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Les anniversaires sans vergogne de l’Union Africaine.

Le 1er Mars 1977, Mr. Boubacar Telli Diallo, le premier secrétaire général de l’Organisation de l’Unité Africaine (prédécesseur de l’Union Africaine), fut assassiné par inanition par le régime de Sékou Touré.

À ce jour, sa dépouille mortelle n’a pas été localisée. Après l’arrestation de Mr. Diallo, Sékou Touré déclencha une campagne contre l’ethnie peule de Guinée dont Mr. Telli est issu. La guerre civile et les pogroms furent évités de justesse, grâce à la retenue dont les populations guinéennes firent preuve.  Durant ces années noires de l’histoire de la Guinée, ni l’OUA, ni aucun leader africain ne fit une déclaration publique condamnant le régime de Sékou Touré ou tout au moins en appeler à la retenue dans sa campagne vicieuse contre l’une des composantes ethniques de la nation guinéenne.

Mr. Diallo Telli fut un fervent militant de la libération du continent ; depuis sa mission de représentant permanent de la Guinée aux Nations-Unies, jusque dans ses fonctions à la tête de l’OUA où il fut l’ardent avocat de la cause de l’union dans l’Afrique indépendante. Il cimenta les fondations de l’organisation par une diplomatie vigoureuse qui permit notamment, la fusion des deux Blocs de l’Afrique indépendante : LE BLOC DE MONROVIA ET CELUI DE CASABLANCA.  Mr. Diallo Telli marqua l’histoire de l’Afrique moderne par son œuvre dans la lutte contre l’Apartheid, à travers le COMITÉ DE LIBÉRATION INSTALLÉ À DAR-ES-SALAM qui relevait directement de l’OUA et de son autorité.

La disparition de M. Diallo dans des circonstances ignominieuses est une plaie béante de l’histoire de la Guinée. Le silence qui entoure son sort, 43 années après sa mort, est une tâche qui ternit l’image de tout le continent.

Si l’Union Africaine veut être autre chose qu’un club de dictateurs, elle devrait se garder de célébrer son anniversaire sans observer une minute de silence à la mémoire du premier Secrétaire général de l’OUA et sans avoir pris des mesures pour localiser les restes de M. Diallo Telli et lui organiser des funérailles dignes de sa stature.

De telles actions seraient des messages sans équivoque aux générations présentes et du futures que l’Afrique n’est plus prête à être le continent des violations des droits de l’homme et de l’impunité qui ont ruiné les chances de développement économique et social sur le continent.

En attendant, nous guinéens devons lutter contre les silences macabres sur la tragédie qui a permis l’assassinat de Mr. Diallo ainsi que tant de nos distingués sœurs et frères et qui maintiennent notre pays dans l’ornière de la faillite.

Ourouro Bah

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