Guinee

Modification constitutionnelle de 2001 : Moussa Solano se confesse : « Nous l’avons fait dans le but de sécuriser le peuple »

Ancien ministre sous le régime du général Lansana Conté, Moussa Solano brise en fin le silence pour éclairer la lanterne des uns et des autres sur la modification constitutionnelle intervenue en 2001 alors qu’il était ministre et promoteur dudit acte. Cette modification constitutionnelle avec pour slogan le ‘’Koudaisme’’ (c’est-à-dire pour toujours), avait permis au président Lansana Conté de s’éterniser au pouvoir.

D’entrée, l’ex promoteur d’un mandat à vie du feu président Général Lansana conté précise que la modification constitutionnelle dont il est tant accusé d’être à l’origine s’est fait en toute liberté et pour le comprendre il faut aller à l’origine de la situation.

« La constitution de 1998, dont je suis un acteur qui a bien soutenu que cela était modifiable en certains articles, si la nécessité s’imposait. Je crois que c’est cette démarche qui a été faite le 11 novembre 2001. Nous avons pris un article qui a été modifié. C’est l’article concernant le mandat présidentiel parce qu’il n’y avait pas un article qui condamnait spécialement cet acte. Donc moi je pense que nous avons fait un travail libre. Il faut aller à l’origine pour savoir des raisons parce que, quand on ne connait pas des choses il est difficile pour les Hommes de se comporter d’une certaine manière. On a toujours l’impression que quelqu’un qui n’a pas tous les éléments a toujours l’impression que les gens s’amusent ou qu’ils font exprès. Mais tout obéit à un certain nombre de fait c’est-à-dire c’est toujours dans l’intérêt majeur de la nation », note-t-il dans l’émission ‘’Les grandes gueules’’ chez nos confrères de la radio Espace Fm, lundi dernier.

Cette modification constitutionnelle avait permis au président de la République d’alors de briguer un mandat de 7 ans en lieu et place de l’ancienne disposition qui prévoyait 5 ans. Pour Solano la nécessité d’aller à un mandat de 7 ans renouvelable au tant de fois était due à plusieurs facteurs dont celui de l’agression rebelle de 2001.

« Quand on est dans un État qui est dans une ceinture de feu. D’abord nous sortions d’une agression rebelle le 1er septembre 2000 qui nous a coûté cher, la Guinée-Forestière et la Basse-Guinée ont été vigoureusement atteintes par cette agression rebelle. Et ça, nous n’avions pas fini de régler cette question facilement. En ensuite le Libéria, la Sierra-Leone, la Côte-d’Ivoire, le Mali avec les Touaregs, le Sénégal avec la Casamance… tous ces pays-là étaient sous haute tension et nous étions entouré d’un cercle de feu. Nous étions dans une forte déstabilisation de la sous-région de l’Afrique de l’ouest c’est-à-dire d’une partie importante de l’Afrique de l’ouest et nous nous étions là et le mandat du président Lansana Conté expirait. Lansana Conté est un soldat de carrière », a-t-il précisé dans son récit.

Parlant du choix d’aller à cette modification constitutionnelle, aux incursions rebelles en passant par le motif réel de ce changement constitutionnel, l’ancien ministre ne semble pas abdiqué…

« Oui c’était le moment de le faire. Qui vous dit qu’à Gueckedou qu’il n’y a eu aucune mesure de sécurité. C’est une action conduite par notre gouvernement. Nous avons perdu combien de chars, d’équipements sur le terrain. Ce n’était pas en blaguant, c’était un véritable combat. Le programme majeur c’était la continuité du projet de société. Il n’y avait pas à inventer un autre programme majeur. Il y a un projet de société qui a été mis en place à une époque bien donné parce que d’abord, la constitution a été faite en 1990, neuf (9) ans de transitions. Au terme de la transition, nous avons fait une constitution.

Cette constitution au terme de mandat présidentiel, on a dit, on va retoucher la constitution pour remettre le président en place pour qu’il continue afin qu’il y ait un passage en douce du pouvoir », rappelle Moussa Solano, tout en ajoutant qu’envisager un successeur de Conté : « je ne suis pas certain que tout se passe dans une sérénité parce que déjà nous avions des signes avant-coureurs ».

En fin, malgré les multiples accusations dont il fait objet, l’ancien ministre de Conté dit n’être pas au regret des faits pour lesquels on le reproche car selon lui il n’a fait qu’exécuter une volonté populaire et c’était dans le but de sécuriser ce même peuple que ce changement constitutionnel est intervenu.

« Nous avons fait un conseil de ministre au-cours duquel nous avons décidé de proroger le mandat présidentiel. Ça n’a pas été un fait qui a été décidé par un homme comme certain le croît. Qu’il s’agit d’une décision de Moussa Solano parce que beaucoup le pense comme ça. Non !

Aujourd’hui je ne regrette pas, je ne renonce pas. Je ne suis pas dans la position de croire que ce qui a été fait a été mieux fait. Nous l’avons fait dans le but de sécuriser le peuple.

Ce qui a été fait a été fait dans les formes et c’était en conseil de ministre. Ceux qui étaient là, on les connaît et nous avons décidé de modifier la constitution. Nous avons été mandaté par le peuple », a fait savoir l’ancien ministre de l’Intérieur.

Synthèse de Moussa Thiam

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