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Le roi des Belges est arrivé en RDC

Le roi Philippe a été accueilli à l’aéroport par Félix Tshisekedi et son épouse. Une visite du souverain avec, en toile de fond, un travail de mémoire et de réconciliation entre la Belgique et son ancienne colonie.

Ce déplacement de six jours, à l’invitation de Félix Tshisekedi, a une forte portée symbolique, deux ans après que Philippe a exprimé, dans une lettre au chef de l’Etat congolais, ses plus profonds regrets pour les blessures de la colonisation. C’était alors une première historique.

Trois étapes sont prévues et le souverain doit prononcer un discours lors des deux premières : à Kinshasa ce mercredi 8 juin, lors d’une cérémonie avec le président congolais devant le siège du Parlement, puis vendredi, face aux étudiants de l’Université de Lubumbashi.

Pour Tracy Bibo-Tansia, coordinatrice de liaison au sein de l’ONG belge 11 11 11, il est intéressant d’observer que la Belgique et le Congo entretiennent de bonnes relations, ce qui était loin d’être le cas par le passé. Écouter l’audio en cliquant sur le lien ci-dessous

https://www.dw.com/fr/visite-roi-philippe-rdc-belgique/a-62056911

« On attend de voir ce qu’il va dire, si ce seront des excuses qui vont mener à des réparations » (Tracy Bibo-Tansia)

« On espère que, dans le cadre des contacts que les ministres auront avec la délégation congolaise, ils vont aussi parler de la situation dans les Kivus et en Ituri, mais aussi de l’emprisonnement de différents activistes. En ce qui concerne la décolonisation, je trouve que c’est intéressant que le roi belge puisse faire un discours en RDC après toutes ces années. On attend de voir ce qu’il va dire, si ce seront des excuses qui vont mener à des réparations ou s’il va répéter ce qu’il a dit il y a deux ans par rapport à la colonisation », explique Tracy Bibo-Tansia à la Deutsche Welle.

Visite dans les Kivus en periode de tensions 

Le couple royal ira témoigner sa solidarité auprès des populations meurtries, notamment les femmes victimes de viols. La dernière étape de leur périple est prévue le 12 juin à Bukavu, dans la clinique du gynécologue Denis Mukwege, co-lauréat du prix Nobel de la paix 2018.

Comme le souligne, Bob Kabamba, politologue à l’Université de Liège en Belgique, le docteur Mukwege entretient des relations amicales avec le couple royal. Le premier prix international qu’il a reçu lui a d’ailleurs été décerné par la fondation Roi Baudouin. C’est ce prix qui a permis de lancer la campagne autour des violences sexuelles en zones de conflits et de sensibiliser l’opinion publique internationale sur cette question.

« Je pense que cette visite est aussi là pour envoyer un message, permettre d’encourager le docteur Mukwege à poursuivre sa lutte, et surtout sensibiliser encore beaucoup plus la communauté internationale sur cette problématique », estime l’enseignant. « Mais cela ne suffit pas de pouvoir sensibiliser sans s’intéresser aux causes. On doit aborder les questions sécuritaires mais aussi celles liées aux pillages des ressources naturelles qui alimentent ces conflits que tout le monde dénonce. »

Vers de nouveaux partenariats ?

L’une des questions par rapport à cette visite reste celle de l’intérêt économique pour la RDC. Pour Bob Kabamba, le pays, très dépendant des investissements chinois, a l’opportunité de diversifier ses partenariats.

L’économie congolaise dépend actuellement à 80% du Katanga avec les différents sites miniers de cuivre, de cobalt, de zinc… qui sont devenus des matières stratégiques pour le monde entier.

« On sait très bien que ce secteur est essentiellement contrôlé par les entreprises chinoises au détriment d’autres entreprises, notamment les entreprises anglo-saxonnes. Donc la présence belge, notamment avec la forte délégation au niveau du gouvernement belge et avec les hommes d’affaires, va certainement être un atout pour le Congo, pour espérer diversifier les partenaires dans le secteur minier en espérant que les Belges vont revenir investir dans le secteur »,  souligne le professeur Kabamba.

Santé, éducation, formation, protection des forêts : le roi Philippe et la reine Mathilde auront un aperçu des secteurs où s’exerce l’aide au développement de la RDC, dont la Belgique est un partenaire clé, quatrième bailleur de fonds du géant africain après les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Source: dw.com

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