Guinee

Pour sortir la Guinée de l’impasse politique : Bah Oury préconise la mise en place d’une transition politique


Le président de l’Union des Démocrates pour le Renouveau de la Guinée (UDRG) a sollicité, au-cours d’une conférence de presse animée jeudi 27 août 2020, la mise en place d’une transition politique avec ou sans Alpha Condé.
Bah Oury souligne que lorsque le pays est coincé, et par conséquent il faut s’arrêter pour régler les dysfonctionnements.
« Le pays est coincé, les gens sont en colère, les institutions ne marchent pas. Est-ce qu’il faut continuer dans une fuite en avant ou il faut s’arrêter pour sauver le pays, changeons de méthode, changeons de chemin… Ce souffle qui est nécessaire permet d’envisager une transition politique en se disant tout ce qu’on a fait jusqu’à présent n’est pas bien, ça risque de nous entraîner dans des situations ingérables et imprévisibles. Arrêtons-nous, remettons les pendules à l’heure, revoyons les graves dysfonctionnements et accordons nous une période même si c’est un an pour remettre les choses correctement et après on pourra redémarrer », martèle-t-il.
Sur ce, le président de l’UDRG attire l’attention : « Lorsque vous avez votre véhicule, vous avez des ratés, ça n’a pas l’air de marcher comme ça se doit, vous n’allez pas continuer toujours à dire il faut qu’il avance. Si vous êtes dans le processus d’un voyage, vous allez vous garer carrément à droite, vous allez retrousser vos manches et jeter un coup d’œil dans le moteur pour connaître le problème et remettre les choses correctement. Donc vous allez remplacer les pièces qui ne marchent pas pour que le moteur puisse être solide et redémarrer pour que vous puissiez continuer votre route. Vous n’allez pas dire je m’en fou allons, alors que le véhicule peut s’arrêter au milieu de la jungle où vous n’aurez plus personne pour appeler au secours s’il y a des animaux sauvages qui risquent de vous agresser. Donc vous devez vous arrêter là où il y a de monde, où on peut vous secourir et remettre votre moteur en marche afin que vous puissiez continuer votre route avec beaucoup plus de sécurité. Un pays aussi c’est comme ça. Si ça ne marche pas, arrêtons-nous, réfléchissons, discutons et puis remettons les pendules à l’heure, ainsi, nous allons repartir avec beaucoup plus de sécurité et d’enthousiasme. Mais dire que quiconque veut vous bloquer, vous l’écraserez la face, donc faisons attention », conseille Bah Oury.
Pour la mise en place de cette transition politique dont il préconise, l’ancien ministre de la Réconciliation nationale précise que la Guinée a connu autant de transition politique que militaire. Pour lui, cette transition qu’il propose peut se faire avec ou sans le président de la République actuel, le président Alpha Condé.
« Aucune des composantes des forces vives ne doivent être exclues dans un cadre d’une transition politique. Nous avons eu des transitions politiques comme ce fus le cas avec la nomination de Lansana Kouyaté comme Premier ministre qui était sans la volonté exclusive du président Lansana Conté. La nomination de Ahmed Tidiane Souaré comme Premier ministre l’était aussi. On a eu aussi une transition militaire avec le CNDD, fin 2008 à 2010. Donc c’est extrêmement important de souligner que lorsqu’on parle de transition politique, ça n’a rien à voir à une vision restrictive en une transition dite militaire et dans aucun pays du monde dans le contexte d’aujourd’hui une transition militaire ne permet de régler les problèmes. Avec ou sans Alpha Condé, là, ce sont les circonstances qui le déterminera. Ce qui est souhaitable, que la Guinée retrouve le chemin de sa stabilité. Si les circonstances veulent que ça soit avec le président Alpha Condé, si ça va dans l’intérêt y compris de la population guinéenne et la Guinée de manière générale, personnellement je n’y vois aucun inconvénient et si c’est le cas contraire je n’y verrai aucun inconvénient », indique-t-il.
Aux dires de Bah Oury, vu que c’est l’avenir de la Guinée qui est mis en berne, la principale question ne réside pas sur qui sera le futur président, mais c’est plutôt comment sortir de cette impasse.
« La situation de la Guinée, elle est particulière parce que nous sommes à un tournant de l’avenir de la Guinée. Ce n’est pas la question qui sera président demain qui est essentielle, la vraie question est, est-ce que la Guinée trouvera les voies et moyens pour assurer sa stabilité et sa pérennité comme État et comme Nation. Et nous pensons qu’aller comme ça dans les circonstances actuelles à des élections présidentielles dans un contexte de vide juridique puisse que la constitution n’existe pas avec un fichier électoral totalement corrompu, avec une volonté d’une fuite en avant de la part de ceux qui sont en situation de responsabilité, ça augure de grave danger pour la stabilité de notre pays et par conséquent pour la stabilité de la région. C’est la raison pour laquelle nous, nous avons privilégié dans les circonstances actuelles l’instauration d’une transition politique permettant de la manière la plus politique de résoudre les graves dysfonctionnements dans le cadre d’un consensus avec l’implication bien entendue de la communauté internationale », a fait savoir Bah Oury.
Moussa Thiam

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