Guinee

Recrudescence du viol : L’adjudant-chef Bernard Tenguiano pointe du doigt la responsabilité parentale


Devenu très récurent, le phénomène de viol touche toutes les couches de la population qu’elles soient nourrissons ou adultes, on assiste en longueur de journée à des cas de viol. A l’occasion d’une conférence de presse animée par le collectif des jeunes filles leaders de Guinée (CJFLG) le jeudi 2 juillet 2020 à la maison de la presse, l’Adjudant-Chef Tenguiano Bernard, commandant de la brigade spéciale de la protection des personnes vulnérables donne une explication détaillée sur la problématique et pointe ainsi du doigt la démission parentale dans cette ascension des VBG.3
A l’entame, le commandant de la brigade spéciale de la protection des personnes victimes de viol, a tout d’abord commencé de définir le viol comme étant « toute prétention sexuelle de quelque nature que ça soit par contrainte, surprise ou violence ».
« Aujourd’hui, souligne-t-il ce phénomène prend de l’ampleur chez nous. Mais aujourd’hui avec ces ONG qui sont sur le terrain, progressivement les gens ont commencé à comprendre que cette question de viol n’est pas une chose qui doit être réglé en famille ».
D’après les constats, selon l’adjudant-chef, dans la plupart des cas, les personnes qui s’adonnent à cette pratique ne sont pas si loin des familles des victimes. « Ces derniers temps nous avons constaté que les violeurs ne sont pas loin, ils sont toujours proches parce que sur tous les dossiers qu’on y a travaillé ces derniers temps, est que la personne qui viol est toujours proche de la personne violée », confie-t-il.
Par ailleurs, le patron de ladite brigade spéciale, Bernard Tenguiano indexe sans ambiguïté la démission parentale. Pour lui, les parents sont au centre de ce phénomène de viol car à l’en croire on assiste en longueur de journée à des appellations ‘’ma femme, mon mari’’ alors qu’il n’y a aucun lien de mariage entre ces personnes et surtout que la plus part des cas, ces appellations sont faites aux petites filles.
« Il y a une démission parentale dans les familles du fait que ce phénomène prend de l’ampleur chez nous. Il faut vraiment veiller sur les petits enfants parce que le violeur à toutes les stratégies pour avoir sa victime en commençant par dire ma femme et dont je vous conseille de ne pas accepter ces appellations car il commence toujours de traiter l’enfant comme sa femme et vous, vous pensez que c’est de la blague en envoyant des petits cadeaux pour elle et des fois c’est les parents même qui disent ton mari. Il faudrait qu’on se dresse tous contre ces pratiques », lance-t-il.
Et d’ajouter : « Il faut aussi interpeller les parents par rapport à cette utilisation de téléphone avec des vidéos exotiques qui est un problème aujourd’hui. Les téléphones androïdes sont à la portée des enfants et avec ces téléphones, les enfants apprennent beaucoup de choses. C’est pour vous dire que malheureusement on abuse des enfants mais ils n’arrivent pas à dénoncer ».
A en croire ce commandant de brigade, depuis la mise en place de cette unité de protection, 27 dossiers de viols ont été traités, ce qui est un grand pas, car selon lui, avant les personnes victimes n’osaient pas se plaindre.
« A la gendarmerie, on avait pas un service spécialisé pour lutter contre ces questions. Mais depuis l’installation de cette brigade au mois de février, nous sommes à 27 cas de viols et sur les 27 il y a 17 qui ont été déférés. Avant les gens ne portaient pas plainte parce que s’ils pensaient à tout ce qu’il faut payer à la justice, ils ne parvenaient pas à tenir le coût mais aujourd’hui avec l’accompagnement des ONG pratiquement la honte est en train de changer de camp », a-t-il fait savoir.
De même, il précise que personne n’est épargnée de ce phénomène parlant de catégorie d’âge victime : « Il n’y a pas de tranche d’âge visée par le viol. Personne n’est à l’abri du phénomène. Il n’y a pas à dire qu’aujourd’hui moi j’ai 30 ans donc je suis à l’abri parce qu’il y a le viol conjugal malgré que c’est un problème qui est rare », a-t-il souligné.
Avant de clore, l’adjudant-chef Bernard Tenguiano mentionne que les viols ont des conséquences sur la santé des personnes surtout qu’ils sont sources de contamination de maladie grave si la victime n’est pas traitée en moins de 3 jours après le viol. De ce fait, il invite ainsi les victimes de se faire déclarer très tôt pour des prises en charge rapide avant qu’il ne soit trop tard.
« Le viol a des conséquences très grave parce que le violeur, il le fait dans la précipitation et n’a pas le temps de se protéger. Imaginez si le monsieur qui a violé porte une maladie sexuellement transmissible comme le VIH, les hépatiques… ça veut dire qu’il va les transmettre. Donc aujourd’hui quand on a un cas de viol la première lutte qu’on mène c’est d’abord comment sauver cette personne c’est-à-dire la prise en charge sanitaire et c’est ce qui est plus important parce qu’avant 72 heures après l’acte, on peut éviter l’infection mais au-delà des 72 heures il sera impossible de sauver la transmission. Et quant au criminel la prescription du crime est de 10 ans donc tôt ou tard on pourra mettre main sur lui », conclut-il.
Moussa Thiam

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