Guinee

Grève du SLECG : « C’est une très bonne chose », réagit le président de l’UMP

Le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) est rentrée une nouvelle fois en grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national depuis ce jeudi 09 janvier 2020. Les enseignants réclament l’augmentation de leur salaire à huit millions de francs guinéens.

Rappelons que le 13 janvier 2019, un protocole d’accord a été signé entre le SLECG et le gouvernement sur le recensement des enseignants fictifs pour une amélioration des conditions de vie et de travail. Vu que cet accord « n’a pas été respecté », Aboubacar Soumah et Cie décident encore d’aller en grève.

Boubacar Siddighy Diallo, président de l’UMP, n’est pas allé du dos de la cuillère pour donner raison au SLECG. Dans un entretien qu’il nous a accordé, l’opposant rappelle même que depuis un certain moment le Syndicat réclame un traitement favorable. Pour lui, c’est une, « très bonne chose » d’aller en grève pour mettre la pression sur le gouvernement. Ci-dessous un extrait de son intervention…

« C’est une très bonne chose. Parce que j’ai toujours dit qu’en République de Guinée plus de 90 % des travailleurs n’ont pas de salaire. Ils n’ont que des indemnités de précarité. Le salaire, c’est la contrepartie d’un travail effectué pendant les 30 jours du mois. Mais c’est également le revenu qui vous permet de vous affranchir de certaines pesanteurs à la base. C’est-à-dire le salaire doit pouvoir couvrir vos besoins en nourriture, en déplacement, en logement et en soins de santé. Si le salaire ne couvre pas ces quatre éléments, ce n’est pas un salaire, c’est une indemnité de précarité, c’est-à-dire que c’est une indemnité qui vous permet de survivre.

Alors que le salaire doit pouvoir faire vivre son bénéficiaire. Donc le SLECG est bien-fondé de droit à réclamer qu’on rehausse le traitement des enseignants. Mais j’aurai aussi souhaité à côté du salaire que le SLECG aussi soit conscient que 80 % du corps enseignant doit être formé. aujourd’hui si vous voyez le niveau de l’éducation a chuté en Guinée, c’est par rapport à cette formation accélérée de 2 ans où tous les Guinéens ont pêché en famille, au lieu d’envoyer le meilleur d’elle-même pour pouvoir assoir une base éducative pour le bien du pays et pour le futur, chaque famille a envoyé les personnes qu’elles savaient qui n’avaient pas eu la capacité de suivre un cycle normal…

Le SLECG doit pouvoir mettre dans son chronogramme un système qui permet de rehausser le niveau des enseignants de leur donner suffisamment la pédagogie. Mais avant, la pédagogie, qu’ils puissent maîtriser au moins la langue dans laquelle le savoir à véhiculer le français. Vous pouvez voir un enseignant qui n’est même pas capable de vous faire un petit texte. Donc lorsque celui qui donne ne l’a pas, celui qui recevra ne l’aura jamais ».

Propos recueillis par

Amadou Tidiane  Diallo

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