Guinee

Prise en charge des anciennes gloires du Sily national : Titi Camara tire à boulet rouge sur les autorités des sports

Dans un entretien accordé à la radio Espace Fm le mardi, 05 mai 2020, dont nous vous proposons ci-dessous la transcription, l’ancienne star du football guinéen, Aboubacar Titi Camara accuse « entre le ministère des Sports et la primature » d’avoir exclu sa génération sur une liste des anciennes gloires, devant recevoir une aide financière de l’Etat. Lisez !

M. le ministre bonjour ! Vous avez voulu revenir sur la communication du directeur national de la culture qui avait annoncé à la RTG, que le département versait de l’argent aux anciennes gloires, c’est quoi la vérité puisque vous êtes une ancienne gloire ? Cinq millions de GNF, c’est ce qu’on vous verse par mois ? 

Non… Si vous me donnez l’occasion de m’adresser à la Guinée, c’est au nom d’un groupe, d’une cause, d’une équipe et d’une génération. Nous ne pouvons pas accepter…. Aujourd’hui, nous sommes tous indignés parce qu’il y a l’injustice et nous voulons savoir vraiment entre la primature et le ministère des Sports qui a pu faire cette liste.

Ce que vous dites ce matin c’est vrai, on verse cinq millions de Francs guinéens à chaque catégorie d’ancienne gloire dont vous ne faites pas partie, c’est en cela ?

Moi, je ne fais pas partie, ma génération aussi ne fait pas partie, mais il faut que les Guinéens comprennent que notre génération, c’est vrai qu’il y a certains qui dirons qu’on n’a pas gagné, qu’on n’a pas ramener un trophée à la Guinée, nous sommes d’accord sur ça, mais qu’ils sachent pendant 20 ans ou pendant 16 ans, on a pu faire flotter le drapeau guinéen avec fierté, parmi notre génération, il y a des joueurs qui ont joué le cadet, il y a des joueurs qui ont été souliers d’or du monde, ça c’est respectable.

Ce que je ne peux pas admettre, c’est cette liste. Moi, mon cas personnel, j’ai fait la prison parce que j’ai choisi la Guinée, parce que je suis venu jouer sans l’autorisation de l’armée française, j’ai perdu des millions parce que j’ai choisi venir défendre la patrie, on ne peut pas accepter que cette liste, que notre génération, que certains ne font pas partie de cette liste. Ce n’est pas parce que je suis dans le besoin, mais je parle au nom du groupe et surtout l’injustice qui a été faite au ministère du sport et à la primature.

Titi Camara, la liste relative aux anciennes gloires du football, c’est une liste qui se limite seulement aux anciens joueurs du HAFIA 77, si on comprend bien ?

Tout à fait ! Nous nous sommes étonnés comme je l’ai dit avant : on a beaucoup de respects pour le HAFIA 77, ce sont nos ainés, ce sont nos tontons, je pense qu’il y a d’autres aussi qui méritent d’être sur cette liste.

Vous l’avez rappelé : vous ne pressez pas pour votre propre chapelle, Titi Camara n’est pas cinq millions quand même dans sa vie, vous avez bataillé fort pour pouvoir vous offrir une certaine retraite. Alors vous pressez au nom de vos anciens coéquipiers. Est-ce que vous trouvez que dans certaines catégories, il y a urgence à leur venir en aide, à leur tendre la main, à leur apporter un soutien ?

Mais c’est un devoir pour le gouvernement et pour l’Etat aussi. Vous savez quand nous sommes en activité que ce soit à la culture ou le sport ou ceux qui sont dans l’armée qui sont des vrais patriotes, vous savez en Guinée, nous faisons l’amalgame. Le patriotisme ce n’est pas la parole ou bien les cols blancs qui se baladent dans les bureaux qui font croire aux gens qu’ils sont patriotes, non, ce sont les actions, ce sont les actes. Nous, à notre époque, on a posé des actes et surtout tout le monde le sait, qu’ils regardent le rétroviseur qu’ils sachent vraiment qui a fait quoi pour ce pays-là.

Nous avons des amis aujourd’hui qui sont dans des difficultés, il y a d’autres qui diront pourquoi vous n’avez pas étés interpelés pour mettre un peu d’argent à côté pour survivre après votre carrière, mais il ne faut pas oublier que la carrière d’un footballeur, elle est courte, soit c’est de 16 ans, ou de 15 ou de 20 ans. Ceux qui ont plus de chance s’ils ne sont pas blessés au cours de leurs carrières. Je dis aujourd’hui, c’est un devoir pour l’Etat de faire face à ces gens qui sont dans des difficultés.

A l’époque moi, je me rappelle même si je suis né dans les années 70, le premier régime avait automatiquement…, ils étaient tous engagés à la fonction publique. Le Général Lansana Conté aussi, paix à son âme ! Il a fait son mieux, pendant la transition, le Général Sékouba Konaté aussi a engagé mes amis à la fonction publique. Aujourd’hui le président de la République le président Alpha Condé emboite les pas de ses prédécesseurs, c’est un droit que les joueurs ou bien les anciennes gloires doivent rentrer en possession.

On a vu un moment Malick Kébé qui grouille un peu sur le terrain  à voir les assureurs pour assurer certains artistes, aujourd’hui le plan pour Titi Camara c’est quoi exactement ?

Il fallait mettre un mécanisme en place, c’est vrai que nous avons reçu les primes de matchs quand on jouait mais ce n’étaient déclarés, c’était de mettre un mécanisme en place pour que chaque salaire ou prime de match reçu que ce soit reversé à la caisse nationale, que plus tard comme la carrière d’un footballeur s’arrête à 35 ou à 36 ans pour ceux qui n’ont pas eu de blessures graves, que ces gens puissent rentrer en possession de ce qu’ils ont pu cotiser mais ça n’a pas été le cas, ils sont toujours dans les difficultés.

Alors quand vous regardez aujourd’hui vos collègues, ils y en a qui tirent le diable par la queue et qu’est-ce que vous vous dites ? Est-ce que c’est finalement l’Etat seulement le fautif ou bien eux aussi ils ont eu quand même des problèmes de gestion de leurs propres carrières parce qu’on a tendance souvent à taper seulement sur l’Etat, on ne questionne pas sur la façon dont chacun a pu gérer sa propre carrière comme vous par exemple : vous vous êtes bien débrouillés, aujourd’hui vous parvenez à faire des choses même au-delà de ce que vous pouvez faire pour votre propre famille ?

On reviendra toujours sur cette question.  … Les AKB, les Morlaye Soumah, n’oubliez pas qu’à un moment donné ou dans les années 80 jusqu’à 90, il y a beaucoup aussi qui se sont sacrifiés pour la nation mais malheureusement ils n’ont pas pu mettre un peu d’argent de côté pour survivre après leurs carrières footballistiques, ce problème se pose aussi. Est-ce qu’on peut dire que c’est la faute de nos anciens coéquipiers ? Mais aujourd’hui c’est un problème qu’il faut faire face, c’est de les aider parce qu’à un moment donné de leurs carrières ils n’ont pas pensé qu’après qu’il y a une autre vie après le football.

Transcrit par

Alpha Amadou Diallo

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