Guinee

Troisième mandat pour Alpha Condé : Malick Sankhon reconforte la position du FNDC

Alors que jusque-là, le président de la République ne s’est pas prononcé clairement, Malick Sankhon lui, annonce qu’Alpha Condé sera le candidat du parti au pouvoir en 2020. Le directeur général de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS) qui a tenu ce discours lors de l’assemblée générale du RPG/AEC samedi dernier, a provoqué l’ire des opposants d’une nouvelle constitution.

Devant des militants acquis à la cause du régime Condé, l’apparatchik n’est pas allé d’une main morte pour dévoiler son intention. A ces élections législatives du 16 février, souligne l’ancien gouverneur de Conakry, « il nous faut les 2/3 à l’Assemblée nationale, parce que la législature sortante, nous avons été empêchés de travailler. Même le règlement intérieur de l’institution n’a pas été adopté, parce que nous n’avions pas suffisamment de députés », a-t-il entonné d’entrée.

Poursuivant, Malick Sankhon estime que le boycott des élections législatives prévues ce 16 février, par certains partis politiques de l’opposition est un non-évènement. « Ceux qui ont décidé de boycotter les élections, c’est leur droit, mais ils attendront 2025 pour être encore candidats. Nous le disons plus haut, ici qu’ailleurs, le RPG-AEC est devenu un parti de pouvoir. Rien ne se décidera dans ce pays contre nous », a-t-il déclaré, avant d’insister : « Moi Malick Sankhon, je le dis à qui veut l’entendre, en 2020, Alpha Condé sera le candidat du RPG-AEC ».

L’ire des opposants

Il n’a pas fallu trop attendre pour que les opposants d’une nouvelle constitution, regroupés dans le Front national pour la défense de la constitution (FNDC), réagissent à cette sortie.

Se confiant à nos confrères du site mosaiqueguinee.com, Ibrahima Diallo, chargé des opérations du Front souligne que cette sortie du DG de la CNSS conforte leur position.

« Pour nous, c’est pas une surprise. C’est l’objectif recherché par monsieur Alpha Condé à travers le projet de nouvelle constitution. Toutes ses déclarations viennent conforter la position du FNDC, qui a signalé depuis le début que l’objectif de monsieur Alpha Condé c’est de briguer un troisième mandat », a-t-il indiqué.

Pour Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition, lui et ses collègues sont déterminés à faire barrage à « cette mascarade électorale qui prépare un 3e mandat ».

Selon lui, il n’est pas question de tenir des élections sans son parti l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). D’ailleurs, il appelle ses militants à se mobiliser pour la cause. « C’est un devoir patriotique de tous les fils du pays pour refuser la mascarade électorale, le troisième mandat. Quelle que soit la forme que le gouvernement empruntera pour légaliser son coup d’État constitutionnel, il faut qu’il nous trouve sur son chemin », a lancé Cellou Dalein Diallo qui croit à l’approche de la victoire. « On ne peut plus reculer. Je vous demande de vous mobiliser comme d’habitude pour montrer à Alpha Condé que son coup d’État constitutionnel ne passera pas », a-t-il martelé lors de la traditionnelle assemblée générale de l’UFDG.

Par ailleurs, il faut rappeler que la semaine dernière, le FNDC avait appelé à des manifestations ‘’non-stop’’ sur toute l’étendue du territoire national pour contraindre le président de la République a retiré son projet de nouvelle constitution. Des manifestations qui ont enregistré deux morts et plusieurs blessés, ainsi que des actes de vandalismes. Sur la suspension de ces manifestations, le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, vendredi dernier à son QG, l’avait argué, par « la pauvreté qui sévit dans le pays ».

«Beaucoup de gens, s’ils restent 3 jours sans travailler, ça devient un calvaire pour eux. C’est pour des raisons humanistes. Tous les magasins étaient fermés, toutes les boutiques aussi. Les taxis ne marchaient plus. Donc, on a estimé qu’il fallait soulager la population en suspendant pour que les gens puissent se ressourcer, se réapprovisionner et puissent travailler un peu. Ceux qui vivent au jour le jour, sont les plus nombreux et représentent la grande majorité de la population actuellement. Le deuxième, c’est qu’on a des morts. Les parents voulaient qu’on enterre leurs enfants, avant de continuer », a confié Cellou Dalein Diallo.

La crise autour de la Constitution s’enlise dans le pays. En cette année de fin du deuxième mandat du président Alpha Condé, beaucoup d’observateurs craignent l’ethnicisation du débat politique qui commence à prendre forme dans la Cité.

Sadjo Diallo

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