Guinee

Guinée : Un pays vaut ce que valent les hommes qui sont aux manettes

Même si la vérité peut déranger un certain nombre de personnes, nous devons avoir le courage de dire les choses telles qu’elles se présentent. Certains éléments de la société guinéenne ont l’arrogance de penser qu’ils sont les seuls capables de gouverner la Guinée, comme si la politique était un travail ou une compétence en soi. Incapables de gagner leur vie à la sueur de leur front, ils font de la politique leur gagne-pain. D’autres, des « mbatulas » de première classe, nantis d’aucune conscience et dont les forfaitures sont essentiellement guidées par des motivations économiques à l’instar des premiers, semblent jouer le jeu de la fausse naïveté en s’accommodant de la politique délibérée d’extermination de leur propre communauté au mépris du sentiment de dignité et d’honneur. Ces avatars du mal sont le cancer incurable de notre société. Ils changent de veste au gré du vent pour assouvir un besoin superficiel de prestige.
Sous le règne de M. Alpha Condé notamment, on assiste à l’effondrement de l’ordre constitutionnel caractérisé par l’émergence d’un système politico-tribal verrouillé par des mécanismes machiavéliques de domination. Nier l’évidence que l’intégrité morale de certains cadres guinéens et la légitimité de nos institutions sont aujourd’hui remises en cause, c’est être complice de la misère du peuple. Aujourd’hui, la qualité dominante des hauts cadres guinéens s’est réduite à avaliser les sales besognes de l’exécutif au mépris de la construction d’un État véritablement républicain. L’avalanche de cadres et d’officiers sans conviction, jadis le noyau dur autour de Conté, au sein de l’actuelle administration conjuguée à l’amateurisme d’un nouvel exécutif plein de fiel, symbolise l’ascension fulgurante d’une vision misérabiliste de la gouvernance.
À priori, le serviteur de l’État ne doit être prisonnier d’aucun dogme ou intérêt malveillant. En vérité, les politiques guinéens semblent bien s’accommoder des entorses de la profession lorsque le pouvoir central les caresse à coup de billets de banque et de promesses fallacieuses sans lendemain. Cette lutte systémique entre les valeurs et l’opportunisme démesurée permet d’expliquer les insuffisances de notre pays sur le plan stratégique. Un système où tout tourne autour des élites et pour les élites, et où les qualités professionnelles et les valeurs pèsent moins dans la balance que la fidélité aveugle des cadres à un exécutif qui prêche pour sa propre paroisse, ne peut pas contribuer au développement du pays.
Il est crucial de comprendre que le peuple est le seul socle du système et qu’aucun dirigeant n’est indispensable en soi, car les valeurs qui encadrent la gouvernance et le développement sont la responsabilité de chacun et de tous. C’est dans ce sens que s’inscrit ma vision pour un développement participatif qui se propose de vaincre les velléités exclusivismes et égocentriques propres à nos dirigeants. Face à de telles particularités qui exacerbent les déséquilibres macroéconomiques et l’instabilité sociale, il est impérieux d’analyser les enjeux liés au sous-développement de notre pays de façon pragmatique, et sans langue de bois. En adoptant cette approche, on pourrait construire une base de réflexion sur les causes profondes de notre retard pour en apporter des mesures correctives endogènes.
Lorsque le doute persiste sur la qualité du service public, c’est qu’il y a un problème de compétence au sommet ou une question de choix stratégiques pertinents. Le véritable changement consiste à dépoussiérer le système, à aller de l’avant dans les réformes en inversant le rapport de forces entre gouvernants et gouvernés, dans le respect de la loi. En s’inscrivant dans une logique d’aménagement du système, on maintien le statu quo et le développement devient utopique. D’où le désordre et le manque de discipline qui règnent en Guinée. Indubitablement, là où il n’y a pas de vision et de leadership, le peuple déchante.
La misère du système de gouvernance guinéen mis à profit par l’actuel président et sa garde rapprochée pour dépouiller le peuple, exige une prise de conscience de l’élite administrative locale qui doit se matérialiser par la démission honorable de certains hauts cadres. Il y a quatre choses que les vrais patriotes ne sacrifient jamais à un chef : leur conscience, leur dignité, leur honneur, et l’intérêt de la patrie. La tendance des régimes guinéens à promouvoir l’impunité, l’esprit courtisan, l’absolutisme et l’omnipotence comme moyen de patrimonialisation de la chose publique, symbolise de façon claire le rôle joué par nos gouvernants dans le rétrécissement des valeurs auxquelles nous sommes attachés.
Ce constat accablant du fonctionnement de l’appareil d’État guinéen doublé des sombres perspectives économiques pour le pays, ne rend peut-être pas justice à certains cadres de valeur de l’État, mais il est dans l’intérêt suprême de la nation de comprendre que le leadership au sommet de la hiérarchie politique est nécessaire à l’accomplissement de toutes les tâches confiées aux fonctionnaires. Le devoir de loyauté d’un cadre de l’État à l’exécutif suprême découle de l’obligation d’exécuter le contrat social entre gouvernants et gouvernés, sans se plier aux humeurs du pouvoir central lorsque celui-ci est dans l’illégalité. Concrètement, cela veut dire que pour rétablir la République, nous devons changer de vision et adopter d’autres façons de faire et d’agir.
Lorsqu’on examine les causes profondes de l’effondrement de notre société, on ne peut pas nier l’évidence du droit de vie et de mort sur les populations que se sont octroyés nos régimes. Depuis l’intronisation de M. Alpha Condé, la liberté et la justice se rétrécissent comme peau de chagrin. L’institution « sécuritaire », sous la bénédiction de l’exécutif, agit comme si la vie des uns valait mieux que celle des autres. Ce « terrorisme d’État », car c’est bien de cela qu’il s’agit, défini comme « L’exercice illégitime par le pouvoir central de son monopole de la violence (physique et mentale) sur son propre peuple », est pleinement assumé par l’actuelle administration sous le faux prétexte d’assurer la stabilité du pays.
La Guinée ne compte pas que des Bah, des Baldé, des Barry, des Diallo et des Sow ; mais comme par un triste hasard du calendrier du « massacre » de la démocratie, il se trouve que seule la communauté peule est en apparence systématiquement ciblée. En exhibant sa puissance répressive ou en affichant des velléités de violence envers cette communauté, l’exécutif cherche à créer un climat de division et de terreur en donnant le plus de publicité possible aux actes de barbarie. Cet état de fait apparaît comme une caractéristique spécifique de ce régime puisque durant la première et la deuxième République, toutes les ethnies avaient fait les frais des dérives sanguinaires de l’État. Dans les conditions actuelles de gouvernance du pays, la notion d’un État guinéen terroriste prend encore plus son sens.
Si le massacre systématique des citoyens issus d’une même communauté ethnique ne constitue pas un crime planifié, alors la Cour Pénale Internationale (CPI) et l’instance judiciaire de la CEDEAO se doivent d’édifier les Guinéens sur la notion de crime contre l’humanité. D’autant plus que toutes les portes de la justice en Guinée sont fermées. L’image des organisations communautaires africaines se dégradent à mesure que les personnes aux manettes ont une affinité certaine avec les dirigeants des régimes délinquants.
La démocratie suppose la confiance dans les règles du jeu. Quand ces règles sont systématiquement violées par ceux qui sont censés les faire appliquer, on instaure une société anarchique sur fond d’oppression interne et d’incivisme. L’effet immédiat de la rupture de confiance entre le corps social et le pouvoir en place, dans un contexte local particulier où les institutions publiques et une partie de la société reste emmurées dans un silence coupable, conduit à l’effondrement des fondements de la société.
C’est sur une nouvelle conscience qu’il faut poser les bases de notre démocratie et construire un nouveau paradigme, « en rendant à César ce qui appartient à César ». Maquiller la vérité, c’est légitimer l’impunité car c’est pouvoir tromper qui pousse nos dirigeants à tromper. Une société dont l’horizon est non pas la recherche de la vérité, mais au contraire de moyens d’accommodation aux différents systèmes de fatalisme, est condamnée à l’asservissement. Ce système est fertile aux velléités de présidence à vie.
Pour qu’un dirigeant puisse croire à sa propre imposture et s’employer à la pérenniser, il faut qu’il y ait en face un peuple pour avaliser sa forfaiture. Pour cette raison, nous devons nous affranchir de toute conscience d’accommodation de « l’hypocrisie bégnine » (ou du théâtre politique) d’un pouvoir qui n’obéit à aucune conscience. L’importance que revêt le dialogue politique en tant qu’instrument de stabilité, relève des valeurs et de la bonne foi que les parties prenantes exhibent en avale et en amont des négociations. En conviant l’opposition ou le FNDC au dialogue à ne pas en finir, le pouvoir en place, qui n’a d’ailleurs respecté aucun accord politique depuis son avènement, en 2010, et qui ne compte que sur la déception pour pérenniser ses privilèges, fait passer ces organisations pour des naïfs.
Le dialogue politique est censé défendre l’intérêt général (et non exclusivement celui des partis politiques, des gouvernants ou des prédateurs extérieurs) et s’adapter aux évolutions de la société, dans le respect de la Constitution. Si le dialogue n’est réduit à rien d’autre qu’à faire du théâtre, à un moment donné il faut avoir le courage de taper sur la table. Un troisième mandat pour M. Alpha Condé serait non seulement une violation flagrante de la Constitution, mais aussi immoral compte tenu du caractère intangible de l’article 27 de la Constitution de 2010 – la seule reconnue par le peuple de Guinée et par la communauté internationale – limitant le nombre de mandats présidentiels.
Maître de sa propre destinée, le peuple reste l’ultime arbitre dans le rapport entre les forces politiques nationales et, de par sa souveraineté, l’interlocuteur suprême de « l’élite démocratique internationale ». Même si par ailleurs cette dernière, du fait de la prédominance des velléités mercantiles sur la justice, reste souvent emmurée dans un mutisme coupable comme on a pu le constater depuis l’avènement de M. Alpha Condé au pouvoir. Ce sentiment de mépris supplémentaire envers notre peuple, risque d’alimenter le vivier de la violence qui pointe à l’horizon et de déstabiliser toute la sous-région.
La majorité silencieuse locale et internationale doit avoir le courage de rompre avec la discrétion pour aider à poser les jalons de la construction démocratique de l’Afrique. En restant emmuré dans une semi-léthargie reposant sur aucun principe patriotique/républicain, on devient complice de toutes les forfaitures imposées aux Africains. Selon l’Unesco, « C’est l’engagement politique de tous, (de quelque manière qu’ils s’y prennent), qui peut aboutir à une société plus humaine dans laquelle la citoyenneté pleine et entière soit, non pas le privilège de quelques-uns, mais le droit et la conquête de tous ».
Il importe de lever l’amalgame sur les mouvements populistes anti 3ème mandat dont certains éléments du pouvoir central se plaisent à caricaturer d’actions relevant du djihadisme. Dans sa connotation péjorative, le djihadiste, c’est celui qui commet des actes de violences gratuites à l’encontre des innocents. Il est donc d’une importance cruciale de savoir qui, de l’État guinéen, de l’opposition ou du FNDC, est le véritable djihadiste. Les hâbleries auxquelles nous ont habitués les régimes délinquants africains, ont pour objectif de déconstruire la réalité en vue de masquer leur incompétence notoire et, au passage, de saper les actions des mouvements républicains.
Notre ambition essentielle, c’est de prendre notre destin en main en s’assurant que les affaires de l’État soient dorénavant conduites par des citoyens de conviction et que le pays ne soit plus pris en otage par les fossoyeurs de la démocratie et leurs « amis » étrangers, les prédateurs extérieurs. Aujourd’hui, on ne peut pas gérer un pays lorsqu’on a une vision sommaire des enjeux géopolitiques internationaux caractérisés par une conception marchande des relations. Si vous cherchez un pays ami dans ce cafouillage géostratégique, autant adopter un chien car chacun y va de ses intérêts.
Tout le monde ne souhaitant endosser le rôle de politicien dans la construction d’une nation démocratique, certains d’entre nous doivent se mettre au-dessus de la mêlée pour transmettre les vertus du « Leadership transformationnel ». L’émergence progressive d’une nouvelle jeunesse guinéenne ouverte d’esprit permet d’espérer que nos compatriotes n’auront plus besoin de souffrir pour se réveiller. De nos jours, rien que la connaissance des enjeux géoéconomiques sur fond d’escroquerie extérieure et intérieure doit permettre l’éveil des consciences.
Au-delà de ce phénomène, c’est par la justice et la solidarité nationale face au fonctionnement arbitraire de l’État que nous pourrons créer une société égalitaire. Si nous fermons les yeux sur les mépris des politiques envers le peuple, les générations futures nous le rappelleront. En refusant le dogmatisme, nous pouvons adoucir les comportements tendancieux de nos dirigeants et donner la chance aux citoyens de s’épanouir, de comprendre le système et de débusquer l’arbitraire. Autrement dit, en replaçant la doctrine justicialiste de Edgar Gavidian dans le contexte guinéen, on peut s’accorder sur le fait que « […] pour contrer et endiguer l’état lépreux de la misère […] » de notre système politique, le peuple doit prendre ses responsabilités.
Les libertés individuelles les plus fondamentales que sont les libertés d’opinion, d’expression, de pensée, de conscience, de religion et le droit à la vie sont des droits auxquels on ne peut y porter atteinte, même en cas d’état d’urgence. Dans notre système politique, le président de la République ne peut pas se substituer aux textes de loi en prenant des décisions non conformes à la Constitution. En le faisant, il affiche des velléités totalitaires qui lui valent d’être déchu de ses fonctions, de quelque manière qu’on s’y prenne.
Si les dérives sanglantes du pouvoir nous empêchent d’exercer notre droit constitutionnel de manifester, il y a des moyens efficaces, légaux et moins susceptibles d’entraîner des conséquences collatérales fortuites pour en finir avec un régime engagé dans une démarche Hitlero-Stalinienne. Ces jeunes qui risquent leur vie dans les manifestations sont un levier socio-économique stratégique pour la Guinée, et ceux qui en sont morts, des martyrs de la démocratie qu’il ne faut pas oublier. C’est pourquoi, dorénavant nous devons chercher à diluer le risque de pertes en vies humaines, en faisant preuve de créativité, et s’employer à déferrer tous les criminels politiques devant les juridictions pénales locales ou internationales qui en ont la compétence.
Le fait que la Guinée demeure une oppression réside dans l’état de décrépitude des institutions qui, à ce jour, n’ont assigné et mis sous les verrous aucun politique guinéen pour des faits de corruption ou de crimes politiques. Les velléités de changement de la Constitution de 2010 reflètent la volonté manifeste de l’actuelle administration de verrouiller le système judiciaire en supprimant l’imprescriptibilité des crimes économiques, voire politiques, en cas d’un éventuel changement de régime. Cette impunité généralisée nourrit le populisme et par ricochet le sentiment de ras-le-bol des populations. Pour rétablir l’État de droit en Afrique, il est crucial de mener des actions dans le sens de la normalité en favorisant l’émergence d’une conscience citoyenne, tant au niveau local qu’au niveau de la concertation internationale, capable de transcender les clivages improductifs et attirer l’attention vers la justice et le développement pour tous.
Selon un certain contexte, les Guinéens souffriraient d’une double oppression. Une oppression infligée par des forces externes qui agissent sur nos pouvoirs politiques corrompus en vue de pérenniser leurs intérêts égoïstes, et une oppression interne qui, elle, relève de l’appétence des dirigeants qui détournent l’intérêt général au profit de leurs intérêts propres. Du point de vue de la stabilité sociopolitique comme facteur de développement, l’idée d’un droit de résistance à l’oppression trouve sa source dans la perversion du système sur fond de domination des plus forts sur les plus faibles. La corruption légendaire doublée des scandales financiers et miniers qui caractérise le fonctionnement de l’État guinéen, ne semble pas freiner le zèle de certaines institutions internationales à l’égard du pouvoir de Conakry. « Si la corruption est bien rodée, la mafia se fait toute discrète », disent des analystes politiques.
Même si les faits de spoliation des deniers publics restent encore à prouver, le train de vie extravagant de nos dirigeants, de simples commis de l’État, laisse perplexe sur leur bonne foi. Le comble de cette arrogance, c’est qu’aujourd’hui les fruits de l’effort des Guinéens sont pompés par une minorité prédatrice rentière qui a réussi à faire main basse sur le pouvoir économique. Leur ambition est d’imposer un troisième mandat au peuple en vue de pérenniser les intérêts du clan. Le pouvoir central étant une mafia et la Guinée un peuple d’opprimés, nos dirigeants n’en font qu’à leur guise sous l’œil quasi indifférent de la communauté internationale. Pour les opportunistes, appartenir à cette mafia constitue un tremplin pour s’enrichir ou pour faire carrière dans les affaires.
Nous, cadres et intellectuels guinéens de conviction, restons à la disposition des organisations républicaines engagées sur le terrain politique et social local pour renforcer l’unité d’action dans la prise de décisions stratégiques. Quitte à faire preuve de pragmatisme, de réalisme et de solidarité, on pourrait rendre la Guinée aux Guinéens et faire de notre pays une République respectable par son savoir-faire, sa transparence et sa justesse. M. Alpha Condé ayant franchi l’infranchissable en tournant le dos au monde entier et en continuant à enfreindre les lois de la République en toute impunité, personne ne peut condamner le peuple martyr de Guinée de s’ériger en premier rempart contre les pulsions agressives d’un État dont la seule inspiration est le pire.
Désormais, « Les criminels doivent savoir que ce n’est pas en violant les droits à grandes échelles qu’ils acquerront le pouvoir ou le conserveront », a dit Luis Moreno-Ocampo, ancien procureur de la CPI. Tachons d’en faire une réalité pratique en faveur de la justice et la capacité de créer de la richesse pour tous les Africains. Certes, ce noble combat doit être mené par les Africains eux-mêmes, mais le bon sens recommande que la seule détermination politique d’un pouvoir ne puisse pas permettre à celui-ci de s’accrocher inlassablement à des velléités souverainistes dans un contexte de faible indépendance de l’appareil judiciaire ou électoral local.
En d’autres termes, lorsque les droits d’un peuple privé de représentation formelle sont violés, les institutions spécialisées internationales dont l’autorité morale n’est pas encore remise en cause, devraient normalement exercer la plénitude de leurs prérogatives de puissance publique internationale au service du droit. Le but, c’est de faire de l’ensemble des mutations positives de nos sociétés un véritable rempart contre l’exercice arbitraire du pouvoir.

Thierno Aliou Bah, MSc., MBA
Chief Strategy Officer

Cc : Cour Pénale Internationale ; Cour de Justice de la CEDEAO

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