Guinee

Installation des conseils de quartiers et de districts : « Est-ce pour distraire ou pour résoudre le problème…c’est une opération de charme », estime Jacques Gbonimy

Depuis la publication du décret du président de la République le Professeur Alpha Condé invitant le ministre de l’administration du territoire à procéder à l’installation des conseils de quartiers et districts, les leaders politiques n’ont pas pris assez de temps pour réagir. Jacques Gbonimy président de l’UPG, a dans l’émission ‘’Les grandes gueules’’ de la radio Espace FM, le 19 juin 2020, estimé que « c’est une opération de charme ».

Depuis les élections communales de 2018, nous sommes à l’attente de l’installation des conseils de quartiers. Contrairement à ce qui a été annoncé par le ministre de l’Administration du territoire, le président de la République prend un décret pour demander à installer les chefs de quartiers. Pour Jacques Gbonimy cette question devrait être réglée depuis 2018, mais la mouvance selon lui, s’était opposée.

« C’est suite aux accords que l’Assemblée nationale à l’époque en 2017 avait adopté un code électoral qui précisait dans son article 104 que les entités qui ont participé aux élections communales et qui ont eu des résultats doivent étendre leurs résultats sur les quartiers et districts. Donc cet article 104 précise la désignation des membres et leurs nominations par le maire de la commune rurale ou urbaine à la suite d’un arrêté qu’il prendra avec l’accord de la commission de centralisation. Pendant que j’étais à la CENI, nous avions organisé les élections communales c’était pour aller jusqu’à la mise en place des conseils de quartiers, de districts et régionaux. Mais ceux qui ont fait le code électoral l’ont fait à leur image c’est-à-dire les députés qui étaient à l’Assemblée nationale et qui avaient même signé l’accord avant même ce code électoral ont saboté. C’est vrai que l’opposition à l’époque voulait qu’on installe les quartiers et districts mais la mouvance s’était opposée. La question qu’on se pose aujourd’hui, c’est pourquoi après 2 ans, 5 ou 6 mois, le président de la République revient sur cette question pendant qu’on est en train de penser sur la présidentielle », s’interroge-t-il.

Pour lui une telle situation peut être réglée en application de la loi qui stipulait l’octroi des conseils de quartiers aux différents partis politiques ayant pris part à ces élections sur le nombre des voix obtenues par quartier. Ainsi, il estime que la seule chose qu’il faut se demander est pourquoi c’est maintenant là à l’orée des présidentielles qu’une telle décision intervient.

« A l’époque, sur la base des résultats qui étaient sorties des urnes, on avait fait la situation des différents quartiers et districts pour la mise en place de ces conseils. Mais, la volonté politique de l’époque surtout de la mouvance n’avait pas favorisé ce travail. Donc la CENI a encore dans ses archives ces résultats. Pour moi le problème n’est pas sur la procédure de mise en place et les difficultés qui peuvent advenir et qu’on peut corriger suite à une entente comme ça toujours été par consensus. Le problème, c’est pendant qu’on est en train de penser à d’autres échéances peut être plus importantes pour qu’on soulève maintenant cette question. Est-ce pour distraire ou pour résoudre le problème qui est passé il y a longtemps. Les gens commencent même à oublier », indique Jacques Gbonimy.

A la question de savoir s’il s’agit d’une main tendue à l’opposition ce décret présidentiel appelant le ministre de l’Administration à l’installation des chefs de quartiers et de districts, le président de l’UPG estime que : « c’est une opération de compte. Je ne pense pas que ça soit pour résoudre les problèmes essentiels que la Guinée a, parce que nous sommes face à des défis par rapport à la fin du mandat », martèle-t-il sur cette décision du président Alpha Condé.

Parlant s’il y a un agenda caché derrière cet acte et le comment expliquer l’invocation de l’article 104 au moment où la révision du code électoral est prévue à l’Assemblée nationale, l’héritier du parti de Jean Marie Doré pense que ce n’est pas une priorité du moment et qu’il faudrait mieux s’occuper de l’essentiel.

« C’est l’une des contradictions essentielles de ce gouvernement en place parce qu’on ne peut être en train de réviser le code électoral et vouloir appliquer le code qu’on est en train de condamner s’il faut dire ainsi. Pour moi, c’est une opération de charme qui ne va pas aboutir parce qu’à l’époque où on devrait appliquer les possibilités étaient là et ça été sabotées. Je ne pense pas que ça soit maintenant là une priorité aujourd’hui. Il faut s’occuper de l’essentiel. Les résultats des communales sont encore disponibles et sont classés dans les archives là-bas. Ça peut être utilisé pour mettre en place les conseils de quartiers. Il s’agit simplement d’une volonté politique du gouvernement et de l’ensemble des acteurs politiques. Ce n’est pas de façon partielle qu’on va résoudre ces problèmes », a-t-il laissé entendre.

Pour le président de l’Union pour le Progrès de la Guinée, cette façon de désignation des chefs de quartiers pourrait être à l’origine des tensions entre les populations et puis les autorités locales.

« N’oubliez pas qu’il existe déjà des tensions et nous vivons une crise qui peut susciter des problèmes à tout moment et à tout endroit. Je pense qu’il faut un dialogue sincère et applicable pour que nous puissions résoudre les problèmes mais ce n’est pas de façon partielle qu’on va résoudre les problèmes essentiels de la Guinée. Maintenant là, je ne crois pas au décret d’Alpha Condé invitant le ministre de l’administration à installer les conseils de quartiers… », a entonné Jacques Gbonimy.

Transcrit par Moussa Thiam

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