Entretien

UFDG/FNDC/CEDEAO Dr Faya Millimouno met les pieds dans le plat !

C’est officiel, le Bloc Liberal ne prendra pas part à l’élection présidentielle du 18 octobre 2020. Dans un entretien qu’il nous accordé, quelques jours avant cette annonce, Dr Faya Millimono tance Alpha Condé et dit regretté le comportement de la CEDEAO pour la résolution des crises. 

Quel est la position du BL pour les élections du 18 octobre prochain ? 

Par respect de nos camarades  qui sont détenus pour ce combat nous ne pouvons par les laisser en prison et participer à cette élection. Ceux qui sont morts, ils sont dans la vingtaine. Nous devons honorer leurs mémoires.

L’UFDG doit tenir sa convention pour investir son candidat à la prochaine élection présidentielle. Quel est votre avis ?

Ce qui se passe à l’interne des autres partis politiques ne devaient pas faire l’objet de commentaire par d’autres partis. Parce que chaque parti est géré selon les statuts et les règlements intérieurs. Même nous autres qui avons fait un congrès qui a été à 80 % virtuel, il y a même les dimensions de ce congrès qu’on n’a pas encore terminé. Donc c’est tout à fait normal qu’un parti politique à l’expiration du mandat des élus que le parti puisse faire un congrès. Si on parle de convention, c’est peut-être pour investir un candidat et c’est aussi le droit pour un parti politique. 

Alors aujourd’hui, si les partis politiques arrivent à participer à cette élection quel sera l’avenir du FNDC ?

Je crois que le FNDC n’a jamais fait obstacle qu’un parti politique participe à ces élections. J’ai l’avantage d’être membre du comité de pilotage du FNDC et celui qui en est le coordinateur a toujours posé la question clairement à l’ensemble des membres du FNDC particulièrement aux partis politiques quand les questions à débattre sont éminemment politiques de se concerter entre politique pour prendre une position politique. Alors le combat citoyen qu’on est en train de mener au sein du FNDC se poursuivra. Et parce qu’au-delà même de la participation des politiques que nous sommes, la société guinéenne ne veut pas ce qui est en train de se faire. Je crois qu’à deux reprises, vous avez suivi la manifestation à Kaloum, c’est une première hier (vendredi 04 septembre, ndlr) à Macenta, il y a eu une manifestation. Le préfet n’est plus à Macenta aujourd’hui. A Kankan il y a même eu mort d’homme. Le peuple de Guinée ne veut pas ce qui est en train de se passer maintenant. Et donc ce combat citoyen à travers le FNDC va d’ailleurs se renforcer et va se poursuivre jusqu’à ce que la victoire soit obtenue pour le peuple de Guinée. 

En parlant des partis politiques, si la majorité des partis politique du front participent à cette élection, ne pensez-vous pas que le combat du FNDC est terminé ?

Il faut bien qu’on fasse la différence entre les membres du FNDC qui sont politiques et le FNDC lui-même. Le FNDC est un mouvement social. Il va demeurer un mouvement social jusqu’à la fin de son combat. D’abord, je dois vous apprendre que même si on citait 80% des partis membres du FNDC partant à ces élections cela ne va pas avoir raison sur le FNDC. D’ailleurs ça va davantage renforcer le combat du FNDC et nous poursuivrons ce combat jusqu’à la victoire finale. 

Mais nous avons vu ce qui s’est passé en 2018 concernant la baisse du prix du carburant avec les forces sociales, ça n’a pas abouti… 

Moi je crois que si on veut parler d’échec de la société civile dans le combat contre l’augmentation du prix du carburant c’est que dans la société guinéenne, il y a plusieurs pans de la société qui s’estime en dehors du débat. Je n’aime pas souvent attaquer la presse. Mais elle aussi, a souvent une sorte de partie pris dans certains débats. Alors en tant que presse je crois qu’on est l’intermédiaire entre la source d’information et le public qu’on informe. Mais souvent on outrepasse cela. Et il y en a qui prenne carrément partie pour la mouvance ou pour l’opposition. Ce qui n’est pas bon en tant que journaliste. Ici ce que je sais, c’est que le combat que mène le FNDC, c’est un combat citoyen. Et ce combat là va se poursuivre. Parce que déjà le PEDN a clairement dit qu’il ne participera pas à ces élections. Il y a beaucoup d’autres acteurs qui ne se sont pas prononcé et qui vont probablement se prononcer. Alors quel que soit le bord dans lequel, ils vont se retrouver après leur déclaration, je crois que le FNDC restera un mouvement fort et poursuivra ce combat jusqu’à la victoire. 

Si l’opposition se réunissait pour une candidature unique, est-ce qu’elle parviendra à vaincre le Pr Alpha Condé ?  

Il y a plusieurs hypothèses que les gens posent. Encore une fois je ne vais pas rentrer dans ce débat sur la candidature unique prospérer par rapport à des candidatures multiples. Il y a plusieurs écoles. Moi depuis 2015, j’étais de ceux qui militaient pour l’école d’une candidature unique. C’est pour cette raison que mon parti à l’époque le Bloc Libéral avait mis sur la table la proposition de la tenue des états généraux. Parce qu’il ne suffit pas de dire qu’on s’aligne derrière tel candidat. Il faut que les acteurs se retrouvent qu’ils aient une raison de se mettre ensemble qu’ils aient un agenda commun et qu’ils disent comment vont-ils conquérir le pouvoir ensemble et comment vont-ils gérer ensemble en répartissant les rôles. Ceci est un préalable important. Nous n’avons pas été entendus. Les gens n’ont pas voulu aller aux états généraux parce qu’il y a deux courants de penser à ce niveau-là. Il y a le courant qui pense qu’il faut aller chacun au premier tour et récolté autant de voix qu’il peut et au second tour on s’aligne derrière celui qui sera au second tour, mais c’est quand il y a second tour. Nous sommes dans une situation où on a la fraude qui touche tous les aspects du processus électoral. Alors en 2015 les gens ont espéré que le deuxième tour aurait permis à l’opposition de se regrouper. Ça n’a pas été le cas. Alpha Condé s’est déclaré dès le premier tour…Tout ça, c’est possible. Parce que cette élection nous savons dans quelles conditions elle est en train d’être organisée.

Participer à cette élection ne serait pas aussi trahir la mémoire de ceux qui sont morts pendant les manifestations du FNDC? 

Le FNDC avec tous ses membres parmi eux, il y a des politiques qui ont demandé effectivement que le peuple sorte pour empêcher Alpha Condé de toucher à notre Constitution. Malheureusement, il y a eu de morts, jusqu’au 22 mars il y a eu des morts à N’zérékoré par exemple. Nous avons aujourd’hui un charnier. On ne sait même pas combien sont enfuis, dans cette fausse commune au niveau de N’zérékoré. Il est clair que ça ne serait pas honoré la mémoire de ceux qui sont tombées de participer à cette élection. Mais là c’est un point de vue que j’exprime. Je ne m’exprime pas ici le point de vue du parti que je dirige. 

Bah Oury, un de vos collègues du FNDC a proposé une transition avec ou sans Alpha Condé pour sortir de crise. Quel est votre avis ? 

Je suis de ceux qui militent pour une période transitoire. Avant Bah Oury nous l’avions dit. Parce que depuis 2016 nous nous croyons qu’Alpha était engagé dans la voix de changer la constitution. C’est ce qui a fait que Kelefa Sall n’est plus parmi nous. Il y a beaucoup de crimes qui ont été commis. Sachant donc cela depuis qu’il a refusé d’organiser les élections législatives durant l’année 2018 alors que l’audit du fichier était déjà recommandé depuis 2015. Moi, j’étais convaincu que nous devrions passer par une période transitoire. Je l’ai dit lors d’une de mes communications que même l’ombre d’Alpha à Sekoutoutoreyah ne peut pas permettre à la démocratie et à l’état de droit de prospérer. Donc pendant que je suis complètement en phase avec cette déclaration de Monsieur Bah Oury, ce qui est aujourd’hui important, c’est que tous les acteurs qui croient, se donnent les mains, renforcent le FNDC pour que le combat se poursuive jusqu’à la victoire. 

Par ailleurs, nous avons cette crise au Mali, on voit ce qui est entrain de se passer en Côte d’Ivoire. Ici, Alpha Condé a déposé sa candidature. Comment analysez-vous la situation de l’Afrique de l’ouest ?

L’Afrique de l’Ouest est dans un problème sérieux. Il y a un manque de leadership. La CEDEAO est devenu un syndicat de chef d’État. Les techniciens de la CEDEAO sont devenus corrompus. Et la première chose que j’ai déploré c’est lorsque la CEDEAO après que le peuple malien courageusement ait prit les dispositions pour demander la démission d’IBK et que cela réussisse, la CEDEAO se retrouve pour voter un embargo contre un peuple. Le peuple est demeure souverain. Celui qui a violé les différents protocoles de la CEDEAO, ce n’est pas le peuple malien. C’est IBK.  C’est Alpha Condé qui viole tous les jours les protocoles de la CEDEAO, c’est Alassane Ouattara qui viole tous les jours les protocoles de la CEDEAO, ce n’est pas le peuple ivoirien, ce n’est pas le peuple guinéen, mais la CEDEAO n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle est l’ombre d’elle-même et à un moment donné on avait vu des avancées en Afrique de l’Ouest comparé à l’Afrique centrale.  Parce qu’en Afrique centrale, eux ils sont déjà champions dans les présidences à vie. Idriss Deby, il est là et peut-être qu’il va être là jusqu’à sa mort. Le Cameroun avec Paul Biya. Paul Biya est arrivé président en 1982. Un an après l’arrivée de Ronald Reagan à la Maison-Blanche. Il a fait 8 ans Il a cédé la place à Bush père. Lui aussi a fait 4 ans, il a cédé à Clinton. Lui aussi 8 ans, il a cédé la place à Bush fils. Lui aussi a fait 8 ans, il a cédé la place à Obama. Obama a fait 8 ans, il a cédé la place à Trump. Lui aussi est exactement à la fin de son premier mandat. Paul Biya est toujours là. Le pays est maintenant décomposé. Le Cameroun anglais est aujourd’hui dévasté par la guerre civile.  C’est le danger que les leaders de l’Afrique de l’Ouest n’aient pas perçu. Aujourd’hui, vous ne pouvez pas compter sur la CEDEAO et parce que c’est d’ailleurs les seuls qui pourraient être amenés à envoyer des observateurs ici le 18 octobre. On connaît déjà ce qu’ils vont dire. la CEDEAO à déçu. L’espoir des peuples Africains de l’Ouest est déçu. C’est pour cette raison mon invitation à l’intention de toutes les sociétés civiles de l’Afrique de l’ouest, c’est de sortir pour sauver la situation en Guinée pour sauver la situation en Côte d’Ivoire. Lorsque ces deux-là auront réussi leur forfaiture, nous allons reprendre exactement le chemin de l’Afrique centrale avec le président congolais de Brazzaville.

Interview réalisée par 

Amadou Tidiane Diallo

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