Fodé Baldé, de l’UFR : «Je ne crois pas à une élection crédible tant qu’Alpha Condé et Cie sont aux affaires »

Le responsable de la communication digitale de l’UFR et secrétaire général adjoint de la jeunesse du parti estime que les multiples démissions au sein de sa formation politique ces dernier temps ne sont pas importantes. Fodé Baldé croit qu’une élection crédible ne peut se tenir avec Alpha Condé.

Après les multiples démissions au sein de votre parti, est-ce qu’on peut dire l’UFR est au gouffre aujourd’hui ?

Il n’y a pas de multiples démissions. C’est qu’à la démission de Badra Koné et celle de Madame Hadja Ngamet Camara qui d’ailleurs, ça fait bien de cela quelques années ne participe pas aux activités du parti. Donc je pense que ce sont des démissions qui ne déballent guerre l’Union des Forces Républicaines. Parce qu’à rappeler que des personnes plus fortes que ces personnes-là  ont démissionnées de l’UFR et cela n’a pas empêché  l’UFR de rester ce qu’elle est.  Et nous continuons de travailler sur ce sens-là. Et à l’UFR nous considérons toute cette démission-là comme étant des personnes qui n’assument pas leurs convictions et nous sommes convaincus d’une chose que c’est une étape au cours de laquelle chacun se déterminera en fonction de ses convictions. Donc ceux qui sont pour les valeurs que défend l’UFR resteront à l’UFR. Ceux qui ne sont pas pour ces valeurs abandonneront et n’auront qu’une seule solution à faire. C’est de quitter le parti.

Juste après la démission de Badra Koné, il a été remplacé par un autre alors que vous étiez le vice coordinateur de la jeunesse. Dites-nous qu’est-ce qui s’est passé ?

En fait juste après sa démission conformément aux statuts du règlement intérieur, la jeunesse s’est réunie et on a fait une proposition de secrétaire général par intérim. Nous avons mis en place notre cher frère qui était militant convaincu de la première heure du partir de l’UFR à la personne d’Ousmane Tolo Soumah qui aujourd’hui il faut le reconnaître est en train de faire un travail énormissime. Parce que déjà quelques heures après sa prise de fonction du secrétaire général par intérim, il a activé toutes les structures du parti qui aujourd’hui sont en activités. Compte tenu des mesures barrières énoncées  dans le cadre de la lutte contre la covid-19, on se réunit 10 personnes pour redynamiser les structures du parti. Et je pense que ça, avait manqué beaucoup au parti lorsque Badra était-la.  

Avoir toutes les démissions, est-ce que vous ne suspectez pas une main noire ?

La main noire ou une main blanche, je dis que toujours est-il que celui qui démissionne est responsable des actes qu’il pause. C’est vrai que souvent on a tendance à dire les victimes qu’elles seraient l’instigateur de ceci ou cela. Mais moi je dis que chacun de nous quand tu as l’âge de la majorité, je pense que tu vas avoir la responsabilité des actes que tu poses. Il peut arriver réellement  qu’aujourd’hui comme on peut le constater que des conditions de vie précaire des populations peuvent leur amener à faire des choix qui ne sont pas ce qu’ils veulent faire exactement. Je comprends ceux qui disent qu’il y a une main noire derrière tout ça. Il faut reconnaitre une chose, c’est que depuis un certain moment Alpha condé en personne a réuni tous les moyens financiers de l’État pour chercher à dynamiter cette formation politique qui est l’UFR, à faire mal à Sidya Touré. Lors des communales de 2018 l’UFR a fait une percée remarquable en Haute Guinée. Ce sont des actions qui n’ont pas laissées Alpha Condé. Et après cela on a assisté aussi à la première fois des opérations de manifestation contre le troisième mandat d’Alpha Condé,  on a constaté que les militants de l’UFR qui étaient en haute Guinée sont mobilisés de plus surtout à Kankan. Donc ce sont des actions qui ont amenées à Alpha Condé à dire attention si jamais cette contrée qui était considérer pour moi comme un fief incontesté, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aujourd’hui en Haute Guinée ce n’est plus la pensée unique qui triomphe. Aujourd’hui les militants et les Guinéens qui ont compris réellement qu’avec le RPG aucun espoir n’est permis. Alors, il faut regarder un autre horizon. Et aujourd’hui force est de constater que beaucoup parmi eux ont encore un souvenir que le président Sidya Touré pour eux lorsqu’il était à la primature.

Dans la lettre de la démission de Badra Koné, il accuse Ahmed Tidiane Sylla le responsable de la Communication et Saikou Yaya Barry secrétaire exécutif d’inciter les jeunes du parti à s’attaquer à lui. Selon-vous est ce que la raison est ailleurs ?

Moi je pense que le fait de justifier son action par le comportement d’un être humain, Badra est en train de faire preuve de son incapacité à assumer avec un acteur politique. Parce que  l’acteur politique est toujours confronté à l’adversité. Ça,  c’est partout dans le monde. Vous ne verrez jamais un parti politique où il n’y a pas d’adversité. Alors si lui, il doit fuir un parti politique parce que certaines personnes seraient opposées à ce qu’il dit, je pense qu’il ne pourra jamais faire de la politique. Et  je pense que ce sont des arguments infondés et irresponsables qui ne peuvent guère justifier une démission comme celle-ci. Et je pense qu’il devrait chercher à justifier autrement la raison de sa démission que d’accuser des personnes qui à mon avis se battent aussi pour le triomphe de l’UFR.

Il paraitrait que la reprise des manifestions du FNDC est prévue dans les prochains jours. Est-ce que vous êtes d’accord d’abord pour une reprise quand on sait que le pays est en crise sanitaire de  la COVID-19.

Oui, nous sommes d’accord pour que les manifestations reprennent,  parce que c’est la seule arme que la démocratie nous confère et que la Constitution du 7 mai 2010 nous confère,  pour exprimer notre ras-le-bol face à la gouvernance actuelle et face à la façon aujourd’hui dont les arrestations arbitraires sont orchestrées  contre les autres démocrates de notre pays. Et aujourd’hui nous assistons à une justice qui est sous ordre de l’exécutif. Et comme nous ne voudrions pas tomber dans un système bananier, alors nous pensons que réellement qu’il est important que les Guinéens se lèvent pour réclamer le retour de leur Constitution dans notre pays. Et pour cela, on ne peut pas rester, c’est vrai que nous faisons des déclarations sur Internet. Mais cela ne suffisent pas. Il faut encore que nous manifestions pour prouver à Alpha Condé qu’il est impopulaire en Guinée.

Est-ce que personnellement vous êtes partant pour la présidentielle en cette année ?

Oui une élection sans Alpha Condé, impérativement parce que, c’est ce que la loi dit. Nous sommes des démocrates. Nous sommes toujours attachés au respect des valeurs démocratiques de notre pays. Nous sommes partants pour une élection en 2020 à condition que le fichier électoral soit assaini encore que je le répète qu’Alpha Condé ne soit pas candidat.  Parce que c’est ce que la loi nous confère et aujourd’hui comme vous pouvez le constater  nous travaillons à cela.  Et c’est pourquoi d’ailleurs les manifestations à venir seront déterminantes.

Est-ce que vous y croyez à une élection crédible en cette année 2020 ?

Une élection crédible, je n’y crois pas personnellement.  Ça, ce n’est pas un avis partagé peut-être de certaines personnes de ma formation politique. Mais moi personnellement je ne crois pas à une élection crédible tant qu’Alpha Condé et Cie sont aux affaires. Mais il faut dire qu’un parti politique est fait pour competir et conquérir  le pouvoir politique. Est-ce que les conditions d’une élection parfaite sont réunies ? Si ce n’est pas le cas alors nous ne participerons pas. Nous allons manifester pour que les élections transparentes soient organisées.

Certains membres du FNDC ont dénoncés la gestion du Coordinateur Abdouraymane Sanoh à la tête du mouvement dont vous êtes membres actifs. Qu’en dites-vous ?

Je pense que c’est un groupuscule  de jeunes qui veulent se faire intéresser certainement par le pouvoir en place. Qui estiment qu’il y a une gestion de finance au pacte au niveau du FNDC. Ils parlent de 30.000 dollars. L’objectif c’est 100.000 dollars. L’objectif n’est pas atteint.

Comment voudrez-vous qu’on utilise cette somme-là ? Cette somme-là  existe sur la ligne électronique qui a été créé à cet effet. Je pense que ces des personnes qui cherchent à se faire intéresser par le pouvoir en place. Et les gens ont toujours cette volonté de vouloir salir les gens quand ils veulent prendre une décision qui va à l’encontre de ce, pourquoi ils sont battus pendant tout ce temps-là.

Moi je pense que ce responsable de s’assumer son choix quand tu décides de quitter quelqu’un. Ils peuvent partir librement, ils n’ont pas besoin de salir qui que ce soit.  Mais nous prenons acte de leur départ. En vérité qui est ce qu’ils représentent réellement ? Donc on arrête de nous faire croire qu’il y a une dissidence au sein du FNDC. Encore la gestion est transparente et vérifiable. Alors qu’on me dise qu’il y a une gestion au pacte, je dis que je m’inscris en faux. Et je les mets au défi pour un débat public contradictoire entre eux et moi. Nous discutions de grief qui a été  formulé contre le FNDC et ses responsables.

Interview réalisée par

Amadou Tidiane Diallo

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