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LES TRIBUNAUX DE MACKY/APR/BBY CRIMINALISENT LA LIBERTE D’OPINION: LIBEREZ OUMAR DIAGNE !

Par Diagne Fodé Roland

 Tout citoyen est justiciable conformément aux lois en vigueur qui sont censées conférer des droits égaux à tous. Ahurissant comme le disent ses avocats que la plainte pour « diffamation et injures…par le biais d’un système informatique » visant Oumar Diagne se soit soldée par un placement sous « mandat de dépôt », donc un emprisonnement en attendant d’un jugement. Au lieu d’une mise en liberté assortie d’une éventuelle convocation pour un procès, c’est inadmissible de mettre en prison pour une durée indéterminée un polémiste qui sur les plateaux de télévision défend avec fougue ses convictions sociétales et politiques au nom de sa conception propre du patriotisme et s’apprêtait à annoncer sa candidature pour les prochaines législatives. Au regard du constat que les délinquants économiques, les fauteurs de crimes dont les 14 victimes de mars 2021, les auteurs d’insultes ethnicistes courent les rues de Dakar en toute impunité le scandale d’un tel emprisonnement pour « diffamation » prend des allures de deux poids deux mesures dont la justice, sous l’emprise de l’autoritarisme présidentiel libéral néocolonial, est devenue coutumière au Sénégal.

Il y a là une atteinte totalement intolérable à la liberté d’opinion. IL FAUT LIBERER OUMAR DIAGNE. Cet embastillement arbitraire lève aussi un coin de voile sur un aspect particulier de la stratégie de domination « civilisationnelle » de l’impérialisme dont se font les relais dans les néo colonies les bourgeoisies compradores en Afrique et au Sénégal. C’est ce fameux « agenda LGBT » que dénonce Oumar Diagne. En effet les Clinton/Bush/Obama/Byden, Blair/Cameron/Johnson, Sarkozy/Hollande/Macron, pour ne citer que ceux là, ont tous exprimé en direction de l’Afrique et notamment le Sénégal l’exigence que leurs néo colonies introduisent dans leurs lois « les droits des LGBT ». Dès lors, cette question devient un enjeu de servilité ou résistance au diktat idéologique culturaliste de la mondialisation impérialiste sous hégémonie des USA/UE. C’est là une nouvelle stratégie culturaliste impérialiste à l’inverse de son ancienne stratégie colonialiste qui avait consisté à introduire dans les lois coloniales « la pénalisation de l’homosexualité ».

Pénalisation de l’homosexualité qui persiste jusque de nos jours dans la législation sénégalaise. La stratégie pour dominer les peuples dans le cadre de la mondialisation impérialiste sous hégémonie US/UE se fait sous l’égide idéologique de la théorie de la « guerre des cultures, des religions, de civilisations » dont fait partie « l’agenda LGBT » tout comme « le droit d’ingérence humanitaire » à coups de bombes en Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Libye, Côte d’Ivoire, Syrie, Sahel, etc. Si à grand trait ces injonctions « lgbtistes » des impérialistes semblent totalement ignorées par les pays à majorité musulmane comme le Mali, la Guinée, le Niger, la Mauritanie, l’Algérie, le Maroc, pour ne citer que ces exemples, force est de constater qu’au Sénégal le pouvoir libéral néocolonial entretient peu ou prou une ambiguïté qui éveille la méfiance, voire la vigilance vis à vis de cette faculté spécifique à une certaine élite sénégalaise à se vassaliser à l’instar de l’actuel président disant que « les tirailleurs sénégalais avaient des desserts » et ou ce vol public du nom ECO de la CEDEAO pour l’accoler à CFA de l’UEMOA par Macron/Ouattara. Ainsi constatons que même néocoloniaux, ces pays à majorité musulmane n’obéissent nullement à ces agressions idéologiques des impérialistes alors que notre classe politique libérale gouvernante néocoloniale servile est-elle poreuse et soumise directement ou indirectement à ce que veut le maître françafricain, eurafricain et usafricain.

 A ce propos est observable le fait que les intellectuels arabisants musulmans souvent ostracisés par le tout « école française » sont en pointe dans la dénonciation sur des bases religieuses, voire confrériques de cette ingérence sociétale culturaliste impérialiste. Toutefois, il faut dire clairement que mêler la dénonciation légitime de « l’agenda LGBT » néocolonial des impérialistes avec l’intolérance voire la criminalisation des homosexuels masculins et/ou féminins est injuste, inacceptable et dangereux. Les homosexuels existent depuis que l’humanité existe. On en trouve dans l’Egypte Pharaonique et tout le long de l’histoire de toutes les sociétés africaines. C’est une réalité de toutes les sociétés humaines. C’est une réalité humaine dont l’étude relève de la science, voire peut être de la médecine pour en comprendre les ressorts et la réalité profonde. La sexualité est de l’ordre de l’intime et doit le rester.

Majoritairement et de façon écrasante les sociétés humaines sont hétérosexuelles ne serait ce pour que simplement l’espèce se reproduise. Il n’y a point besoin de se faire peur en tombant dans une hystérie culturaliste de mauvais aloi qui peut tout aussi bien cacher un autre « agenda » anti-laïque. Or la laïcité Républicaine protège de l’intolérance fanatique qui débouche sur le fait de substituer « les valeurs de sa religion, de sa confrérie, de sa croyance » à la Constitution. Il ne peut y avoir qu’un seul Sénégal, qu’une seule Afrique dans lesquels tous les Sénégalais, tous les Africains de toutes religions, de toutes confréries, de toutes croyances, y compris les Athées, vivent dans le respect réciproque garanti par la laïcité.

L’homosexualité n’est pas un crime en soi, c’est la pédophilie qui l’est, c’est à dire l’abus sexuel des enfants qui n’est pas du tout une exclusivité ni des homosexuels ni des hétérosexuels. D’ailleurs chacun doit se souvenir que l’homosexualité masculine fait souvent l’objet de moqueries des mamans, des femmes, des filles dans notre société sénégalaise. Certains sont mêmes connus et célèbres selon les générations alors que des fanatiques de la domination des femmes par les hommes n’imaginent même pas l’existence de l’homosexualité féminine.

L’amalgame entre « agenda LGBT » et « défense de la polygamie » est intolérable parce la question de l’égalité entre femme et homme est centrale et le droit des femmes à dire NON à la polygamie doit être défendu bec et ongle contre le patriarcat machiste d’hommes qui nient le droit à l’égalité de nos mères, épouses et filles, cette seconde mamelle de l’humanité. Les héroïnes nationales souvent martyres que sont les femmes de Nder, la linguère Ndieumbeutt Mbodj, la reine Aline Sitoé, la pasionaria du PAI Tchoumbé Samb, les femmes militantes de l’Union des Femmes Sénégalaises (UFS) et autres sont les incarnations historiques de cette égalité femmes hommes à conquérir dans le processus de la Révolution Anti-Impérialiste sénégalaise et panafricaine.

Il n’y a pas et n’y aura pas de libération nationale souveraine et « d’union libre des peuples libres » selon la formule des communistes africains Lamine Arfan Senghor et Tiémoko Garan Kouyaté sans l’union de combat des Sénégalaises et des Sénégalais, des Africaines et des Africaines contre la domination impérialiste. 12/04/22

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