Guinee

Gestion du Covid-19, lutte du FNDC, procureur Kairaba Kaba… : Abdoulaye Bah de l’UFDG se déchaîne !

La propagation du coronavirus inquiète les guinéens avec plus de 4100 cas positifs à travers le pays. Après Conakry, la préfecture de Kindia est devenue le 2ème foyer de la maladie avec au moins 89 cas confirmés, dont 8 journalistes et une vingtaine de détenus de la prison civile locale. Pour parler de cette situation, mais aussi du combat du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) et de bien d’autres sujets, un reporter de Guineepremiere.com a donné la parole à Abdoulaye Bah, membre de l’UFDG et ancien président de la délégation spéciale de Kindia. C’était dans la journée de ce lundi, 8 juin 2020.

Au moins 89 cas testés positifs au nouveau coronavirus à Kindia. Comment est gérée la pandémie dans la préfecture ? Est-ce que les mesures barrières sont respectées par les citoyens ?

Abdoulaye Bah : Non ! Comme vous le savez, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS) n’a pas d’antenne régionale ni préfectorale ici. Ça, c’est le bémol au niveau de la configuration de l’agence nationale, il faut fondamentalement préciser que l’agence a une appellation nationale, mais elle n’a pas de ramification intérieure. Donc à Kindia, comme partout, ce sont les directions régionales et les directions préfectorales qui s’occupent du problème de la santé… Il y a des cas de maladies à Kindia, le centre de recherche épidémiologique de Pastoria est le lieu où les malades sont alités et traités, ça se passe très bien. Il y a plus ou moins 5 à 6 décès enregistrés. Jusqu’à hier, il n’y a pas de décès, les malades sont traités avec les mêmes techniques que Conakry. Il y a eu beaucoup de guéris qui sont sortis du centre, ceux qui sont traités sont bien traités.

Est-ce que les mesures barrières sont respectées à Kindia ?

Difficilement, au début oui ! Il y avait une volonté de maintenir le cap ; mais depuis quelques temps, il y a eu un relâchement parce qu’il n’y a pas une autorité crédible qui puisse rassurer à travers une communication fondée sur la vérité sur ce qu’il faudrait faire.

Le FNDC a adressé la semaine dernière une correspondance au président de la commission de la CEDEAO pour attirer son attention sur l’intention du gouvernement guinéen d’amender le code électoral à moins de 5 mois de la présidentielle. Ensuite, le Barreau de Guinée vient de faire une déclaration officielle condamnant la falsification de la nouvelle constitution. Est-ce qu’ils ne sont pas en train de légitimer cette nouvelle constitution et ce contesté parlement ?

Non au contraire, c’est toujours la continuité des actons du FNDC à montrer également nous sommes dans le faux, le plus spectaculaire. Voilà des gens qui vivent du faux, voilà des gens qui vivent de la falsification, voilà des gens qui vivent du mensonge. Donc, depuis le début on a alerté le gouvernement le monde entier, les guinéens pour dire que : ceux qui disent avoir créé une nouvelle constitution n’étaient pas dans les normes. Ils ont forcé, ils ont inventé une constitution taillée sur mesure mais qui est illégale, donc non fondée en droit, mais également qui est fausse. Vous avez vu la manière comment est-ce qu’ils se sont comportés vis-à-vis de la loi qu’ils estiment fondamentale ? Donc, c’est plutôt une continuité, une démarche tout à fait courageuse d’alerter l’opinion publique de Guinée et internationale que nous avons des tricheurs au pouvoir et ça, ça ne va pas présager un avenir meilleur. On ne triche pas avec les lois de la Guinée, on ne triche pas avec son peuple, on ne triche pas avec les lois du pays, c’est immoral, c’est anti éthique. Le FNDC est dans une logique tout à fait normale de continuer à dire que nous avons des gens dangereux en Guinée et qu’il faut continuer à les dénoncer, à les diaboliser et les pousser à la sortie.

On a suivi le procureur de la République près le TPI de Kankan qui, au cours d’une conférence de presse le 26 mai, a accusé le FNDC d’avoir planifié les tueries avant, pendant et après le scrutin du 22 mars dans la ville de N’zérékoré. Quelle est votre réaction ?

Elle est très simple, nous avons des magistrats qui déshonorent l’appareil judiciaire de la Guinée. Yaya Kairaba Kaba, il est connu à Kindia d’avoir été l’auteur, au niveau de la CACV (Commission Administrative de Centralisation des Votes), saboter la démocratie à Kindia le 04 février 2018. Et l’altercation sur Espace Fm entre lui et Damaro en fait foi, donc ce n’est pas un homme crédible, vous avez des magistrats malhonnêtes, des magistrats anti-loi qui ont infiltré l’appareil judiciaire de la Guinée, ça c’est un.

Deuxièmement, à ce que je sache, les gens qui ont été arbitrairement arrêtés à N’zérékoré sont arrêtés sur un territoire judiciaire, donc il doit y avoir un procureur général près du tribunal de première instance de Nzérékoré qui est habilité en droit de s’exprimer sur des situations judiciaires ayant eu lieu sur sa circonscription judicaire, je ne vois pas comment est-ce que Kankan peut se prévaloir de parler au nom de n’Nzérékoré, c’est une faille. Troisièmement : C’est une justice politique, c’est une justice à la solde d’un régime aux abois, une dictature sanguinaire, une autocratie moribonde, criminelle qui utilise la justice malheureusement pour pouvoir commettre la forfaiture et puis arrêter des Guinéens de manière arbitraire, des guinéens qui défendent la loi fondamentale du 07 mai 2010, qui défendent les institutions républicaines, défendent la démocratie, c’est petit et c’est humiliant, c’est honteux, mais la seule solution c’est de rester dresser comme un seul homme vis-à-vis de ces gens qui joue avec notre dignité et notre liberté et notre vie en Guinée.

Vous avez suivi les démissions en cascade des militants du l’UFR ces dernier temps. D’aucuns disent qu’il y a une main noire derrière. Qu’en dites-vous ?

Je ne sais pas ! Vous savez, un parti politique est une association humaine, les gens viennent librement y adhérer ; les gens partent lorsqu’ils estiment que c’est nécessaire. Il n’y a pas un match à débattre, je pense que c’est un non-évènement, c’est le fonctionnement interne d’un parti politique. Au RPG, il y a eu des gens qui sont venus qui sont partis, à l’UFR il y a eu des gens qui sont venus, ils sont partis. Le plus important, est-ce qu’on peut avoir des politiciens intègres, responsables, capables, patriotes, pour pouvoir tirer la Guinée du bourbier dans lequel elle se trouve ? C’est ça la question fondamentale.

Interview réalisée par

Alpha Amadou Diallo

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