Guinee

Présidentielle, Polémique sur l’invitation de Damaro, FNDC : Le député Souleymane Keita met les pieds dans le plat !

Dans un entretien accordé à notre rédaction, l’honorable Souleymane Keita ne fait pas dans la dentelle pour fustiger le Front national pour la défense de la constitution (FNDC), qui, selon lui ne devrait plus exister. Parlant de l’organisation de l’élection présidentielle, le troisième secrétaire parlementaire souhaite qu’elle se tienne à bonne date…Interview !

Le Démocrate : Le FNDC annonce la date du 08 juillet pour la reprise de ses manifestations, malgré la présence du coronavirus. Quel est votre point de vue ? 

Souleymane Keita : Nous avons appris avec beaucoup de surprises ces déclarations de l’opposition puisque pour moi il n’y a plus de Front de défense de la constitution dans la mesure où depuis le 22 mars, la Guinée est sous les fleurons de la nouvelle constitution. Donc, à mon avis il n’y a plus de raison de parler de FNDC. Cependant, il y a une opposition radicale qui ne veut pas dialoguer, discuter de manière objective les questions importantes de la vie de la nation et qui fait tout pour créer des situations de cessation de fonctionnement de nos institutions. Mais bon évidemment, c’est sa stratégie de conquête du pouvoir.

Mais en ce qui concerne la manifestation, c’est inopportune d’organiser des manifestations aujourd’hui. Pendant que l’humanité tout entière est vent débout pour lutter la COVID-19, je crois qu’il faut être insensible pour entreprendre une action de ce genre, surtout que les raisons de cette manifestation sont quasiment nulles.

Donc pour moi c’est juste une façon d’amuser la galerie, de continuer à bloquer le processus de développement en cours. Nous au niveau de la mouvance, on a toujours exprimé notre volonté de discuter de l’ensemble des questions qui préoccupent l’actualité politique. Et c’est dans ce cadre d’ailleurs que le président dans ces derniers discours à manifester son désir de vouloir discuter avec tous les acteurs afin d’amorcer de manière sereine les élections présidentielles, pour nous c’est cela l’actualité aujourd’hui.

Lorsque des gens pensent à manifester pendant qu’on est en plein crise sanitaire, je vous dis qu’à la limite c’est un manque de patriotisme. Ça, c’est déplorable pour des gens qui veulent vraiment gouverner ce pays.

Ailleurs aussi, il y a le coronavirus, mais cela n’a pas empêché des mobilisations comme par exemple en France, aux Etats Unis, estime le FNDC ?

Je pense que cette comparaison n’est pas la raison. Evidemment la Guinée aujourd’hui est en train de s’illustrer de manière positive dans la gestion de la Covid-19, comparativement aux autres de la sous-région. La Guinée se classe première en matière d’approche de lutte contre la covid-19. Jusqu’à présent on est à 25 morts avec plus de 4 000 et quelques contaminations, c’est une prouesse des médecins qu’il faut saluer. Je pense que pour des pays fragiles comme nous je pense qu’il ne faut pas se comparer aux pays occidentaux.

Encore une fois, je considère qu’il n’y a pas de raison suffisamment, pertinente qui motiverait une telle démarche parce que vous ne pouvez pas manifester pour dire que vous ne reconnaissez pas la constitution. En démocratie, certains sont contre d’autres sont pour. Mais c’est toujours la volonté de la majorité qui l’emporte. Donc, si on ne peut pas se soumettre aux principes élémentaires bien entendu, on n’est pas démocrate.

En dehors de cette affaire du FNDC, il y a la question de l’organisation de la présidentielle qui divise la classe politique. Au RPG/AEC, quelle est votre position ?

Notre souhait le plus ardent est que les élections ait lieu à la date prévue. Maintenant personne ne maitrise le temps et les évènements. Mais ce qui est bien pour le pays est qu’à la date des élections qu’elles soient organisées pour nous éviter de vivre une situation d’exception avec tout ce que cela représente comme risque sur la stabilité de nos institutions de notre pays en général.

Donc, au RPG, c’est ça notre souhait et nous travaillerons dans ce sens.

L’institution en charge à mon avis devrait travailler avec les autorités sanitaires pour voir dans la mesure du possible comment est-il possible d’organiser une élection dans ce contexte et faire en sorte qu’on puisse minimiser les risques de contamination. C’est vrai on peut faire des activités politiques quand c’est contrôler. Une élection n’est pas une manifestation de rue, parce que là les citoyens se mobilisent chacun pour aller à un endroit précis et si les mesures sanitaires sont mises en place. Je ne vois pas comment ça pourrait représenter une menace comparativement à une manifestation de foule où ça va dans tous les sens quand on connait comment les manifestations se font en Guinée. Je crois que chacun de nous devrait savoir raison garder.

Par ailleurs, il y a eu polémique sur l’invitation du président de l’Assemblée nationale, Damaro Camara, par l’Union international des parlementaire (UIP). Que s’est-il passé ?

Non seulement il y a eu invitation, mais il y a félicitation de la part de l’UIP (Union international parlementaire). Je vous informe qu’hier (mercredi, 17 juin, ndlr), j’étais en ligne avec cette institution. Sur leur site, nous avons suffisamment échangé sur l’ensemble de ces questions. Vous savez on est très naïf en Guinée. Comment vous pouvez croire qu’une institution de ce genre puisse s’adresser à une personne qui ne représente absolument rien au plan institutionnel. C’est cela la question qu’il faut se poser. En Guinée on aime discuter de tout et de rien, bien entendu nous nous laissons ces commentaires. Le moment venu vous verrez le président de l’Assemblée nationale de Guinée à cette réunion des présidents des parlements du monde.

 Entretien réalisé

par Sadjo Diallo

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