Guinee

Grève du SLECG : Oumar Tounkara tacle Aboubacar Soumah « Cette grève est inopportune »

Dans un entretien diffusé à la RTG le dimanche 12 janvier 2020, l’ex bras droit d’Aboubacar Soumah secrétaire général du SLECG a fustigé le mot d’ordre de grève declenché par ses anciens amis. Oumar Tounkara estime « inopportune » vue l’état actuel des choses.

« Nous devons avoir le courage et l’intelligence de faire confiance à l’autorité et quand elle parle surtout que c’est vérifiable dans le temps. Cette grève, elle est inopportune dans la mesure où, les enfants que nous avons sous la main sont les nôtres. Il y a trois ans, les grèves ont été organisées, mais elles n’ont presque aboutit à rien.

Nous devons à un certain niveau de responsabilité savoir raison garder, privilégier l’intérêt national, que nous partions en négociation pour que les enseignants aient un salaire descend et qu’on améliore nos conditions de vie et de travail à travers les négociations mais aussi il faut qu’on tienne compte de l’intérêt de nos élèves qui doivent aller à l’école pour apprendre ou étudier parce qu’on dit que la jeunesse est la relève de demain et tant vaut l’école, tant vaut la nation >>, souligne d’entrée Oumar Tounkara.

Poursuivant, il rappelle que si ses anciens camarades sont aujourd’hui face aux autorités pour discuter des problèmes des enseignants, c’est parce qu’ils avaient été enseignés par leurs maîtres et que par conséquent, ils ont en contrepartie le devoir d’enseigner les enfants d’aujourd’hui.

« Si nous, nous sommes en face de l’autorité, nous discutons des problèmes de la corporation, c’est parce qu’on nous a mis à l’école et que nos maîtres nous ont enseigné et nous devons en contrepartie enseigner les élèves et leur donner un bon comportement comme disait l’autre  « nous naissons chargé d’obligations de toute espèce envers nos prédécesseurs, nos successeurs et nos contemporains ». Donc il faut privilégier les négociations et faire en sorte que les cours se poursuivent normalement pour le bien du système éducatif guinéen et pour la paix en Guinée », a lancé M. Tounkara, tout en interpellant le gouvernement sur la nécessité d’ouvrir le dialogue avec les grévistes pour l’augmentation des salaires dès ce mois de janvier.

« Je demanderai respectueusement au gouvernement d’ouvrir le couloir des négociations à partir du lundi 13 janvier pour fixer le taux d’augmentation des primes et que cela ait un impact et qu’il soit constaté par les enseignants à partir du salaire de janvier 2020 », a-t-il sollicité.

Par ailleurs, Oumar Tounkara tente de blanchir le professeur Bano Barry, accusé par le sécrétaire général du SLECG d’avoir tripatouillé le processus de recensement des enseignants. Selon Tounkara, Bano a réalisé un travail clair et net.

« Les accords passés ont été respectés en plusieurs points. Il n’y a que le point du recensement qui restait. Ce recensement est fait par Dr Bano qui, à mon sens a fait un travail limpide, collégial dans la mesure où ce travail a été fait par deux équipes dont quinze membres du SLECG et quinze de la partie gouvernementale. Après que le travail ait été fait par les deux groupes, je suis sûr que, ce que Dr Bano a présenté est un travail limpide. Mais il faut être cohérent et conséquent, vous ne pouvez pas faire un travail avec une équipe et que ce travail soit mené de bout-en-bout et qu’au terminus vous dites que vous n’êtes pas d’accord. Je crois que même si ce qu’on a obtenu et en deçà de ce qu’on attendait, c’est de reconnaître d’abord la sincérité du recensement et demander que maintenant le gouvernement fasse des efforts pour augmenter le montant afin que les enseignants aient un salaire vital. Mais nier l’évidence, je crois que c’est une incohérence et ce n’est pas digne d’un syndicat responsable.

Si après tout, ce qui est obtenu en finance ne répond pas aux attentes des enseignants, c’est d’aller vers le gouvernement en toute humilité, responsabilité et objectivité dire au gouvernement de faire des efforts pour augmenter ce montant. Tout doit être arrangé dans le dialogue avec pour base le respect réciproque et la confiance. Mais on ne peut pas négocier s’il y a un déficit de confiance », martèle l’ancien numéro 2 du SLECG.

Pour terminer, Oumar Tounkara appelle les différentes parties à assumer chacun en ce qui lui concerne sa part de responsabilité pour enfin sortir dans cette crise.

« Nous enseignants avons la responsabilité sociale la plus importante. Nous avons pour rôle d’enseigner et d’éduquer. Je voudrais demander respectueusement à tous les enseignants de reprendre le chemin de l’école. Au syndicat de privilégier la négociation. Qu’on fasse, quel que soit le temps qu’on mettra dans la rue, on finira toujours autour de la table.

Le gouvernement d’être dirigeant afin que d’ici fin janvier le tout soit réglé sur ce que les enseignants doivent gagner qu’ils le perçoivent à partir de cette fin de mois pour que les pessimistes et optimistes sachent que quand le président parle, c’est la plus haute autorité qui parle », a-t-il laissé entendre.

Une synthèse de Moussa Thiam

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *