Entretien

Lansana Kouyaté à Alpha Condé : « Pour la nouvelle constitution, je lui ai dit que je ne suis pas partie prenante »

Dans l’émission ‘’Les Grandes gueules’’ de la radio Espace Fm, mardi dernier, le président du Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN), Lansana Kouyaté parle de l’élection présidentielle qui doit se tenir dans les conditions légales en 2020, mais aussi de son long séjour à l’extérieur du pays. L’ancien Premier ministre fait aussi des révélations sur sa dernière rencontre avec le président Alpha Condé en 2019. Lisez !

Présidentielle en 2020 ?

« On vit une situation dramatique qui est le Covid-19. C’est une pandémie gravissime qu’il faut qu’on gère comme tout le monde entier d’ailleurs.

Les élections et le référendum du 22 mars qui sont intervenus entre-temps créent problème. Il faut désamorcer tout ça, pour savoir comment il faut aller à des élections apaisées.

Les uns sont respectueux de la constitution qui a précédé l’élection du président de la République, c’est-à-dire la constitution du temps de CNT. Tandis que d’autres veulent s’accrocher à cette dernière constitution. Là aussi, c’est un problème.

Une fois qu’un problème est posé, il faut le simplifier. Même en mathématiques, c’est le cas. Quand un problème est complexe, simplifiez-le avant de chercher la solution ».

Long séjour à l’extérieur

« Je ne me compare pas à celui qui est là (Alpha Condé, ndlr). Je me compare à plusieurs cas dans le monde. Il y a beaucoup de cas où des leaders sont restés à l’extérieur, ils ne sont venus qu’après. C’est comme Yayi Boni au Bénin, il est était au BOAD, son premier coup a été son coup de maître. Il n’était pas dans la politique. C’est comme l’actuel président du Bénin qui lui a succédé.

Quand je partais à Kankan, j’ai été arrêté à Soronkoni, arrivée à Kankan on a chargé sur mes militants, il y a eu beaucoup de blessés ce jour. Vous avez oublié mon voyage à Fria où je devais apporter assistance à une population totalement dépossédée par le fait de la fermeture de l’usine. On m’a bloqué à 40 km de Fria. Quand il fallait aller au palais du peuple, aucun opposant n’y était. Mais moi suis allé, on a encaissé combien de blessés ce jour ? On a été bloqué à Madina. Je suis absolument quelqu’un qui est engagé pour que la Guinée aboutisse à la paix. Pour que la Guinée parle d’avenir, et que les Guinéens sachent que même l’impensable s’est joué dans les pays où la contradiction était encore plus grande. C’est le cas de l’Afrique du Sud où a régné un système inhumain. C’était l’apartheid ».

Dernière rencontre avec Alpha

« J’étais absolument contre qu’une constitution soit soumise au peuple. Ma position a été clairement définie et était connue.

Ce n’est pas ma conviction de l’accompagner. J’ai rencontré le président quand je suis à Conakry lors du décès de ma belle-mère. On s’est vus et il m’a posé des questions auxquelles j’ai répondu.

Pour la nouvelle constitution, je lui ai dit que je ne suis pas partie prenante. Parce que ce n’est pas bon et je lui ai donné les raisons. Pour l’élection de l’assemblée nationale, je lui ai dit qu’on organise le scrutin matin. Le mandat des députés venait d’expirer. Il ne fallait pas laisser le temps passer. Sinon on s’installe dans un vide. Et c’est qui s’est passé.

Je lui ai dit de commencer par les législatives, mais cela demande du travail parce que le fichier électoral doit être totalement assaini pour que la légitimité colle aux lois. Il m’a donné une réponse, mais ce n’est pas la peine de dire de tout ça.

Quand on ne veut pas se présenter, on le dit très tôt. Le président Issoufou du Niger l’a fait. Le président mauritanien aussi.  L’entourage du président Condé  disent par-ci, par-là qu’il faut qu’il reste ».

Une synthèse de Sadjo Diallo

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