Guinee

Violence basée sur le Genre : Le CJFLG fait un plaidoyer en faveur des victimes de viol


Le phénomène de viol devient de plus en plus récurent en Guinée. Une situation qui doit interpeller toutes les âmes sensibles. Dans ce cadre, le Collectif des Jeunes Filles Leaders de Guinée (CJFLG), lui, sort de son silence et dénonce avec la dernière énergie la montée en puissance du phénomène de viol surtout en cette période de grave crise sanitaire liée au coronavirus. Il s’est fait entendre le jeudi 2 juillet 2020 au cours d’un point de presse animé à la maison de la presse sis à Kipé.
D’entrée, Aminata Abas Doumbouya chargée de communication s’interroge sur l’origine de cette recrudescence de viols en Guinée alors que ces pratiques sont interdites par les lois en vigueur.
« Le CJFLG s’est fixé 4 objectifs dont : la lutte contre le mariage précoce, contre l’excision, le viol tout en promouvant l’éducation de la jeune fille et l’éducation sexuelle des jeunes et adolescents. Vous avez constaté avec nous la recrudescence des viols en cette période d’État d’urgence qu’avant à Conakry et dans les préfectures de l’intérieur du pays. Autant que nous sommes, ça nous chagrine tous. La faute à qui ? Manque-t-on du respect des lois ou de l’impunité ? ».
De son côté, Kadiatou Konaté secrétaire générale du CJFLG a égrené que depuis l’instauration de l’État d’urgence du fait de covid-19, les cas de viols se sont multipliés et surtout au niveau des enfants de moins de 15 ans.
« Depuis l’instauration de l’État d’urgence en Guinée on se retrouve avec beaucoup de cas de viol sur mineurs. Quand on parle de cas de viol sur les petites filles de moins de 2 à 12 ans, sur les bébés. Peut-être c’est dû à la situation de covid-19 qui fait que les filles ne partent pas à l’école, elles sont avec leur bourreau à la maison. Nous club des jeunes filles de Guinée sommes actuellement débordés dont avec le commandant Bernard, nous avons géré plus de 15 cas de viols de manière directe qui ont accepté de dénoncer et ça ne veut pas dire que c’est seulement elles qui ont été victimes », martèle-t-elle.
Pour la secrétaire générale de ladite ONG de défense des droits de femmes, il est nécessaire d’arrêter les esprits malsains qui disent que les viols sont causés par les comportements des jeunes filles. Pour elle, rien ne justifie le viol sinon qu’un crime.
« Qu’on arrête de justifier ce phénomène de viol parce qu’on a tendance à dire que ce viol est causé par tel ou tel problème. On cherche toujours à donner des messages à ne pas criminaliser les personnes en questions (soit c’est l’habillement de la fille, ou la manière de faire de la fille). La seule chose qu’il faudrait mettre en tête, que le viol est crime et on ne peut pas accepter en aucun cas qu’on justifie les cas de viols », a-t-elle souligné.
Si avant on dénonçait les abus des personnes âgées sur les mineures, Kadiatou Konaté révèle qu’aujourd’hui ce phénomène a pris une autre tournure car les enfants de moins de 15 ans s’invitent dans la danse aussi dit-elle.
« Avant si on parlait des vieux, des jeunes hommes qui abusaient des mineurs, aujourd’hui ce sont les enfants de moins de 15 ans qui abusent des petites filles. Le cas le plus récent s’est produit il n’y a pas plus de deux semaines où les enfants dont l’âge varie entre 13, 14 et 15 ans ont abusé d’une fillette de 6 ans », a fait savoir le SG du CJFLG.
Foulématou Camara chargée des affaires extérieures a pour sa part lancé un appel pour le soutien des personnes victimes de viols et à l’application stricte de la loi contre les auteurs.
« Nous appelons les parents à surveiller les enfants plus particulièrement les jeunes filles et nous les invitons aussi à intégrer l’éducation sexuelle dans l’éducation des enfants (filles et garçons). Nous invitons également le gouvernement guinéen, les institutions internationales à faire la gestion des cas de viol l’une de leurs priorités mais aussi d’accompagner les structures de prévention et de répression des cas de viol.
A créer un fond de prise en charge pour les victimes parce qu’aujourd’hui nous sommes confrontés à cette situation. Également de veiller à l’application stricte de la loi », entonne Camara.
Moussa Thiam

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