Monde

Le Mali isolé par la CEDEAO : Un camion de bétail dédouané à 7 millions 200 mille GNF


Après le putsch au Mali, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a annoncé l’isolement du pays pour protester contre le renversement du régime d’Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) dont le mandat n’était pas échu. Pour de nombreux guinéens qui font des affaires au Mali, la fermeture des frontières a aggravé une situation déjà rendue inconfortable à cause du coronavirus. Parmi eux, figurent les importateurs de béliers Maliens, qui tirent le diable par la queue. Interrogé sur la question par notre reporter dans la journée du jeudi, 27 août 2020, Mamadou Nadikha Bah, importateur installé au marché à bétail de Simbaya Gare, a raconté leur calvaire.
« Depuis la fermeture à nouveau de la frontière entre la Guinée et le Mali, nous rencontrons assez de difficultés. Du point de départ ici à Conakry jusqu’à la frontière, nous rencontrons énormément de problèmes. Non seulement la route est impraticable mais la aussi les tracasseries policières au niveau des différents barrages nous fatiguent. D’abord avec le dédouanement, on a commencé à 500 mille GNF par camion. Aujourd’hui, nous sommes à 7 millions 200 mille. Le mois passé, avant le putsch au Mali, le dédouanement était à 6 millions 200 mille, mais aujourd’hui à cause de la fermeture à nouveau de la frontière, ils ont augmenté un million. Ce qui fait maintenant 7 millions 200 mille GNF », a révélé notre interlocuteur.
Poursuivant, le marchand de bétail dénonce les autres tracasseries entre la frontière Malienne et Conakry. « Notre douane n’a pas pitié de nous, pourtant nous travaillons non seulement pour notre intérêt aussi pour l’intérêt de la population guinéenne, y compris l’Etat. Imaginez maintenant un camion ne prend que 57 bétails, au maximum 60 bétails. On loue le camion à 6 millions GNF.
Dans le territoire Malien, il y a des frais que nous payons avant d’arriver à la frontière. C’est dans notre territoire que nous payons énormément d’argent. Après le dédouanement à la frontière, à chaque barrage, on nous donne des reçus qui varient entre 200 mille et 180 mille GNF. A Siguiri, on pays 100 mille avant de passer. Arrivé à Dabola, là aussi on paye 100 milles GNF ; à Mamou aussi, c’est 100 mille. C’est la même chose à Kindia et au KM 36. Si on rentre la nuit au niveau de Kagbélen, on nous demande de payer 100 mille GNF pour nous convoyer jusqu’à la destination. Sinon, on nous oblige de passer la nuit là-bas tant disque les bétails trépassent ».
Selon Mamadou Nadikha Bah, toutes ces tracasseries se répercutent sur les prix des moutons qui coutent les yeux de la tête. « Tous ces frais-là sont calculés et mis sur le prix du bétail. Voilà ce qui explique la cherté des bétails. On fait toutes ces acrobaties-là pour avoir un peu, pour subvenir aux besoins de la famille.
Toutes ces tracasseries policières-là mises de côté, on pouvait avoir un mouton à 500 milles, à un million. Mais, non ! On ne peut pas. Aujourd’hui, tu ne peux pas avoir un mouton ou une chèvre venant du Mali moins d’un millions cinq cent. Une Vache, c’est à partir de 3 ou 4 millions.
Beaucoup de nos clients pensent que c’est notre avidité qui explique la hausse des prix du bétail. On a expliqué ça, les gens ne comprennent pas. Mais on ne peut pas leur en vouloir parce qu’il faut être dans le réseau pour savoir ce qui s’y passe… »
Pour finir, notre interlocuteur invite les autorités guinéennes à leur faciliter la tâche pour qu’ils mènent à bien leurs activités et que les Guinéens puissent se procurer du bétail à un prix moins cher.
Alpha Amadou Diallo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *