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GUINÉE : L’OPPOSITION POLITIQUE S’EST-ELLE SCLÉROSÉE ?

Jean-Marie Doré, homme politique guinéen (1936-2016), qualifia l’actuelle opposition politique, d’être, je cite :  » La plus bête de l’Afrique « . Avec la chienlit constitutionnelle actuelle, en République de Guinée, faut-il craindre, les conséquences de la prophétie de l’ancien premier ministre, sur l’éventualité d’un 3ème mandat présidentiel, au bénéfice du dictateur Alpha, en 2020 ?
L’heure est venue, de passer de la parole aux actes, pour consolider, ou non, notre jeune démocratie.

En effet, une opposition désigne l’ensemble des mouvements et partis, qui s’opposent aux forces politiques, détenant le pouvoir exécutif. Dans un régime représentatif, doté d’une Assemblée nationale, élue par les citoyens, l’opposition est l’ensemble des partis politiques, qui n’appartiennent pas à la majorité parlementaire, ou à la mouvance présidentielle.
Par ailleurs, dans un régime dictatorial, l’opposition peut devenir systématique.
Selon Alphonse Karr (1808-1899) :  » Une opposition systémique, se donne bien garde, de demander quelque chose qu’elle pourrait obtenir, car alors, il lui faudrait être contente ; et être contente pour l’opposition, c’est cesser de l’être « . Fin de citation.
Force est de reconnaître, qu’une opposition politique, est un élément essentiel du pluralisme démocratique. Elle exprime ses divergences et ses points de vues critiques, qui doivent être essentiel et déterminant, pour mener à bien un changement qualitatif majeur. C’est le cas d’une alternance démocratique, qui témoigne de l’existence de libertés politiques et d’un régime pluraliste, dans lequel, le parti au pouvoir accepte de se retirer, en cas de défaite électorale.
En démocratie, l’opposition permet également aux citoyens, d’être informés, de manière contradictoire, sur la politique conduite par le gouvernement, et de leur proposer une alternative politique, sur la base d’un projet de société, fiable et réalisable.

Une opposition ne peut exister et s’épanouir, qu’au sein d’un système politique organisé, qui reconnaît ses droits. Dans un passé récent, les systèmes politiques africains, s’organisaient autour d’un parti unique, à l’exception du Sénégal. Rappelons que la violation systématique des droits de l’opposition, peut conduire à une lutte clandestine. Des lors, on parle de résistance. La résistance politique contre l’oppression, est symbolisée par la capacité physique, intellectuelle et morale, de parvenir par tous les moyens, à s’opposer aux projets et aux desseins, ainsi qu’aux volontés d’un individu, d’un groupe ou d’une autorité, désavoués par la majorité d’un peuple souverain (article 21 de la Constitution guinéenne de Mai 2010).

Il convient de reconnaître, qu’une dictature ne peut prospérer, que face à une opposition lâche, irresponsable, opportuniste, corrompue, voire toute opposition qui est vouée à trahir ses propres convictions politiques, et, par conséquent, à trahir les attentes du peuple, pour lequel, elle prétend vouloir défendre.

Sous le régime de Lansana conté, les opposants politiques d’alors, notamment Bâ Mamadou, Alpha Condé, Jean-Marie Doré et Bah Oury, entre autres, sont passés de l’opposition Classique, à l’opposition systématique. Certes, ils étaient tous des opposants politiques désoeuvrés, mais ils étaient aussi des hommes courageux, dignes et responsables. Ils ne soudoyaient jamais leurs convictions politiques, au détriment de l’intérêt supérieur de la Nation.
Depuis la mort de Bâ Mamadou et l’avènement d’Alpha Condé au pouvoir, en 2010, suivi du  » musellement de Bah Oury à travers le fallacieux complot « . Né du fantasme pharaonique d’Alpha Condé, en 2011, l’opposition politique, est devenue la passoire des principes et les valeurs de notre État de droit.
Et si Alpha Condé, parvenait encore, à imposer son satanique projet de 3ème mandat, en 2020, au grand dam du peuple martyr de Guinée ? Quels seraient, alors, les réactions des leaders politiques de l’opposition, tels Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Lansana Kouyaté, Bah Oury, Abdoul Kabélé Camara, Ousmane Kaba et Cie ? Continueront-ils, bon gré mal gré, de se cramponner, encore et encore, à la tête de leurs partis politiques respectifs, après le mois d’octobre 2020 ? Sinon, parviendront-ils à transférer, dans les conditions démocratiques requises, le leadership de leurs formations politiques, à leurs fils putatifs ?

Selon la Constitution du 7 Mai 2010, Alpha Condé terminera son 2ème et dernier mandat au mois de d’octobre prochain. Autrement dit, l’opposition politique, a juste trois mois, pour lutter et obtenir la première alternance démocratique, au pouvoir, depuis l’indépendance de la Guinée, le 2 octobre 1958.
À défaut d’alternance politique, au pouvoir, en 2020, la logique recommande, que les grands leaders des partis politiques, de l’opposition actuelle, disparaissent à tout jamais, de la scène politique guinéenne, pour cause avérée, de décennie chaotique, soldée par une succession dramatique, d’échecs politiques.

Papa Attigou Bah
Leader de L’Union pour la Démocratie et le Progrès de la Guinée (UDPG)

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