Guinee

Montée des violences en Afrique de l’Ouest : Le cri de cœur de plusieurs associations féminines


Dans une conférence de presse, le jeudi 9 juillet 2020, à la MDP, le réseau paix et sécurité pour les femmes de l’espace CEDEAO (REPSFECO), le réseau des femmes du fleuve Mano pour la paix (REFMAP) et le réseau ouest-africain des jeunes filles leaders (ROAJELF)… dénoncent la montée en puissance des conflits en Afrique de l’ouest et dans le sahel ce, malgré la trêve décrétée par le secrétaire général des Nations-Unies en cette période de covid-19.
Malgré la persistance de la covid-19 et l’État d’urgence appliqué par les États, les conflits armés à nature terroriste ou communautaire s’accentuent en Afrique de l’ouest au grand dam de tous alors que le secrétaire général de l’ONU, et celui de l’UA avaient appelé à un cessez-le-feu pendant cette période. Parmi les populations victimes figure en grande partie la couche féminine et juvénile. Des organisations féminines dénoncent cet état de fait dans une déclaration commune.
« La région de l’Afrique de l’ouest et particulièrement la région du sahel connait depuis près d’une décennie une situation sécuritaire alarmante. La région dispose plusieurs atouts et opportunités mais malheureusement est confrontée à des attaques terroristes et conflits communautaires ayant emportés des milliers de vies humaines. Dans ce contexte, les femmes et les enfants sont victimes de plusieurs violations de leur droit (physique et sexuel) pendant les attaques, sur le chemin de l’exil et dans les lieux de déplacement et en payent le plus lourd tribu. A tout ce lot de défi sécuritaire, s’est greffée la pandémie de covid-19 qui vient exacerber le drame humanitaire dans la région. Le secrétaire général des Nations-Unies a lancé un appel le 23 mars 2020 pour un cessez-le-feu à travers le monde pendant cette période de covid-19 », note d’entrée la déclaration.
Poursuivant, ces femmes leaders indiquent avoir constaté avec amertume cette montée en puissance des conflits malgré la menace de la covid-19.
« Malheureusement il a été notée une augmentation alarmante des cas de violences dans plusieurs pays de la sous-région en cette période de pandémie et la menace s’étend de plus en plus aux régions côtières d’Afrique de l’ouest comme le Burkina-Fasso, le Mali, le Niger et le Nigeria, les violences sociopolitiques en Guinée, l’attaque terroristes à la frontière entre le Burkina et la Côte-d’Ivoire… Toutes ces violences ne permettent de répondre et de lutter efficacement contre le coronavirus », soulignent-elles.
Par conséquent, ces organisations et plateformes sous régionales féminines de la société civile de l’Afrique de l’ouest et du sahel lancent un cri de cœur en demandant l’observation du cessez-le-feu.
« Nous demandons aux mouvements armés de déclarer officiellement un cessez-le-feu pendant cette période de la pandémie, d’arrêter les attaques et de s’engager sur la voie du dialogue et de solution pacifique. Nous demandons une cessation immédiate et sans condition de ces violences et actes de terroristes et le respect du cessez-le-feu pendant cette période de pandémie et à mettre la vie, la santé et le bien-être des populations au centre des priorités. Nous demandons aux États de renforcer les mesures sécuritaires pour la protection des civils, d’éviter toutes violations des droits de l’Homme et d’accorder une attention toute particulière aux femmes, aux jeunes et enfants qui constituent les cibles les plus vulnérables », ont-t-elles lancé.
Dans la même logique d’interpellation, ces femmes invitent les États à prendre leur responsabilité dans le cadre de lutte contre le coronavirus en accompagnant les initiatives privées allant dans le sens de l’éradication de cette pandémie.
« Ce contexte de crise sécuritaire constitue un frein pour endiguer la propagation de la covid-19. Nous invitons les États à renforcer les mesures déjà prises pour éviter la transmission du covid-19, accompagner les campagnes d’information et de sensibilisation initiées par les acteurs de la société civile, lutter contre la stigmatisation des personnes et faire preuve de discernement face aux éventuelles fausse nouvelles relayées par les réseaux sociaux, qui peuvent être sources de confusion et de conflit… ».
Par ailleurs, ces femmes leaders condamnent toutes sortes de violences qui surgissent dans la sous-région : « Nous condamnons toute sorte de violence notamment celles faites aux femmes et aux filles; le rebond de l’insécurité dans le sud du Sénégal; les attaques terroristes au Burkina-Fasso, Mali Nigeria, Niger, Tchad, Côte-d’Ivoire », mentionne la déclaration.
Enfin, le REFMAP, le REPSFECO et le ROAJELF… saluent tout de même les efforts consentis par les chefs d’États, des organisations de la société civile et des personnels soignants dans le cadre de la riposte contre la covid-19. Ainsi, elles exhortent et recommandent à la recherche de la solution et de la gestion des conflits.
« Nous saluons les efforts des chefs de l’État de la sous-région pour leur leadership et réactivité, les organisations de femmes pour leur engagement et les actions qu’elles ont mené dans le domaine de la paix et la sécurité, que pour la lutte contre la pandémie de covid-19, l’engagement des professionnels de santé. Nous exhortons les populations à observer scrupuleusement les consignes sécuritaires et sanitaires édictées par les autorités compétentes ; ne pas céder aux manipulations visant à attiser la haine et les violences intercommunautaires et d’œuvrer en faveur du rapprochement et de la cohésion sociale. Nous recommandons une plus grande implication des organisations des femmes dans les actions de la lutte contre les violences, les conflits, la consommation des produits stupéfiants et le recrutement des jeunes par les différents groupes armés; un meilleur encadrement des jeunes et leur implication dans la recherche de solution et dans la gestion des conflits ».
Moussa Thiam

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