Guinee

‘Violences en Guinée-Forestière : L’ANAGUIF en ordre de bataille pour le rétablissement de la paix


A l’image de la grande cérémonie de réconciliation nationale organisée par les sages et autorités de N’Zérékoré tout récemment, l’Association nationale des artistes de la Guinée-Forestière (ANAGUIF) créé en 2013 se donne pour mission la recherche de la paix dans leur région d’origine. Selon ces artistes, à l’occasion de chaque échéance électorale, la région forestière est confrontée à des crises politiques dont la plupart se soldent par des pertes humaines et matérielles.
Pour mettre un terme à tous ces dégâts dans cette région, les artistes issus de cette partie de la Guinée, se sont donnés les mains pour dire non aux violences sociopolitiques. Billy Domaazo, président de l’ANAGUIF décline les objectifs de la caravane que sa structure entend faire bien avant les prochaines élections.
« C’est d’essayer de sensibiliser les populations à la base, de parler à ceux qui vivent en région forestière, leur dire que chez nous n’est pas un bastion de conflits et que nous ne voulons plus de conflits quand il y a des élections », souligne-t-il.
Pour sa part, Robert Guilavogui connu sous le nom de Junior Kpakpataki et manager de ladite organisation dira que : « La Guinée-Forestière comprend sept préfectures. Et raison pour laquelle nous avons pensée à deux artistes par préfecture, ce qui fait un total de quatorze artistes sur la compilation musicale qui va sortir très bientôt ».
« La caravane va sillonner toutes les sept préfectures en raison de deux jours par préfecture et donc les activités seront des tables rondes, des sacrifices puis des concerts géants et le tout sera sanctionné par un document qui serait remis à qui de droit pour leur dire voici tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés pour que solution soit trouvée. En principe, la caravane doit bouger à partir du 1er septembre », a-t-il fait savoir.
Parlant des raisons de la création de l’ANAGUIF, le manager de la caravane note que c’est pour ne pas rester à la marge des luttes pour la paix et mettre un terme aux crises qui surviennent à l’approche de chaque élection dans leur localité que les artistes de la forêt se sont unis pour la recherche de la tranquillité.
« Nous nous sommes dits qu’il n’est pas important de rester en marge des événements qui se passent dans notre pays plus particulièrement en Guinée-Forestière. Souvent à l’approche des différentes échéances électorales, il y a souvent des problèmes chez nous. Et nous, nous nous sommes dits qu’il est temps que nous disions aux autorités et ceux mêmes qui vont là-bas pour faire des campagnes, de stopper, qu’ils essayent de voir qu’est-ce qu’il faut pour que ces événements ne se reproduisent plus dans notre région », a-t-il déclaré.
Quant à la réconciliation faite par les sages et autorités de N’Zérékoré il y a de cela quelques semaines, Junior se réjouit de cette initiative mais que cela n’empêche à leur organisation de faire autant.
« La paix c’est tout un processus. Que chacun selon sa sensibilité ou de son appartenance à sa classe sociale doit s’impliquer. Ils ont déjà posé un acte qui n’est pas du moindre et donc nous étant des artistes, nous savons que nous devons à cette population. Donc il est de notre devoir de poser notre part d’action pour cet édifice qui est la paix. Donc nous devons tous nous mettre ensemble pour construire cette paix. Ainsi, ce n’est pas parce que nous ne sommes pas partants par rapport à ce qu’ils ont posé comme acte, ils ont eu leur démarche, chose que nous saluons d’ailleurs mais il est de notre devoir en tant qu’artiste aussi de poser des actes allant dans ce sens pour que tous ensemble soyons dans le même bord », entonne M. Guilavogui.
Moussa Thiam

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