Guinee

les élections : « Ils sont en train de récolter ce qu’ils ont semé », répond Bah Oury

Interdiction de manifestations avant, pendant et après les élections : « Ils sont en train de récolter ce qu’ils ont semé », répond Bah Oury

Après l’appel à manifester les 21 et 22 mars du Front national pour la défense de la constitution (FNDC), le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, le général Bouréma Condé sort de son silence et menace les personnes qui se livreront aux actes menant aux troubles dans le pays. Dans un entretien accordé à notre reporter, le président de l’UDD, Bah Oury estime que cela est peine perdue et que l’État est en train de foncer tête baissée dans une aventure de l’auto-suicide. Lisez !

L’Indépendant : Suite à l’appel de deux journées de manifestations par le FNDC, le ministre de l’Administration du territoire annonce qu’il ne laissera personne semée la pagaille dans le pays et que les auteurs répondront de leurs actes. Qu’en pensez-vous ?

Bah Oury : Vous savez, quand on gouverne, on doit gouverner avec les lois de la République. Ce sont ces lois qui sont en phase avec les principes universels des droits de l’homme qui peuvent conférer une autorité et une légitimité au pouvoir. A partir du moment où le pouvoir même viol les règles élémentaires du principe du droit, il faudrait qu’il s’attende à perdre toute autorité et toute légitimité. Et dans ce genre de circonstance, ces instructions, ces directives, ces interdictions qui montrent beaucoup plus une attitude partiale ne peuvent pas recueillir l’adhésion de la population. Donc ils sont en train de récolter ce qu’ils ont semé.

Dans ces mêmes propos du ministre, il accuse les opposants aux élections législatives et référendaire d’être à l’origine des incendies des marchés. Quelle est votre réponse ?

Lorsqu’il dit cela, il se met à la place du procureur de la République, qui, au regard des principes juridiques est en droit de mener les enquêtes. Donc si monsieur le ministre peut dire qui a incendié les marchés et il continue à faire comme s’il ne le connait pas, cela veut dire qu’il est complice.

Jusqu’à nos jours, la lutte du FNDC ne semble pas porter fruits alors que les citoyens sont appelés aux urnes le 22 mars. Ne pensez-vous pas en train de lutter pour rien ?

Le FNDC a déjà gagné la partie. Le FNDC a déjà remporté la victoire.

Alors que vous êtes appelés aux urnes ?

Oui parce que lorsque le monde entier a perdue confiance à un pouvoir dans sa capacité d’organiser correctement des élections dans un pays, et que la communauté internationale et régionale intéresse sur le sort d’un pays et tente de faire des médiations en vue de corriger les graves imperfections qui ont été constatées, et que les autorités nationales guinéennes passent outre, il va de choix que quelques soient les résultats qui pourraient être proclamés, ces résultats n’auront pas de la majorité de la communauté internationale et régionale. Dans le contexte actuel, le gouvernement guinéen est en train de s’enliser. Il y a des situations qu’on doit comprendre par soi-même. A quoi bon d’organiser des élections qui ne seront ni reconnu par son peuple, ni par la communauté internationale et régionale. Donc c’est peine perdue. Ils sont en train de foncer tête baissée dans une aventure qui dans certaine mesure est de l’auto-suicide. Donc le FNDC a déjà gagné la partie.

Votre message.

Ce qui est dommage dans notre pays, nous n’avons pas le leadership permettant de vivre en toute tranquillité, aller dans le sens du développement et que nos autorités prennent en charge des vraies questions qui interpellent le sort du pays. Par exemple la question de l’école, la question de cette pandémie du coronavirus. Tout cela inquiète le monde entier et ici on fait si c’est de l’amusement. C’est irresponsable.

Entretien réalisé

par Moussa Thiam

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